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Machu Pichu et Salkantay inversé

On vient de boucler le Choquequirao, 8 jours de trek pour rallier le Machu Pichu. Et maintenant, rentrer à Cusco ? John estime qu’on va déjà bien se reposer en visitant le Machu Pichu (700D+, 13km…), et propose de revenir par le Salkantay, histoire de boucler la boucle.

Se rendre au Machu Picchu

Forcément, dans un voyage au Pérou, le Machu Pichu fait figure d’immanquable. La fameuse question du « comment s’y rendre » est alors fondamentale. Chacun fera en fonction de son temps, budget, habitudes… Pour se rendre au célèbre Machu Pichu à pied, plusieurs options existent, plus ou moins faciles, économiques ou à l’inverse, longues ou fatigantes.

  • En transports en commun : collectivo/bus par Santa Teresa, par exemple après la visite de la vallée sacrée, puis train depuis Hydroelectrica ou à pied
  • En train : depuis Ollantaytambo
  • Par une agence : ils s’occupent de toute la logistique. C’est le plus cher mais aussi le plus aisé, notamment dans un voyage court
  • Par un trek de plusieurs jours, en autonomie comme en agence

Évidemment, c’est la dernière option qui nous intéresse. Déjà parce que nous sommes d’indécrottables amateurs de randonnée, et parce que nous estimons que le Machu Pichu, plus qu’ailleurs, doit se mériter. Arriver par bus au milieu des hordes de touristes, ce n’est décidément pas pour nous. On sait que nous n’éviterons pas les foules, mais il est certain que nous apprécierons davantage ces ruines mythiques si nous les rejoignons par nous-mêmes. C’est comme tout, ne ressent-on pas plus de plaisir, de fierté lorsque l’on atteint un point de vue après plusieurs heures de marche qu’en s’arrêtant furtivement au coin d’une route ? Chacun se fera son avis, mais le nôtre est déjà fait !

Quelles sont les possibilités ? A vrai dire, il y en a plusieurs, plus ou moins connues, et une infinité de variations :

  • Inca trail (4 jours) : peut-être le trek le plus connu au monde, c’est en tout cas ce qui ressort de nombreux classements. L’itinéraire tourne autour du Machu Picchu et traverse différentes ruines incas pour arriver directement au site, c’est d’ailleurs le seul qui passe directement par le site. Le trek est réglementé, les places limitées et le guide obligatoire ! Compter au moins 600$ et encore, on a vu des tarifs bien plus hauts. Sachant que les tours gèrent le matériel et la logistique, c’est un trek qui ne nécessite pas d’expérience particulière.
  • Salkantay (3/4 jours) : un autre trek reconnu, c’est l’option privilégiée pour les petits budgets. Pas de guide obligatoire, des options de logement/repas tout au long de l’itinéraire, c’est un trek qui offre différents paysages et peut se parcourir aisément en (semi-) autonomie. C’est d’ailleurs un trek idéal pour des débutants, à condition d’avoir un minimum d’acclimatation.
  • Choquequirao (8/9 jours) : un trek qui se popularise au fil des ans, passant par d’autres ruines incas, immenses, à environ 150km du Machu. Si la plupart des gens font seulement l’aller-retour au site (inaccessible autrement que par via pédestre), il est possible de poursuivre jusqu’au Machu Pichu en rejoignant la tracé du Salkantay dans la dernière partie. Le trek ne nécessite pas non plus de guide et peut se réaliser en semi-autonomie via des hébergements parfois rustiques. C’est l’option la plus longue et la plus isolée, à conseiller à des randonneurs avec un minimum d’expérience.
  • Lares : le moins connu, c’est une option à privilégier pour ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus et plus de tranquillité. Pas de guide obligatoire, un profil raisonnable et des paysages qu’on dit tout aussi agréables. A vrai dire, on n’en sait guère plus, mais ça semble un bon compromis.

