Depuis Riobamba, on descend à Baños del Agua Santa, connue pour ses eaux thermales, ses cascades mais également la capitale des sports extrêmes en Équateur. Située à la frontière entre les Andes et l’Amazonie, la région présente une superbe biodiversité, entre jungle et montagne, au pied de l’imposant volcan Tungurahua.
Baños
Hôtel / restaurants
On prend l’hostel Timara, près de la place centrale. C’est l’un des moins chers, il y a une cuisine et l’un des meilleurs débits d’eau chaude du voyage (salle de bain partagée). Côté points négatifs, il n’y a qu’une seule prise dans la chambre (et le chargeur ne tient pas), le sol est très collant de partout, sans doute un bien mauvais dosage du produit ménager, et le wifi est éclaté.
La ville est un haut lieu touristique, prisée des touristes comme des locaux qui viennent y faire la fête le week-end. Il y en a donc pour tous les goûts, avec un large choix de restaurants et de café.
On prendra un petit-déjeuner au café Colibri avant le canyoning. C’est un mignon petit patio avec un jardin en fond qui propose plusieurs formules comme café/chocolat/thé, jus de fruits, salade de fruits avec yaourt/granola, tigrillo ou tostadas (pain grillé) avec avocat et œufs brouillés, le tout pour 5-6$.


On trouve une chouette boulangerie Baking à quelques rues du centre qui propose du pain aux céréales ou façon baguettes et de nombreux gâteaux. Parfait pour accompagner le fromage à fondue ramené de Salinas ! On prendra également quelques muffins pour le goûter, un peu mieux en photo qu’en vrai.


Évidemment, qui dit ascension dit récompense et c’est la pizzeria Ricca Vita di Verdi qui gagnera nos faveurs (autour de 10$/pizza). On trouve également quelques cenas (ou almuerzos) autour de 3,5$, avec notamment de la tilapia (poisson).


Casa del arbol
La casa del arbol a beau être un incontournable de Baños, nous n’y étions jamais allé, jugeant le lieu sans intérêt et attrape-touriste. On décide quand même d’y faire un tour en apprenant que l’entrée n’est que de 1$, pas grand chose à perdre. D’ailleurs un bus permet de s’y rendre (également pour 1$) depuis le centre-ville. On peut aussi monter à pied depuis la statue de la Vierge (compter au moins 2h).
En chemin, on aperçoit au loin quelques jolies cascades, et plusieurs complexes avec toutes sortes d’attractions : balançoire géante, pont de verre… Dehors c’est complètement couvert et la pluie commence à tomber, super.








En arrivant au site, on découvert un joli petit jardin perché, avec de nombreuses fleurs et de magnifiques colibris qui virevoltent un peu partout. On s’essaie comme on peut à la photo aérienne (et sportive)…



Entre les gouttes, on s’amuse avec les balançoires, tyroliennes et on monte à la fameuse casa del arbol, une cabane perchée. Seulement quelques familles sont de passage mais ça doit être bondé les week-ends !
On profite de quelques éclaircies pour apprécier les environs verdoyants. A vrai dire, c’est plutôt mignon comme lieu, calme. On ne regrette pas d’être venu.



On décide de prendre le sentier pour redescendre à Baños. Le ciel est couvert mais il y a plusieurs points de vue pour apprécier le volcan Tungurahua par beau temps. Quant au chemin, c’est particulièrement boueux et glissant, il nous faut redoubler de prudence. On débouche ensuite sur la Virgen (statue de la vierge) avec de belles vues sur la ville.


