Forcément un moment attendu, le retour à Cuenca, la plus belle ville du pays. Nous la connaissons tous deux, John y a vécu il y a quelques années et Camille l’a également visitée lors de son premier voyage en Équateur.
Ville de Cuenca
On a beau en avoir parcouru des villes en Amérique du Sud, chaque fois que l’on remet les pieds à Cuenca, c’est toujours avec le même plaisir.
Pour nous, tout en essayant de rester objectif, c’est sans aucun doute l’une des plus belles villes du continent. Son grand centre-ville, sa belle architecture, sa magnifique cathédrale, tous les patios et maisons coloniales… Comment ne pas tomber sous le charme ?


Cuenca, de son vrai nom Santa Ana de los 4 rios, est la troisième plus grande ville du pays, après Quito et Guayaquil. Historiquement, c’est le peuple Cañari qui l’a fondée avant qu’elle ne tombe sous le joug des incas et devienne leur seconde capitale après Cusco.
Il y a beaucoup, beaucoup de choses à voir à Cuenca. On aura rarement pris autant de plaisir à errer dans une ville, cherchant les multiples places et leurs belles églises (on a l’habitude de dire qu’il y en a suffisamment pour qu’on en visite une différente chaque semaine pendant une année !), se promenant au bord du rio Tomebamba…


Comme ailleurs, des walking tours existent dont certains en français, recommandés dans les groupes. Comme tout se fait à pied, c’est un bon moyen d’explorer la ville. Flâner est la meilleure chose à faire ici ! Nous on a de la chance, John se mue une nouvelle fois en guide privé.
Entre autres :
- Long du rio Tomebamba : il y a 4 grands rios à Cuenca, mais le plus connu est le Tomebamba, qui sépare la vieille ville (centre) et la nouvelle, dont le beau colegio Benigno Malo. Une belle petite promenade suit le rio depuis l’avenue 3 de Noviembre jusqu’au pont de Todos Santos. On peut se poser dans l’herbe au bord du rio ou trouver quelques bars/restaurants.


- Calle Larga : comme son nom l’indique, c’est une longue rue au-dessus du rio Tomebamba qui s’étend depuis le Mercado 10 de Agosto jusqu’au musée Pumapungo. On y trouve moult restaurants, bars, belles propriétés qui donnent sur le rio, musées… Ce n’est pas la rue la plus calme, il y a toujours du passage.
- Plaza San Sebastian : une jolie petite place à l’écart du centre avec la belle église blanche San Francisco, le musée des beaux-arts (gratuit) et plusieurs jolis restaurants/bars. En soirée, les gens s’y retrouvent parfois pour un cours de zumba en plein air.



- Parque Calderon et cathédrale de l’Immaculée Conception : un beau parc ombragé, toujours blindé, et cerclé de magnifiques bâtiments dont, bien sûr, cette cathédrale sublime. Si l’intérieur est plus simple, en revanche ses pierres ocres et dômes bleus contrastent avec le ciel des mauvais jours. Pour 2,25$/p, on peut monter en haut (depuis la calle Santa Ana) et profiter de jolies vues sur la ville. Pour l’anecdote les tours de la cathédrale n’ont jamais été terminées suite à une erreur de calcul !
On peut aussi visiter l’ancienne cathédrale en face (payant) ou encore la belle cour de Justice dans le coin à sa droite (gratuit).





- Patio et plaza de los Geranios Colgantes : à côté de la cathédrale, on découvre un grand et magnifique patio, qui offre de belles vues sur la cathédrale. Il y a 2 parties, une qui donne sur un petit jardin discret, et une autre avec plusieurs restaurants chics dont le Bistro, tenu par Thomas, un français.


- Marché aux fleurs : sur la place San Francisco, à côté de la cathédrale, on trouve un beau marché aux fleurs, où on passera humer les délicats parfums.



- Centre municipal d’artisanat : face à la plaza San Francisco, dans la rue General Torres, qui d’ailleurs offre de belles vues, notamment de nuit, sur la cathédrale, on trouve un patio d’artisanat. Bijoux, chapeaux, bois, tissus… toutes les boutiques ont une spécialité et l’artisanat est de très bonne qualité.

