Adieu le Pérou, on retrouve l’Équateur, un pays que l’on connaît déjà bien pour y avoir voyagé/vécu il y a quelques années. Depuis Piura, on prend un bus directement pour la ville de Loja au sud des Andes équatoriennes. Une région tranquille et encore peu explorée.
Loja
On débarque à Loja à 5h du mat. La ville de Loja n’est guère touristique et l’offre de logement limitée, mais on a trouvé un hébergement au sud de la ville. On patiente un peu dans le terminal pour ne pas se pointer trop tôt. C’est l’occasion de prendre un café servi à ras bord, dont John fera profiter toute l’allée du terminal, et un pan con queso, un indémodable.
Pas grand-chose à dire sur la ville, sinon de se balader un peu dans le centre-ville, les marchés et les quelques parcs. John connaît bien et prend la casquette de guide. A vrai dire, il a toujours trouvé la ville sympathique, tranquille. Il n’y a déjà pas le bruit et l’effervescence péruviens, c’est suffisant pour nous. On décide de traverser la ville du sud au nord jusqu’au parc Jipiro.
Le centre historique est coloré, vivant, c’est agréable d’y déambuler. La petite ruelle Lourdes offre de belles couleurs, on croise de nombreuses places et maisons coloniales.



On poursuit jusqu’à la Puerta de la Ciudad, un drôle mais très joli édifice d’inspiration moyenâgeuse. A côté, on erre dans les allées des immenses marchés couverts Gran Colombia et Mayorista.


La région est connue pour la production de café, l’un des meilleurs du pays. Après des mois à boire du café instantané (oh, on s’y fait !), on achète un filtre à main et un peu de café moulu. Ils vendent aussi de pâte de cacahuète (utilisée en cuisine) à petit prix. Elle est compacte mais elle fera bien l’affaire pour les petits-déjeuners en bivouac.
Loja est également célèbre pour ses tamales, une pâte de maïs cuite à l’étouffée dans une feuille de achira, fourrée de viande, œuf et quelques légumes. C’est une spécialité qu’on retrouve dans tous les pays andins mais de différente composition, taille et forme. On fait le plein pour le dîner et on prend des quimbolitos pour le dessert. Encore une fois, c’est une pâte cuite à la vapeur dans une feuille d’achira mais c’est aérien, un peu sucré, on dirait un bon cake moelleux, sur lequel ils ajoutent 2 « yeux » (raisins secs). Camille ne connaissait pas mais elle est conquise.


Enfin on atteint le nord de la ville et le mignon petit parc de Jipiro. C’est calme, verdoyant, et… enfantin. Le parc est décoré de nombreuses copies de bâtiments célèbres comme la Tour Eiffel, la cathédrale de Moscou, Chichen Itza…




Certes, on ne fera pas le détour au sud juste pour la ville de Loja, mais ça reste un arrêt plaisant sur la route de Vilcabamba et du parc national Podocarpus.
Vilcabamba
Des bus circulent fréquemment entre Loja et Vilcabamba. On peut les prendre au sud de la ville ou depuis le terminal. Il suffit de payer la taxe du terminal et de se rendre directement sur le quai (1,6$/p).
Ah Vilcabamba… Son climat doux, ses jolies collines boisées, sa petite rivière… et ses américains ! Ici ça parle sans doute plus anglais qu’espagnol. John a beau répéter à une caissière « cuanto cuesta », elle lui répond systématiquement « two dollars ».
En effet la vallée de Vilcabamba a la réputation d’offrir une rare longévité et abriterait plusieurs centenaires. Eau pure, air pur, nature… Si on ajoute des températures agréables toute l’année et un certain confort de vie, on obtient un lieu particulièrement prisé des retraités américains qui se sont réfugiés ici depuis déjà de nombreuses années.
Comme à Samaipata en Bolivie, dont les environs sont d’ailleurs très similaires, le village est qualifié du côté bobo-hippie, ce qui rime souvent avec restos onéreux de tofu et boutiques de bracelets colorés. Cela dit, on trouve quand même de beaux produits, souvent bios, produits dans la région : café, herbes, fromage, tabac…
Les avis sont souvent très contrastés sur Vilcabamba, que ce soit des voyageurs ou des locaux. Nous on aime bien, on le prend pour ce que c’est : tranquille, boisé, agréable… mais ce n’est certainement pas là-bas qu’on découvrira la culture équatorienne !


Hôtel et restaurants
On dormira à l’hôtel Avalon, à quelques rues de la place centrale. Tenu par une dame allemande (qui parle vraiment toutes les langues), l’hôtel en bois est un vrai havre de paix. Les chambres sont coquettes, le jardin fleuri avec de magnifiques fleurs et orchidées, une cuisine fonctionnelle et, peut-être, la meilleure salle de bain du voyage.



En plus tout est très très propre, la dame ne lésine pas sur la propreté. Attention à bien ranger votre vaisselle !
A défaut de se mêler à cette curieuse atmosphère gringo qui règne dans le village, on décide d’adopter le rythme paisible des locaux : balade tranquille le long de la rivière, chill dans le jardin et de bons petits plats. Déjà, on se fait des crêpes avec un faux-Nutella gratté au Pérou, et on profite d’une chakchouka ou d’un tigrillo (plat équatorien), sans oublier quelques plaisirs à la super boulangerie française La Baguette. Mention spéciale pour leurs pains et mousse au chocolat !