Prix : 1$/p (+ transport à 1$/p le trajet)
Route des cascades
C’est une autre activité que nous n’avions pas expérimentée par le passé. On fait le tour des agences et on loue un vélo à seulement 5$ pour la journée (avec casque et anti-vol). Alors oui, rouler en bord de la route n’est pas ce qu’on a vu de plus fun, d’autant qu’il y a un peu de trafic, mais les véhicules passent plutôt lentement ou avec une bonne distance d’écart.
Juste après Baños, on peut prendre la route qui monte à la Casa del Arbol pour observer la cascade Ulba, ou de l’autre côté du rio pour se rendre au pied de celle-ci (auquel cas, l’accès est sans doute payant). On l’a déjà aperçue en montant la veille alors on s’économise cette portion.
Peu après la sortie de la ville, on passe un grand barrage électrique puis on parvient à la première cascade : Agollan. On pensait que toutes les cascades étaient payantes mais en réalité on peut les observer depuis la route, seules les tarabitas (~2$) pour se rendre en haut des cascades ou parfois l’accès tout en bas de celles-ci est payant.

A mi-chemin, c’est la belle cascade Manto de la novia qui se découvre. Un sentier permet de descendre et de s’en approcher mais les derniers mètres sont évidemment payants. On s’arrêtera donc peu après le pont.


On passe ensuite devant une curieuse boutique de confiserie : Dulceria Guaya. C’est une spécialité d’Équateur et notamment de la région, ils produisent une pâte de goyave rouge qui se déguste comme une pâte de fruits. C’est très sucré mais plutôt bon. Il y a également plein d’autres petites sucreries colorées à bas prix. D’ailleurs on peut déambuler le bâtiment et voir tout le process de fabrication. Ici tout est fait à la main ! On repartira avec quelques douceurs pour se donner du courage sur la bicyclette.



A plusieurs reprises, au niveau des tunnels, on prend l’ancienne voie qui est clairement plus sympa (aucun trafic) et offre de belles vues sur les environs, de petites cascades…






Enfin on arrive au dernier village, Rio Verde, et la célèbre cascade Pailon del Diablo. Il y a 2 entrées, la première en arrivant permet uniquement d’observer la cascade du dessus, c’est l’option pour ceux qui ne veulent pas marcher. Curieusement les locaux nous indiquent directement l’entrée suivante, celle à laquelle on avait prévu de se rendre. L’entrée est à 3$/p. On descend pas mal au travers de la jungle jusqu’en bas de la cascade.



Il y a d’abord une passerelle et plusieurs points de vue pour l’observer puis on peut remonter le long de celle-ci via un escalier creusé dans la roche, avec plusieurs tunnels. D’ailleurs on pense que le chemin remonte jusqu’en haut mais après être passé littéralement sous la cascade, John se rend compte que c’est un cul de sac et doit retraverser une seconde fois sous l’eau.


Quant à la cascade elle est assez impressionnante, dans un canyon fermé, avec un sacré débit d’eau. En même temps, il pleut toutes les nuits…
On remonte et on continue un peu plus loin pour rejoindre une dernière cascade oubliée : Machay. Il semble y avoir 2 entrées, mais tout le monde nous recommande la deuxième, celle communautaire. A la première, un restaurant en bord de route, la dame nous interpelle en proposant 1$/p. C’est plus cher à la seconde entrée. Finalement on décide qu’on a vu assez d’eau pour aujourd’hui et on rebrousse chemin.
Pour rentrer, des camionnettes attendent à la sortie (3$/p). On va d’abord manger un almuerzo très correct un peu plus loin des restos touristiques puis on attend longuement que la camionnette se remplisse mais il n’y a pas foule. En voyant qu’on commence à aller chercher un taxi, le chauffeur nous propose de négocier avec un bus urbain pour qu’il nous ramène, bien qu’en théorie ils ne sont pas censés prendre les vélos. Bref, ils se partagent peut-être l’argent entre eux, qu’importe on rentre pour le même prix à Banos.
Prix : 5$ (location de vélo) + 3$ (retour) + 3$ (cascade Pailon del Diablo)
Termas de la Virgen
Au pied (ou presque) du volcan Tungurahua, la ville de Banos dispose de plusieurs complexes thermaux auxquels elle doit initialement sa popularité et surtout son nom. Les plus connus sont sans doute les Termas de la Virgen, accessibles à pied depuis le centre-ville. L’accès coûte 4$/p (2$ pour les enfants) et les piscines sont ouvertes jusqu’à 21h.
Un bonnet de bain est obligatoire (comme souvent en Équateur), on peut en acheter un pour seulement 0,5$ dans les tiendas autour.
C’est assez bien organisé et aménagé, avec piscines plus ou moins chaudes, bains froids et vestiaires pour garder ses affaires. Le lieu est très chouette, propre, au pied de la belle cascade de la Virgen. On y retournera 3 fois ! De quoi rentabiliser le bonnet de bain…
Il y a quelques gringos et beaucoup de locaux, notamment le soir en fin de semaine.