- Musée du sombrero (paja toquilla) : autrefois gratuite, l’entrée est désormais à 1$ mais inclut le guide. On nous explique le process de fabrication : récolte, moulage, finitions… On découvre les vieilles machines utilisées à l’époque et les différentes qualités produites. A partir d’une trentaine de dollars, le prix peut grimper jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars !
Après la visite, on est libre de parcourir la boutique et d’observer les différentes qualités existantes, entre les chapeaux standards, les fins, les extra-fins… Évidemment plus la paille est fine plus le temps et le travail nécessaire sont conséquents, de quelques jours à plusieurs mois.
Pour l’anecdote, les chapeaux étaient utilisés par les ouvriers à l’époque de la construction du canal de Panama. C’est ainsi que le nom fut associé au chapeau.




- Mercado 10 de Agosto : ce ne sont pas les marchés qui manquent ici, mais le 10 fait toujours figure d’incontournable. Sa grande fresque murale, ses beaux étals de fruits, son irrespirable coin boucherie, et à l’étage, les coins jus de fruits, cafés, hornado, poisson… Un voyage haut en couleurs (et en odeurs) !


- Musée Pumapungo : un musée gratuit très intéressant (et très ludique) sur les différents peuples indigènes d’Équateur, il y a beaucoup d’objets et tissus exposés, et même des têtes réduites ! Au premier étage, il y a parfois des expositions, ainsi qu’une grande salle avec divers objets retrouvés dans les environs, issus de la période pré-inca.
A l’extérieur, on découvre quelques ruines, certes infimes, mais un des rares vestiges de la civilisation Cañari (avant que les Incas ne passent par là).







- Musée de la monnaie : situé juste à côté du Pumpungo, également gratuit, il retrace l’histoire de la banque centrale et expose de nombreux billets/pièces de l’ancienne monnaie : le sucre.

- Maisons coloniales : bâtiment publique, restaurant, hôtel, résidence privée… A la moindre porte ouverte, faites quelques pas en avant pour découvrir les magnifiques patios des anciennes maisons coloniales !



Hôtels / Restaurants
Curieusement, pas beaucoup de recommandations !
Côté logement, nous avons pris un joli Airbnb, fonctionnel, à quelques rues du parc Calderon, avant d’être hébergé par des amis locaux.
Populaire, gastro, italien, français, asiatique… Cuenca abonde tellement de restaurants de tout standing, on ne saurait en ressortir qu’un ou deux, d’autant que cette fois nous avons profité d’avoir un logement pour se cuisiner de bons petits plats (crêpes salées, fajitas…).
On se contentera de nombreux stops au marché pour déguster un tamal ou un jus de fruits, et de petits cafés, en testant pour la première fois Dos Chorreras, une jolie chocolaterie hors de prix, avec beaucoup de décorations (notamment à l’approche des fêtes…) et curieusement… toujours blindée.



Parque national El Cajas
Artisanat
On décide de faire un tour dans les petits villages à l’est de Cuenca, reconnus pour leur artisanat. On choisit le dimanche, jour de marché, en pensant que peut-être il y aura davantage de vendeurs, comme à Otavalo. En réalité, si les marchés couverts sont plus animés, bon nombre de magasins ou coopératives sont fermés.
On s’arrête d’abord à Sigsig, connu pour ses chapeaux Panama, les mêmes qu’on peut observer au musée. On descend depuis le village à l’association des Toquilleras María Auxiliadora où une dame nous ouvre les portes de la boutique. Malheureusement le week-end le centre ne fonctionne pas et on ne peut pas observer le processus de fabrication. La boutique est déjà très sympa, on peut voir de nombreux produits et une belle diversité de chapeaux, à des prix sans doute plus bas qu’ailleurs. On repartira simplement avec une petite boite tressée, faute de place.


Dans le village, on peut trouver 1 ou 2 autres places qui produisent et vendent des chapeaux. On se rend à La Sigseñita Sombrereria où encore une fois on observe de beaux produits. Ils semblent également réparer les chapeaux des locaux puisqu’on trouve une grande pile de chapeaux usés avec le nom de leur propriétaire.


On reprend le bus depuis le terminal et on s’arrête cette fois à Chordeleg, célèbre pour son orfèvrerie et notamment l’argent. Et c’est avec surprise qu’on découvre 10, 15, 20… bijouteries de partout ! Autour de la place, 3 magasins sur 4 sont certainement des bijouteries. Alors il y a de tout, plus ou moins chic, plus ou moins vieillot… à des prix très attractifs. Camille repartira avec une bague en argent pour seulement quelques dollars.