Il y a donc 4 grands treks possibles pour accéder aux célèbres ruines, qu’on peut ajuster à ses besoins : agence, full autonomie, semi-autonomie, parties en collectivo (c’est ce que font beaucoup de personnes sur le Salkantay)…

Nous avons un peu hésité. Si on considérait l’option du Choquequirao depuis bien longtemps, Camille était inquiète quant à l’idée d’accumuler autant de dénivelé sur plusieurs jours. Nous avons donc considéré plusieurs plans, comme celui de faire la cité en AR puis de rejoindre le début du Salkantay, ou de se séparer et de faire chacun un trek différent pour se rejoindre ensuite. Finalement on s’accorde sur l’idée de tenter l’intégral du Choquequirao, soit 8 jours jusqu’au Machu Pichu, avec un possible échappatoire (collectivo) dès Yanama si besoin.

Le plan

Le Salkantay est l’un des treks les plus connus (au monde !). Il est, après l’Inca Trail, le plus populaire pour rallier le Machu Pichu à pied. Contrairement à son homologue, il ne nécessite pas obligatoirement de guide, c’est donc une option à envisager pour les petits budgets.

Nous n’avons pas réalisé le trek classique. En réalité, nous avons suivi le trek du Choquequirao pour rejoindre la célèbre cité Inca. John, jamais rassasié, évoque alors l’idée de rentrer par l’itinéraire du Salkantay en sens inverse. Pourquoi se faire tant de mal ? On se dit que si le Salkantay est aussi célèbre, c’est sans doute qu’il en vaut la peine et on aimerait bien un point de comparaison avec le Choquequirao. D’ailleurs si celui-ci permet d’entrevoir quelques glaciers en cours de route, c’est un trek qui globalement reste plus bas en altitude et offre moins ce côté grandiloquent des glaciers.

La dernière partie du Choquequirao et du Salkantay, à partir de Collpapampa, étant commune aux 2 circuits, nous envisageons de prendre un collectivo depuis Santa Teresa à Collpapampa afin d’éviter de refaire cette partie (avec un joli déniv dans ce sens…). Nous nous sommes renseignés préalablement et les collectivos partent en début d’après-midi (évidemment, au Pérou, rien ne se passe jamais comme prévu).

Difficulté

Difficulté

Nous avons suivi la moitié du Salkantay en sens anti-horaire. Sur cette portion, le dénivelé est bien plus conséquent. Depuis Collpapampa, ce sont plus de 2000m de dénivelé jusqu’au col du Salkantay !

Cela dit, le trek nous a semblé très roulant. C’est d’ailleurs incomparable avec le Choquequirao et son itinéraire hyper cassant. Il n’y a qu’un seul grand col à passer, celui du Salkantay, puis un autre plus doux avec Llactapata. Les distances et le dénivelé quotidiens sont raisonnables, faisant de ce trek une première expérience idéale, même pour des personnes peu habituées à la randonnée. Il faut quand même être un minimum acclimaté, avec un col à près de 4700m à passer !

Logistiquement l’itinéraire offre une ribambelle de logements et tiendas tout le long de l’itinéraire et permet, en cas de pépin, de s’extirper dès l’arrivée à Collpapampa. C’est d’ailleurs ce que font bon nombre de tours, qu’on a vu reprendre un bus à partir de Collpapampa ou un peu plus loin, à Lucmabamba.

Budget

Notre budget est un peu particulier, compte tenu que l’on a réalisé le trek en 2 parties et dans le sens contraire. On a donc fait un micmac en ajoutant les 2 derniers jours du Choquequirao, de Collpapampa à Aguas Calientes, et le transport jusqu’au point de départ.

Transport : bus Mollepata (40s) + bus Soraypampa (30s) + bus départ (40s) = 110s
Logement : camping Soraypampa (10) + camping Collpapampa (10s) + camping Mesa Pata (15s) = 35s
Nourriture : gaz (10s, reste de bouteille) + bouffe (30) + dîner/petit-déj Collpapampa (50s) = 90s

Total = 235s => 29,5€ par personne

Récit

J0 : Machu Pichu

13km, 740D+, 1090D-
4h Machu Pichu, 1h30 retour à Hydro

On a le tour de 6h, pour le lever du soleil. Il n’y a pas grand chose à monter (par rapport à ce qu’on s’est tapé tout le long du trek !) et on ne peut de toute manière traverser le pont au départ du sentier qu’une heure avant le créneau. On se fait un petit déj rapide et on se présente à 5h environ au contrôle. Il y a déjà une sacrée file de gens. Les billets sont contrôlés puis on peut commencer à grimper. On double un peu tout le monde, du moins ceux qui ne bloquent pas la moitié du chemin tous les 3m, et John part comme une balle devant. Finalement on arrive à 6h45 là-haut, et surtout avant les bus, nous sommes les premiers. On peut donc entrer au Machu et profiter des premières vues sur le site entièrement désert !

