Au sud de l’Équateur (et de Loja) s’étend l’immense parc national Podocarpus, bien souvent oublié des visiteurs qui ne descendent que rarement aussi bas, à moins de passer ensuite au Pérou par La Balsa.
Le parc possède 2 entrées officielles, l’une (Cajanuma) entre Loja et Vilcabamba entre 2000 et 4000m d’altitude, et l’autre (Bombuscaro) près de Zamora, aux portes de l’Oriente à seulement ~1000m. Ce sont donc près de 3000m d’amplitude altimétrique au sein du parc, ce qui lui vaut une rare diversité végétale et animale.
Le parc prend son nom du seul conifère originaire des Andes : le podocarpus ou romerillo.
Portail Cajanuma
Accès
L’entrée se situe sur la route E682, à seulement 8km de Loja en direction du sud et de Vilcabamba. Les bus circulent régulièrement entre les 2 villes et vous dépose au bord de la route, au niveau du poste des rangers. Ensuite, 3 possibilités : prendre un taxi (camioneta), marcher environ 8km (400m D+) ou tenter de faire du stop. Pour la dernière option, il y a pas mal de passage les week-ends (moins en semaine) et sinon les rangers montent en généralement le matin entre 8h et 9h et peuvent prendre des personnes à l’arrière de leur pick-up (ils redescendent ensuite vers 15-16h).

Nous sommes arrivés pour l’ouverture (8h) et avons commencé à marcher en direction du refuge avant que leur pick-up ne nous prenne sur la route.



Randonnées
Depuis le refuge, il existe 2 sentiers principaux :
- Los Miradores (5km)
C’est une boucle qui passe par un mirador puis suit une longue crête avant de redescendre vers le refuge. Sur le chemin, 2 petits sentiers peuvent également complétés : oso de anteojos et bosque nublado.
C’est le sentier le plus prisé, bien que la plupart des visiteurs s’arrêtent au premier mirador. La première partie se fait au travers d’une jungle épaisse où on s’arrête régulièrement pour photographier des fleurs ou observer des colibris et autres oiseaux.








Le mirador (abrité) offre ensuite des vues sur la ville de Loja et les limites ouest du parc.

A partir de là, on attaque la longue crête souvent noyée dans la brume. C’est pentu, glissant, avec parfois des cordes fixes pour progresser, mais les vues (quand le temps les permet) sont splendides.




La végétation est bien différente de celle observée dans la première portion en sous-bois. On découvre de nouvelles plantes, fleurs, exposées aux terribles conditions qui règnent sur ces hauteurs.











On balaie naïvement des yeux les pentes boisées à la recherche d’un nounours à lunettes, mais sans réussite. A la redescente, on croise le départ des Lagunas del Compadre, dont la première partie (en montée) est commune.




- Lagunas del Compadre (28km)
Cela représente un aller-retour de 28km, réalisable en 2 jours avec tente voire une grosse journée. Contrairement à ce qu’on lit sur divers sites, le sentier n’est pas interdit au public. Néanmoins, selon les conditions météo et l’appréciation des rangers, son accès n’est pas permis à n’importe quel quidam. A notre passage, considérant notre matériel et le fait qu’on puisse commencer tôt (en dormant sur place), les rangers étaient tout à fait disposés à nous laisser passer. La météo n’étant malheureusement pas au rendez-vous, on a préféré laisser tomber. La section étant peu voire quasiment pas parcourue, c’est un excellent choix pour s’enfoncer dans les vastes forêts vierges et tenter d’observer les animaux emblématiques du parc tels que le pudu, le tapir ou encore l’ours à lunettes.
Camping
Il est possible de passer la nuit en tente gratuitement près du refuge. Des toilettes ainsi qu’un abri avec eau, table, prises électriques et barbecue sont disponibles. On peut même gratter le wifi auprès des gardes.
Il est également possible, avec l’accord des rangers, de dormir près des lagunes del Compadre en réalisant la randonnée sur 2 jours.
Enfin des cabanes basiques existent à 4$/p la nuit, sans literie.


Biotope
Le parc sur cette zone est un vague mélange entre paramo et cloud forest. C’est donc souvent brumeux et très humide/boueux. On y croise beaucoup de fleurs et on peut y rencontrer les animaux emblématiques des Andes équatoriennes.



Portail Bombuscaro
Accès
L’entrée est à quelques kilomètres au sud de Zamora. Il faut prendre un bus depuis Loja (à moins que l’on vienne de l’oriente) jusqu’au terminal de Zamora puis enchaîner avec un taxi, du stop (le week-end) ou comme nous, marcher cette portion de 7km, relativement plate.



Sentiers
On trouve plusieurs sentiers au départ du campement, relativement courts. On pourrait d’ailleurs tous les réaliser sur moins d’une journée.

- Los Higuerones (3km) : le sentier le plus long, qui suit le rio. C’est un peu vallonné, avec des montée-descentes. Le sentier se termine officiellement au niveau de l’ancien pont (qui permet de rejoindre le sentier El Campesino) mais il est possible de poursuivre un bon moment. La suite n’est pas mappée et pas forcément très entretenue. C’est une très jolie balade, où on observera nombre de fleurs, oiseaux voire petits animaux.









- Urraquita Verde (665m) : un sentier parallèle à Los Higuerones sur le première portion. Sans intérêt particulier sinon de prendre un autre chemin au retour.






- La Chismosa (120m) : mini sentier pour découvrir une belle cascade.

- La Poderosa (510m) : un sentier qui grimpe un peu puis rejoint une magnifique cascade.



- El Mirador (750m) : un sentier qui partage la première partie avec La Poderosa puis qui monte raide (vraiment) jusqu’à un beau mirador sur la vallée.







- El Campesino : un sentier de l’autre côté du rio qui n’est plus maintenu et avec des portions écroulées, il est désormais fermé au public.
Camping
Le portail dispose ici aussi d’une zone de camping gratuite avec des abris à disposition (table, lumière, eau). Il y a des cabanes mais on ignore si elles sont utilisables.



Biotope
Nous sommes à la frontière avec l’Oriente. Il fait donc chaud, humide, avec une végétation haute et dense. On croise notamment beaucoup de papillons, insectes et amphibiens, également des moustiques.






Bilan
Le parc Podocarpus demeure assez ignoré des visiteurs étrangers, c’est pourtant une zone assez aisément accessible avec une incroyable diversité de faune et flore. Les 2 secteurs offrent des expériences bien différentes. Pour ceux qui ont le matos, on conseillera grandement d’y passer une nuit pour profiter d’une ambiance unique et de la faune au matin.