On reprend une nouvelle fois le bus pour la ville de Gualaceo un peu plus loin, le berceau du fameux hornado, un plat emblématique de la région, avec un cochon longuement (au moins toute une nuit) cuit à la broche. Au marché, c’est l’effervescence ! Entre les cuys (cochons d’Inde) qui grillent au barbecue à l’extérieur et la bonne trentaine de cochons grillés disposés de part et d’autre… C’est un lieu populaire très prisé des locaux. On se prête au jeu et on goûte les morceaux de cochon qui nous sont tendus aux différents stands. Ils sont plus ou moins cuits, fondants, gras, secs… Et le but est de trouver celui qui nous sied le mieux. On finit par s’arrêter à un stand et on prend 2 PETITES assiettes (3$/p) qui se révéleront énormes ! Le cochon vient accompagné de mote, de gros grains de maïs (assez fades), de llapingachos (galettes de pommes de terres), et crudités…



Histoire de réussir à digérer, on fait une petite balade sur la jolie promenade du rio puis on marche au terminal pour prendre le bus retour à Cuenca !
Trajets :
- Cuenca – Sigsig : 2,2$/p
- Sigsig – Chordeleg : 1,15$/p
- Choreleg – Gualaceo : 0,5$/p
- Gualaceo – Cuenca : 1,30$/p
Ingapirca
Les ruines d’Ingapirca représentent le site archéologique le plus grand et mieux conservé du pays. Pour autant, il ne faut pas s’attendre au Machu Pichu !
En soit les ruines n’appartiennent même pas à la région Azuay (mais à Cañar) bien que les gens les visitent généralement à la journée depuis Cuenca.
Du terminal, il semble qu’il y ait parfois des bus directs, sans doute le week-end. Sinon il faut prendre le bus à Cañar (ou n’importe quel bus qui remonte la Panam, incluant les bus à Guayaquil qui ne passent pas par El Cajas, environ 2,6$/p) puis enchaîner avec un bus local au village d’Ingapirca (1$/p).
L’entrée est avec guide et coûte 2$. Le site est ferme le lundi et le mardi, et il vaut mieux réserver. Pour notre part nous sommes arrivés dans la matinée (en semaine) mais les créneaux suivants étaient déjà full et nous avons dû attendre 13h pour la visite. A cette heure, la météo a souvent tourné…

Ce sont d’anciennes ruines de la civilisation Canari qui ont ensuite été reprises par les Incas. La guide décrit les différents sites : terrasses agricoles, ateliers, canaux, temple… On commence à bien connaître. D’ailleurs il ne reste finalement plus grand chose de ce qu’avaient initialement construit les Canari.


Bien sûr, le plus intéressant reste le temple du soleil, un bel édifice au milieu du site qui illustre toujours les articles sur le lieu. On retrouve les tailles, formes et agencement de pierres si reconnaissables du peuple Inca.





Après la visite on peut compléter avec la boucle Cara del Inca depuis la sortie. C’est un sentier qui descend vers la rivière et permet notamment d’observer une formation rocheuse qui évoque la figure d’un indigène ainsi que 2-3 sculptures/formes géologiques sans grand intérêt.


Entrée guidée, 2$
Entrée avec guide privé 5$
Baños de Cuenca
A ne pas confondre avec Baños de Agua Santa (Ambato), Baños de Cuenca est situé au sud-ouest de la ville. On peut s’y rendre en taxi ou tout simplement en transports en commun (voir sur Moovit selon le lieu de départ). Il tient également son nom des nombreux établissements thermaux, de tout standing, qui y sont établis.
Si Piedra de Agua est le plus chic (et le plus cher), quand les Balnearios Duran sont les plus abordables et populaires, nous choisissons finalement l’établissement Novaqua, qui nous semble un bon compromis. Plusieurs forfait existent et on choisit celui à 25$/p, qui donne accès (illimité) à plusieurs services, que ce soit la piscine thermale extérieure, les bains de contraste (bains d’eau très chaude et bains d’eau, à l’inverse, glaciales !), sauna, hammam, les curieux baños de Cajón (enfermé dans une cabine de bois chauffée, avec la tête en dehors) ou encore la grotte de boue.




Bilan
Cuenca, pourtant omis parfois des plans des voyageurs (trop au sud), est un incontournable. C’est une ville magnifique, tranquille, qui offre une multitude d’activités, que ce soit flâner et profiter des bons cafés/restaurants, se relaxer aux thermes, explorer les villages, ruines ou cascades dans les environs, et bien sûr se mouiller un peu au parc El Cajas.