Cerro Mandango (1672m)
420D+, 7km en AR
~2h30
On ne peut pas le rater, il s’élève fièrement face au village, le cerro Mandango est un classique. On y accède en suivant un peu la route principale qui descend à Zumba puis en bifurquant sur le sentier à la fin du village. Celui-ci est pierreux, un peu raide, mais relativement court.





On parvient à un premier mirador sur le village, et surtout le cerro, qui s’apparente à la face d’un indien (en tout cas pour John !). Il est parfois appelé le dios acostado.


La suite est un peu plus escarpée jusqu’au sommet. Il faut longer le pied du monticule sur un sentier un peu éclaté, assez glissant notamment en cas de pluie (comme c’est bien sûr notre cas). Heureusement la dernière portion pour grimper sur la crête a été équipée de cordes fixes ces dernières années et se monte un peu plus aisément. Quelques passages dans les ravines sont plus compliqués à négocier, avec de sacrés cailloux branlants, notamment à la descente.


Une fois en haut, on profite de superbes vues sur les alentours. Il est possible de continuer le long de la crête sur quelques centaines de mètres mais on déconseille de poursuivre la boucle en redescendant de l’autre côté. Le sentier est raide, difficile à suivre voire inexistant. La dernière fois, et c’était il y a bien des années, on avait fini au milieu d’un bois à se frayer longuement un chemin entre les arbres épineux et les toiles d’araignées géantes. Préférable de faire l’aller-retour !





Prix : Gratuit
Sentier écologique
A quelques rues du centre du village, on peut suivre le sentier écologique qui longe la rivière. A vrai dire le sentier part du centre de Loja (avec quelques portions de route), c’est d’ailleurs une très jolie traversée (essentiellement en descente) qu’on peut réaliser en louant un vélo et en remontant en bus jusqu’à Loja.
C’est un sentier aménagé, assez érodé sur la portion au nord de la réserve Rummy Wilco, mais sinon en bon état. On peut par exemple réaliser une boucle depuis le pont à la réserve jusqu’au centro recracional Yamburara en revenant sur la rive opposée. Il y a également quelques petits spots où l’on peut se rafraîchir dans la rivière, assez prisée des locaux le week-end. La végétation est luxuriante, beaucoup de bambous et agrumes.


Prix : Gratuit
Parc national Podocarpus
Saraguro
Avant de remonter à Cuenca, dont on vient de rater de peu les célèbres fêtes (début octobre), on fait un stop au village de Saraguro, au milieu de belles montagnes verdoyantes. Il est connu pour produire de bons fromages frais et mi-affinés, mais surtout pour les traditions de ses habitants, uniques en Équateur. Portant encore le deuil du dernier empereur Inca Atahualpa, pourtant mort il y a plus de 5 siècles, ils sont toujours vêtus de noir.



On prend un bus depuis Loja, une compagnie fait les trajets entre les 2 villes. La route est très plaisante : vallonnée et verdoyante. D’ailleurs il pleut sans discontinuer, et on passera malheureusement le reste de la journée au sec dans notre chambre d’hôtel. On prend le moins cher directement sur place (Nucauchik Sara Alpa), à 16$ la nuit avec salle de bains privée. Mais il semble qu’ici, tout le monde ne vient pas pour dormir. Ça commence avec la chambre 4, sur la droite, où la dame semble particulièrement apprécier la prestation. Puis ce sont les voisins du dessus qui s’y mettent, chambre 12. Cette fois c’est un peu plus bruyant, le lit martelant le mur. Ah, ça s’anime à la 5 ! On pensait qu’ils avaient fini mais monsieur en avait encore sous le pied, belle prestation.
Disons qu’on a trouvé ça rigolo, mais ça n’aide guère à se concentrer pour quoi que ce soit. On part profiter d’un petit chocolat chaud au marché avec un empanada de queso/viento (grand chausson frit, creux, fourré avec un peu de fromage frais). Le soir on trouvera une merienda (dîner) sans prétention face à la place.
Au matin la météo s’est un peu calmée. Après un petit-déjeuner (toujours) au marché, à base de morocho (boisson chaude et sucrée à base de maïs blanc, lait, cannelle) et de tortilla de trigo/maiz (galette de blé/maïs, fourrée au fromage), on en profite pour rejoindre Banos del Inca, une jolie petite cascade avec quelques grottes sous les falaises. C’est une balade sympathique, malgré quelques chiens hargneux sur le chemin.


Bilan
On a grandement apprécié pérégriner dans le sud de l’Équateur. Si ce ne sont pas les paysages les plus grandiloquents que le pays peut offrir, il y règne une atmosphère paisible, agréable. On découvre de belles régions verdoyantes, des villes tranquilles et quasiment aucun touriste. On recommande pour les personnes qui disposent d’un peu de temps en rab.