Prix : 4$/p
Canyoning
Ce ne sont pas les activités qui manquent dans le coin, c’est le lieu de prédilection en Équateur pour les sports dits extrêmes, notamment en eaux vives. Cette fois on décide de découvrir le canyoning, sachant qu’on fera sans doute du rafting plus tard, en Colombie.
On ne se casse pas trop la tête et on prend un peu la première agence qui nous propose une sortie à 25$/p, ce qui nous semble très raisonnable. Rendez-vous 9h et on part pour un site à seulement quelques minutes …
Le guide nous montre les manipulations basiques et c’est parti pour quelques descentes progressives. On commence par remonter sur un sentier puis on descend plusieurs portions de la cascade. La première est aisée et on se lâche sur le dernier mètre pour tomber dans l’eau.


La deuxième est déjà un peu plus compliquée, plus grande. Les rochers sont glissants et il faut traverser à 2 reprises la cascade. On enchaîne avec un petit toboggan naturel et vient la fameuse surprise, un « rappel » de 45m. En réalité, le guide nous lâche, ou presque, et on se retrouve balancé dans le vide sous la cascade, frissons garantis dans un cadre superbe !
On aurait presque aimé que le plaisir dure un peu plus mais c’était déjà une belle sortie pour cette initiation. Pour le coup on a trouvé que c’était relativement bien sécurisé, mais nous n’avions aucune expérience dans le domaine.
Prix : 25$/p
Volcan Tungurahua (5023m)
9h
Le volcan Tungurahua peut être aperçu depuis plusieurs points aux alentours de Banos. Il appartient au grand parc national Sangay, au même titre que le volcan Sangay (l’un de plus actifs d’Amérique du Sud) et El Altar, dont l’ascension est la plus technique des hauts volcans équatoriens.
Évidemment, un tel géant ne demande qu’à être gravi. Camille redoute un peu le sacré dénivelé qui nous attend. John connaît bien, il est déjà monté en autonomie il y a quelques années. D’ailleurs il s’était bien fait sermonner par le ranger en redescendant, tant pour avoir ignoré le registre que pour l’absence de casque. Cette fois on fait bien les choses et on loue les casques auprès d’une agence pour 5$/p (un peu de l’abus, c’est le même prix qu’avec le vélo !).
L’ascension représente plus de 2000 D+ depuis le parking. Il existe un refuge à mi-chemin qui coûte 15$/p la nuit. Ça nous paraît un peu cher pour ce que c’est, on demande à tout hasard si l’on peut camper mais le prix reste le même. Plutôt que de se trimballer le matos et de passer une nuit compliquée à 4000m, on se décide plutôt à le monter d’une traite.
Départ aux aurores, on prend une camioneta près du marché pour 15$ l’aller. Le trajet dure une bonne demi-heure, peut-être un peu plus. Quand on arrive, il n’y a personne sur place, le parc n’ouvrant qu’à 8h. En bons élèves, on laisse tout de même un petit mot avec nos informations sur la porte. Une carte récente semble mentionner qu’un guide est obligatoire depuis le refuge. Dans les faits, les rangers laissent souvent passer les locaux, d’autant s’ils ont de l’expérience ou qu’ils l’ont déjà grimpé. Il faut être persuasif, au pire prendre des photos de ce blog pour prouver qu’on y est déjà allé !
Il faut savoir que la deuxième partie après le refuge présente un terrain difficile (raide, sableux…) et qu’il est aisé de se perdre, notamment en cas de mauvais temps. En outre, le volcan est actif et le parc peut en interdire l’accès en cas de forte activité, il faut bien se renseigner au préalable. Encore une fois, on est à la limite entre randonnée et alpinisme !
Allez, c’est parti. Dès le départ, la montée est raide, au milieu d’une végétation dense, presque de la jungle, avec beaucoup de fleurs et d’oiseaux.