Il faut reconnaître qu’on a de la chance côté météo avec un ciel parfaitement dégagé, on a même pu profiter d’un beau lever de soleil au cours de la montée. Parfois, quand la visibilité est mauvaise, et sachant qu’on ne peut pas faire demi-tour sur le circuit, tout le monde reste agglutiné aux premiers miradors en attendant que ça se découvre. C’est le genre de situation qu’on redoutait où tout le monde se pousse pour obtenir sa photo.

D’ailleurs comme la plupart sont en groupe guidé, ils font des pauses régulières et traînent davantage. On peut ainsi déambuler tranquillement dans les ruines quasiment seuls. Alors nous ne sommes pas asociaux (quoique) mais comme pour le Choquequirao, on préfère profiter de la quiétude des lieux pour mieux s’imprégner de cette atmosphère mystique qui entoure de telles ruines. On commence à avoir un peu l’habitude des ruines Incas alors on identifie aisément la plupart des bâtiments et leur fonction, et il est sans doute aisé de trouver des sources d’information en complément. Bien sûr, un guide apportera toujours plus de détails, on peut à priori en trouver sur place et partager avec d’autres personnes.

Le tour complet, en prenant le temps, nous prendra près de 2h. On redescend rapidement au camping, il fait désormais très chaud sur le sentier, on est bien content d’être montée avec la fraîcheur de la nuit. On range rapidement la tente et on fait le chemin inverse de la veille le long des rails. C’était déjà longuet le premier jour alors cette fois, avec la fatigue et la montée au Machu dans les pattes…

A Hydroelectrica, des taxis partagés attendent pour nous ramener directement à Cusco mais… on a encore une petite idée en tête !

J1 et J2 : Aguas Calientes => Llactapata et Llactapata => Collpapampa

Pour les 2 derniers jours, de Collpapampa à Llactapata puis à Aguas Calientes, on pourra se référer à notre récit de la fin du Choquequirao.

Nous sortons de 3 jours plus tranquilles, bien que l’on ait marché chaque fois. D’abord pour rejoindre Santa Teresa depuis Llactapata puis jusqu’à Aguas Calientes et enfin, ce matin, au Machu Pichu et retour à Hydroelectrica en suivant les rails. Ils étaient déjà longuets à l’aller, alors au retour… On prend un collectivo pour Santa Teresa plusieurs attendent à Hydro, ils partent une fois remplis.

A Santa Teresa, direction la station-service, d’où partent les collectivos en direction de Collpapampa. On se renseigne pour être sûr du lieu, on apprend que le collectivo est parti ce matin à 11h ! On avait pourtant demandé il y a quelques jours ! On se renseigne autour au cas où un autre bus partirait, personne ne nous donne la même info… Aprem, matin, pas de bus…  Ah le Pérou…

On hésite, assis sur notre trottoir. Veut-on vraiment attendre un jour de plus pour le Salkantay ? D’autant que vu les infos contradictoires, c’est un coup à le rater encore le lendemain, si tant est que ce bus existe… Soudain une camionnette privée passe. Il part récupérer des clients à Collpapampa, il nous propose de nous emmener pour 20bs/p. Trop heureux pour négocier, on embarque pour le Salkantay !

La route de poussière qui mène à Lucmabamba ne nous fait pas regretter le choix de sauter cette partie. Les arbres sont complètement recouverts d’une pellicule de terre. Si vous optez pour parcourir le trek en sens inverse, mieux vaut s’en tenir à l’itinéraire classique depuis Hydro ou zapper cette section.

