Après l’exigeante boucle de l’Ausangate, on fait une petite pause avec les montagnes, en attendant les joyaux de la Cordillère Blanche. Direction la côte et la réserve de Paracas, après plus de 21 interminables heures de bus.
Paracas
Depuis Cusco on enchaîne 2 bus pour Ica puis Paracas (à côté du terminal).
Le village de Paracas est très touristique, on s’en rend rapidement compte lorsqu’on est accosté de tous côtés dès la sortie du bus. Sortie buggy, tour en bateau, scooter…
Au beau milieu du désert (comme une bonne partie de la côte), c’est un village poussiéreux sans charme. On peut toujours se balader le long de la plage, couverte d’algues, mais on fait vite le tour. Au sud, en direction de la réserve, moult résidences de luxe bordent la côte.
On séjournera à l’hostel Paraaco. C’est le moins cher que l’on ait trouvé. Les commentaires sont partagés mais ça fait très bien l’affaire. Les hébergements sont disposés autour de la piscine (glaciale). Il y a des tables pour manger, une mini-cuisine pour faire chauffer un peu d’eau, douche chaude… Pas besoin de plus.
Le premier jour, on se fera un almuerzo en centre-ville, avec un bon arroz con mariscos (sorte de paella aux fruits de mer) précédé d’un ceviche (25s/p). Le soir, on testera cette fois le tiradito : plus encore que le ceviche, le poisson est servi presque cru, coupé en sashimi, et agrémenté d’une sauce relevée.



Enfin le second jour, après une bonne journée dans la réserve, on s’arrête à un boui-boui vers la plage, dont le barbecue et tous les produits frais sur le comptoir ont attisé nos papilles. Poulpe, crevettes, poissons, saint-jacques et surtout, langoustes sont présents sur l’étal.


On se fait plaisir et on demande un mixte de conchas (St Jacques), 5 à la plancha et 5 au parmesan (40s les 10). Ensuite Camille partira sur une demi-langouste au barbecue quand John prendra les tentacules de poulpe (45-50s le plat).




Réserve
La visite de la réserve peut se faire en véhicule particulier, tour, buggy, scooter ou vélo. On choisit l’option vélo qui nous convient le mieux pour profiter tranquillement de la réserve et qui offre les tarifs les plus abordables. Après avoir fait le tour des agences, on trouve des vélos à 20s/p pour la journée chez Blue Ocean. Ce ne sont pas des machines de guerre, mais ce sera amplement suffisant.
On récupère nos montures à 8h30. La réserve ouvre à 9h, ça nous laisse le temps de la rejoindre puis toute la journée pour la parcourir. Au départ, on suit la côte, longeant nombreux hôtels luxueux. Lorsqu’un panneau signale la fin de la route et les limites de la réserve, il faut suivre la clôture via un chemin sableux pour rejoindre la route principale et l’entrée officielle de la réserve où l’on s’enregistre et paie 11s/p. Cette première portion se fait sur la route, quelques camions passent à vive allure mais s’écartent suffisamment.
Le décor est désertique, on observe de belles formes et couleurs ocres autour de nous. On se croirait de retour dans les paysages de la Puna.


On rejoint le centre d’interprétation qui est inclus dans le billet et fournit quelques informations sur la réserve et la faune/flore qu’elle abrite. C’est un arrêt intéressant, qui plus est gratuit. On parcourt également le court sentier derrière le centre qui se rapproche de la plage et permet d’observer quelques flamants roses épars au loin. En revanche, le musée est payant (7,5s ?).

Peu après, on quitte la route principale pour traverser la péninsule et rallier l’autre côte où se situent les principaux points d’intérêt. On a le choix entre la route et une piste qui la suit, dédiée aux vélos. A nouveau, on observe d’immenses plaines désertiques.

On parvient à la Playa Roja, la plus connue, pour son sable ocre qui offre un contraste saisissant avec l’océan. Quelques bus touristiques et gangs de buggys commencent à arriver, on ne s’attarde pas, on repassera tout à l’heure pour déjeuner.

Nous prenons la direction ouest pour rejoindre d’autres plages. Au passage, nous marquons un arrêt au minuscule hameau Lagunillas (en soit, un simplement groupement de restaurants) et montons au sympathique mirador.