On passe quelques tunnels formés par la végétation. Le sol est assez boueux (comme souvent) et on ne distingue pas grand-chose des environs avec la brume épaisse qui sévit.


Après 2h30, on parvient au refuge. Le propriétaire n’est pas là, il demande souvent une taxe de 2$ pour l’entretien du chemin ou l’utilisation du refuge (même en s’arrêtant seulement 2 minutes). On fait le tour, le refuge est assez grand, il semble y avoir 2 cuisines, et des dortoirs.

Léger en-cas et on entame la seconde partie qui doit nous mener jusqu’au cratère. Il fait très froid, humide, mais ça pourrait être pire. Cette portion est très compliquée : raide comme jamais, glissante, on peine à progresser, chaque pas devant être réfléchi. On marche souvent dans les ravines, étroites, mais plus stables.


Miraculeusement, le ciel s’éclaircit par instants, nous laissant entrevoir partiellement la région et les pentes indomptables. La terre est ocre et contraste avec la végétation qui l’a précédée. On constate quelques chutes de pierre, déclenchées ou non, qui dévalent avec fracas. Le casque n’était définitivement pas la pire des idées !


On atteint le cratère après 6h. Quelques fumerolles émanent de part et d’autre. La croix demande un dernier effort, elle est située un peu plus haut que le cratère, et toute la zone est bien enneigée. Camille est amplement satisfaite d’être parvenue jusqu’ici, et John est déjà monté à son dernier passage, on se contentera cette fois du cratère. Il est impressionnant, aux coulées de lave rougeoyantes et avec des émanations de souffre au centre.




On ne s’attarde pas plus, il faut encore redescendre à Banos. D’ailleurs la descente est très, très casse-gueule. John a simplement pris un bâton de fortune au départ du sentier et glisse à plusieurs reprises, jusqu’à quelques mètres. Camille le voyait déjà dévaler la pente !
Rebelote dans la dernière section raide avant le refuge, on avance à petits pas en essayant de ne pas glisser sur les minuscules gravillons. Heureusement, la suite à partir du refuge est plus roulante et réalisée sans encombre. De retour au poste des rangers, il n’y a toujours personne. La note laissée au matin a disparu, mais les rangers ne semblent pas s’en soucier, après tout ce n’est même pas encore l’heure de fermeture… Cela signifie aussi que l’on ne peut pas leur demander d’appeler un taxi. Tant pis, on commence à redescendre le long de la route puis par un sentier bien raviné qui rejoint Banos. A mi-chemin on tente du stop avec la première voiture qui passe et bingo, il nous redescend à l’arrière du pick-up.
Prix : gratuit (+ 30$ taxi AR)
Puyo
On connaît déjà bien l’Amazonie pour l’avoir faite il y a plusieurs années en Équateur, chacun de notre côté, ou en Bolivie plus récemment, que ce soit en tour ou en volontariat. Cette fois, on délaissera cette région au profit des montagnes.
Néanmoins, Banos étant à la frontière avec l’Oriente, on décide de prendre une journée pour aller se balader à Puyo. On prend le bus (2,75$/p) au terminal.
En cette période, il pleut régulièrement, la journée sera rythmée par les averses. On se faufile donc entre les gouttes jusqu’au marché pour goûter un plat local, le maito. C’est du poisson cuit (tilapia…) sur le barbecue dans une feuille de cachibou. Ainsi la feuille protège le poisson et celui-ci cuit à l’étouffée.