A Collpapampa, on retourne à l’hébergement El Molle Capulichayoc où nous avions campé la dernière fois. La dame est adorable, il y a le wifi et l’eau chaude compris, et le lieu est très plaisant. D’ailleurs on se fait plaisir cette fois et on prend le petit-déjeuner et le dîner.

J3 : Collpapampa => Soraypampa

19km, 1920D+, 765D-
8h

Grosse journée today ! Camille redoute ces 2k de dénivelé jusqu’au col depuis qu’on envisage le Salkantay inversé. Le généreux petit-déjeuner de l’auberge est parfait pour prendre des forces. On ne traîne pas et on part aux environs de 8h.

On a eu des échos plutôt négatifs sur la partie jusqu’au col, longue et redondante. Longue, elle l’est, mais se suit plutôt bien. Le chemin est bon, large, et on aperçoit quelques beaux pics au loin dans ce sens-là. En revanche on croise des hordes de mules qui précèdent les groupes de randonneurs. C’est aux alentours de midi que nous croisons la majorité des groupes, quelques centaines de personnes, majoritairement en groupes guidés, mais quelques personnes en autonomie.

On nous a dit à plusieurs reprises que les paysages étaient redondants sur cette portion jusqu’au col, mais dans notre sens on profite quand même de beaux paysages et de montagnes enneigées, malgré une météo mitigée.

Le sentier est assez roulant, bien moins rocailleux, bien moins escarpé que celui du Choquequirao. Finalement, avec le sac allégé (seulement 2 jours de nourriture) et le repos des jours précédents, on avale le dénivelé sans grande difficulté. Malheureusement le temps se gâte et on assiste au déchaînement des éléments à l’arrivée au col. Pas de Salkantay en vue, comme le prédisait la météo, tant pis on aura tenté !

Alors qu’on redescend en direction de Soraypampa, une accalmie soudaine laisse peu à peu émerger les glaciers des nuages et nous offre des vues enchanteresses.

On hésite à bivouaquer avant de redescendre tout en bas, mais la météo incertaine et le vent glacial nous contraignent à redescendre plus bas en altitude. Une belle vallée se dessine alors.

Pour 10s seulement, on nous permet de camper sur le terrain d’un lodge … et de profiter de la salle à manger avec les groupes. Dehors, on assiste émerveillé

J4 : Laguna Humantay

5,6km, 400D+, 550D-
2h

Dernier jour. On ne pense déjà qu’à une chose, la raclette qui nous attend ce soir à Cusco ! Mais pour cela il nous faut encore trouver un transport jusqu’à Mollepata puis Cusco.

On commence par nous rendre à la laguna Humantay avant que ne débarquent les meutes de touristes. Lever à l’aube, on laisse la tente sur place, et on part léger pour les quelques centaines de mètres de dénivelé à gravir.

Sans sac, on se sent pousser des ailes et on parvient rapidement au pied de la lagune. Nous sommes seuls, on profite de la quiétude du lieu, dans un beau décor minéral, pour prendre le petit-déjeuner.

On redescend, fait les sacs, et rejoint le village où affluent déjà des hordes de visiteurs ! On déconseille fortement d’y aller en cours de matinée. Le lac n’est pas bien grand, ça doit être bondé là-haut !

Coup de chance, la première voiture qui passe nous propose de nous redescendre à Mollepata pour 20s/p. On est bien trop heureux de trouver aussi rapidement un transport et on ne négocie pas. On enchaîne avec un collectivo jusqu’à Cusco, à nouveau pour 20s/p.

Bilan

Après le Choquequirao, le trek du Salkantay fait un peu office de Disneyland, qui plus est dans le sens inverse, où l’on croise plusieurs centaines de randonneurs et de mules (et encore, c’était la saison basse). Cela dit, la diversité des paysages et le magnifique dôme du Salkantay offrent d’indéniables atouts. C’est un bon trek pour les débutants, avec en point d’orgue l’arrivée au mythique Machu Pichu.

A contre-courant, forcément on croise tous les groupes dans la journée, même s’ils passent souvent dans le même intervalle horaire. On sera donc tranquille en début et fin de journée.

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