Après une bonne petite côte, on redescend aux plages Mina et El Raspon, de belles petites criques semble-t-il assez délaissées des tours.



On fait demi-tour, il faut remonter la côte pour redescendre à la Playa Roja. On se pose au bord pour le casse-croûte. C’est assez venteux mais la plage est quand même magnifique.



On remonte désormais la plage, observant de belles falaises, avant d’entamer une nouvelle grimpette jusqu’au mirador de l’isthme. Là-haut on profite de superbes vues sur les 2 côtés de la presqu’île.






On arrive ensuite à la playa Yumaque, une vaste plage battue par les vents.


On parvient au dernier mirador, celui d’une arche (La Catedral) qui s’est malheureusement écroulée il y a quelques années lors d’un séisme.


On quitte désormais la route et les touristes pour une piste qui longe la côte jusqu’à des salines, quelques kilomètres plus au sud. Il faut tâtonner un peu, sur plusieurs traces sableuses, mais on parvient à rouler sans problème, avec de magnifiques vues sur cette côte sauvage.



On cherche la fameuse laguna Rosada dont on avait vu une photo ultra-saturée sur les panneaux des agences. A vrai dire on ne sait pas trop ce qu’on cherche, ni où. On arrive à un premier lagon bleu, dont on imagine de légères teintes rosâtres. On est un peu déçu, on s’est encore fait avoir ! Finalement, en continuant quelques centaines de mètres plus loin, on découvre le lieu : un pont de terre coupe la saline en 2, permettant d’observer 2 colorations bien distinctes de chaque côté.

Pour le coup, la lagune de gauche offre de belles nuances de rose ! On n’est jamais aussi charmé que lorsqu’on ne s’y attend pas.

Pour le retour à Paracas, on décide de prendre la route, ce sera plus rapide. John propose de suivre un mini-sillon de motocross qui semble couper au travers avant de disparaître au milieu des dunes. Comme un sentiment de déjà-vu…

Il ne reste plus qu’à rentrer ! La route est vraiment, vraiment pourrie pendant une dizaine de kilomètres. John jongle régulièrement entre le gruyère qui sert de chaussée et la piste de vélo tôle éclatée.


Prix : 11s/p (entrée) + 20s/p (location)
Iles Ballestas
Incluse dans la réserve, les petites îles Ballestas sont un haut lieu de rencontre pour oiseaux marins, otaries, manchots de Humbolt… ce qui leur a valu le surnom de « Galapagos du pauvre », au même titre que l’Isla de la Plata en Equateur. Il faut prendre une excursion en bateau (autour de 60s), et les personnes combinent souvent avec une demi-journée sur la réserve terrestre.
Pour notre part, nous avons prévu le voyage aux Galapagos d’ici quelques mois, aucun intérêt de payer l’excursion dont les retours sont assez mitigés.
Lors du tour de bateau, on peut apercevoir un candélabre tracé dans le sable, à la manière des Nazcas.
Bilan
On a beaucoup apprécié notre passage par Paracas. Déjà, revoir la mer ! Cela faisait un bail depuis… la Patagonie argentine et Cabo Virgenes !
Ensuite, on a trouvé la réserve magnifique. Si on ne s’attardera pas des jours sur place, c’est un arrêt indispensable sur la route de Cusco ou d’Arequipa, qu’on peut combiner avec les dunes de Huacachina.
Lima
On ne trépigne pas forcément à l’idée de rejoindre Lima alors autant que ce soit dans un quartier tranquille. On réserve une charmante petite auberge dans une belle zone calme et fleurie du quartier Miraflores mais lorsqu’on arrive, il ne semble pas retrouver notre nom. Camille s’est trompée de mois ! Malheureusement il n’y a plus aucun lit dispo pour ce soir, on doit vite trouver une solution de secours…
On finit à l’hostel Rivendell. Le quartier n’a aucun charme mais il y a des commerces à proximité et à pied nous ne sommes pas si loin du cœur de Miraflores. C’est en dortoir de 6, avec cuisine et terrasse, et le petit-déjeuner (2 œufs à cuisiner soi-même, pain et boissons chaudes) est inclus. Très correct rapport qualité-prix.
La ville
Pour le premier jour, on part arpenter le centre historique, aisément joignable via les grandes lignes de bus métropolitain. C’est relativement safe, économique et plutôt rapide, les bus ayant leur propre voie pour circuler. La carte coûte 5s, elle s’achète directement aux guichets, et chaque trajet coûte 2,5s.
On a coché quelques points d’intérêt sur la carte, l’idée c’est de marcher entre chacun de ces points et de se laisser porter, en passant par les différents parcs. On grignote quelques picarones en chemin, des beignets de courge/patate douce accompagnés d’une sauce très sucrée.