Une des autres spécialités de l’Oriente, déjà moins sexy, c’est le chontacuro, une larve géante ! Tous les restos touristiques l’affichent sur leur devanture, et il y en a toujours un ou deux qui traînent au marché. Il peut se manger cru, bien qu’il soit en général grillé sur une brochette. John l’avait déjà goûté à l’époque, en poussant le vice jusqu’à le manger vivant (gros kéké). C’est sans doute meilleur grillé… Si ça n’a guère de goût, la texture est en revanche terrible, et nécessite de longuement mâcher avant de se rendre à l’évidence et de l’avaler tout rond.
Mais Camille refuse de tenter le coup, même grillé, ça la répugne.


On part se balader sur le malecon (promenade) du rio. C’est calme, très boisé, on est aux portes de l’Amazonie, avec beaucoup de fleurs.






Il continue de pleuvoir régulièrement, heureusement quelques abris permettent de rester au sec. On observe de nombreux oiseaux ainsi que des singes de l’autre côté du rio ! Difficile de dire de quelle espèce il s’agit à cette distance, peut-être des capucins, on les voit voltiger entre les branches.


On prend un bus depuis le centre pour Tarqui, une bourgade à l’extérieur de Puyo, qui abrite un refuge (Zoorefugio Tarqui), récupérant des animaux issus du braconnage, commerce illégal, ou de familles (en tant qu’animaux de compagnie). Nous souhaitions trouver un refuge pour réaliser un nouveau volontariat, après la Cruz Verde en Bolivie, mais finalement nous manquerons de temps. Disons qu’on compense comme on peut avec cette petite visite.
L’entrée est à 5$. Si en principe, il s’agit d’un refuge, dans les faits cela ressemble un peu à un zoo, avec les animaux répartis dans des cages plus ou moins grandes le long du sentier. D’ailleurs les familles de passage leur jettent à manger, ou essaient de les attirer avec de petits bruits et un bâton, malgré les nombreux panneaux d’avertissement. On se demanderait presque de quel côté sont les animaux.
Dans ces conditions, on doute que le moindre de ces animaux retourne un jour à l’état sauvage. Disons que c’est un mieux que rien, en leur prodiguant des soins et un espace de vie. Près de l’entrée, de magnifiques aras semblent évoluer librement dans les arbres.


Pour nous, c’est l’occasion de voir certains animaux emblématiques de la zone. On observe notamment les tapirs, qu’on avait seulement aperçus brièvement à Iguazu. Ce sont de sacrées bestioles, pas forcément bien gracieuses. Ça ferait presque peur si on en croisait un en dehors !



Bien sûr, il y a beaucoup de singes, on retrouve les singes araignées et les capucins…
Et vient le tour des félins, avec les pumas et les jaguars ! D’ailleurs les jaguars sont vraiment énormes… Ils se chamaillent entre eux, à quelques mètres devant nous, c’est impressionnant. On ne pensait pas que ça pouvait devenir si gros, faut dire que ces deux-là ont bien mangé à la cantine. A côté les pumas font figure de gros chats…




Bilan
Tout le monde trouvera son plaisir à Banos, qu’on y aille pour les sports extrêmes, la randonnée, la fête, la détente… Ou tout à la fois ! On y sera restés 5 jours pleins. Ce n’est pas le village le plus typique du pays mais c’est un incontournable aisément accessible depuis Ambato ou Riobamba. Quitte à y descendre, autant en profiter pour faire le détour vers l’Oriente, que ce soit à Puyo, Tena, Puerto Misahualli…