A midi on fait un tour au marché, c’est l’occasion de profiter d’une causa et d’un ceviche. Camille tente également un jus de lucuma, mais à l’eau, c’est un petit peu écœurant sur la longueur.
Passage par le Chinatown de Lima. Alors c’est joli, bien décoré, mais absolument pas authentique. Il vaut mieux poursuivre un peu plus loin dans les marchés de rue.


On poursuit vers la place centrale, observant plusieurs grands et vieux bâtiments historiques. Et on tombe sur les célèbres churros San Francisco. Pour 3,5s, on reçoit un long beignet fourré de manjar, chocolat ou crème pâtissière. John en reprend un par gourmandise, et se plaindre ensuite d’avoir trop mangé.


Le deuxième jour, on fait un tour aux quartier Miraflores et Barranco. On part à pied de l’hôtel, avec l’idée de traverser Miraflores et de rejoindre le Malecon (bord de mer). On traverse le parc Kennedy, ou parc des chats. C’est amusant, le parc semble aménagé pour accueillir les chats errants, avec de petits paniers et des gamelles de croquettes.
On croise quelques beaux cafés et jolis restaurants et on atteint le malecon, qui est bien surélevé par rapport à l’océan. C’est dommage, en bas il y a le périphérique qui passe, disons que ça désengorge la ville au risque de gâcher le paysage.

On parvient au parc del Amor, avec quelques mosaïques et pas mal de touristes.



Puis on rejoint le quartier Barranco, réputé comme le quartier bohème de Lima. En général, ça rime avec street-art et restos bobos. On se balade un peu dans les rues mais sans grande conviction.



Le soir on décide de tenter un restaurant de sushis. Alors on aime bien les sushis, sans forcément en raffoler comme certains. On trouve ça relativement onéreux en France, et rarement de grande qualité. Si en plus on ajoute le bilan carbone du saumon et avocat qui les accompagnent… C’est déjà plus propice ici, dans le pays de l’avocat et en bord de mer. D’ailleurs, la gastronomie péruvienne, reconnue à travers le monde, est très influencée par la cuisine asiatique. Si les chifas en sont un exemple populaire, on parle ici de cuisine nikkei pour qualifier la fusion entre les 2 cultures.
Une bonne manière de le découvrir, relativement accessible, c’est par le biais d’un restaurant à sushi. On cherche brièvement une adresse autour et on finit à Yume. Pour 100s, on peut choisir 5 pièces (makis) de 4 recettes différentes. Modestes amateurs de sushis/makis, ce sont certainement les meilleurs qu’on ait mangés. Fromage frais flambé, sauce huitres, sauce maracuya, morceaux de crevettes panées épicées… C’est une belle revisite et d’intéressants mélanges de textures et saveurs.
Les makis sont accompagnés de riz frit (yakimeshi) et 2 tacos katsuo, à nouveau un exemple de fusion culinaire avec un taco croustillant garni de thon et relevé par de curieux assaisonnements.



Bilan
S’il est toujours intéressant de visiter la capitale d’un pays, haut lieu d’histoire, Lima n’est certainement pas celle qu’on gardera le plus en mémoire. Bien sûr, la ville offre son lot de bâtiments historiques, beaux quartiers et une abondance d’excellents restaurants. Néanmoins la grisaille qui règne en période sèche et le tumulte permanent des grandes urbanisations ne nous auront guère laissé ressentir le charme que certains lui attribuent. On recommandera d’y passer plus que brièvement.

