On quitte nos montagnes mais ce n’est qu’un au revoir, on reviendra bientôt. Après de longues semaines en haute altitude, on a hâte de retrouver des températures plus clémentes. Depuis la Cordillère Royale, on trace sur la route nationale en direction de Patacamaya puis Cochabamba et enfin Santa Cruz, en direction du Paraguay. Dernier arrêt avant de quitter le pays à Samaipata, un petit village aux allures hippies et aux luxuriants environs.
Village de Samaipata
La route entre Cochabamba et Samaipata est en super état, très jolie par moments, même si côté météo on essuie les 4 saisons en une journée. Au vu de la végétation à certains endroits, la zone doit être marqué par bon nombre de microclimats. Surprise lorsque l’on s’arrête dans une station-service, il y a de l’essence et personne ne fait la queue. C’est la première fois depuis notre arrivée en Bolivie que nous ne sommes pas confrontés à une pénurie d’essence. Il semble que ce soit le cas dans toute la région, étonnant quand on sait que d’ordinaire c’est celle de Santa Cruz qui est la plus durement touchée par la crise du carburant !

Le «sachiez-vous» ?
De nombreux véhicules, à travers le pays, mais d’autant plus en descendant vers l’Amazonie, ne disposent pas de plaques d’immatriculation. Ce sont des chutos, des véhicules vendus au noir, sans papiers et donc sans impôts. Evo Morales, l’ancien président bolivien, a permis la régularisation de ces véhicules illégaux.
La contrepartie c’est qu’ils ne peuvent pas circuler dans les grandes agglomérations et doivent se rendre à la station-service avec un bidon car les stations ne sont pas autorisées à remplir un véhicule sans plaque.
On arrive à Samaipata en fin de journée et on découvre notre spot de bivouac pour les prochains jours en bordure du stade municipal. Il y a beaucoup de passage et de bruit mais on ne semble déranger personne. D’ailleurs il y a 2 autres véhicules déjà bien installés, un 4×4 français et un mastodonte australien également occupé par des français !
Boire/manger
Samaipata est un village assez touristique avec une grosse offre d’hébergements, restaurants, cafés… Ça nous fait un peu penser à Vilcabamba en Equateur, tant en termes d’ambiance que de paysages. Il y a ce petit côté bohème, pas dérangeant.
On prendra le petit-déjeuner plusieurs fois au marché : empanadas de queso, tucumanas et fritures diverses… 30bs pour 2 personnes avec un café et un encas pour le midi, on est clairement sur du bon marché.

On découvre le cocktail phare du pays, le chuflay, en happy hour au bar La Bohème (18bs le cocktail de 5 à 7h), belle petite terrasse sur le toit. On profite d’une boisson chaude à La Tipa et surtout on se laisse aller à la pizzeria Bumerang. Le jardin intérieur est super, les pizzas très bonnes et les prix parmi les plus abordables du voyage (60/70bs). On prend même une bouteille de vin de Tarija (30bs !) et on profite d’un tiramisu maison en dessert (15bs), on recommande chaudement.


Parc Amboro
8km, 400D+
5h
Pour une fois on décide de faire simple et plus conventionnel en prenant un tour pour accéder au parc national Amboro et à la fameuse randonnée des fougères géantes : les hellechos gigantes. Le chemin qui mène au parc n’a pas très bonne réputation et en ces temps humides, on préfère limiter les risques. De plus on a lu qu’un guide était obligatoire, difficile de trouver la véritable info mais si c’est pour être refoulés à l’entrée…
On jette notre dévolu sur le propriétaire de l’hôtel Vivero Sarita, Nain, dont on a vu de bons avis, il parle un anglais parfait après avoir longtemps vécu aux États-Unis et c’est un sacré personnage ! On a prévu le coup et formé un petit groupe avec d’autres françaises et une suissesse afin de réduire les coûts : 120bs/p à partir de 4.

Départ en fourgonnette 4×4, on se serre un peu derrière dans la remorque et c’est parti pour une petite heure de route plutôt sportive. On grimpe pas mal et on perd en température, attention à prévoir des habits chauds ! La piste est dans un état parfois discutable, il vaut mieux que la météo soit au rendez-vous, d’ailleurs la visite est généralement annulée en cas de mauvais temps, la route devenant impraticable pour tout véhicule.



La star de la rando c’est la fougère géante. On nous explique que c’est une espèce endémique qui doit son salut à la protection offerte par les montagnes. Les fougères sont immenses, de véritables arbres avec un tronc à la base.






Le sol est particulièrement boueux, Camille pleure encore ses chaussures de trail, jadis immaculées, et on assiste inévitablement à quelques gamelles. Nain nous présente quelques plantes comestibles et nous conduit jusqu’à un mirador au sommet mais le temps n’est pas au rendez-vous. Il nous offre quelques saltenas pour le déjeuner, accueillies avec grand plaisir, et on entame le retour.


La randonnée dure 5h. Elle ne présente aucune difficulté et pourrait tout à fait être réalisée sans guide (si tant est que ce soit possible…) avec une carte hors-ligne. Rien de mirobolant mais on a apprécié déambuler dans cette végétation luxuriante et on recommande chaudement notre guide.
Prix : 120bs/p
Refugio de los colibries
Dans leur jardin, ce couple a introduit pendant 15 ans de nombreuses espèces végétales prisées par les différentes variétés de colibris. Sur l’année, près de 22 espèces peuvent être observées selon les saisons et les floraisons. Il vaut mieux ne pas venir en hiver où les oiseaux doivent être rares, ils sont sans doute bien plus présents pendant la saison humide. On arrive un peu entre les 2 et on n’observera que quelques espèces.



Les colibris sont plutôt actifs en début de matinée ou en fin de journée alors on vient pour 15h30. Malheureusement aucun propriétaire sur les lieux et on devra attendre 17h pour entrer. Le prix est quand même de 35bs, on nous fournit quelques explications et puis on peut librement errer dans le jardin et s’asseoir pour les observer. Plusieurs miradors sont aménagés à cet effet. On est un peu déçu, on pensait profiter de quelques heures à se balader dans les allées fleuries mais on ne disposera finalement que d’une mince heure avant que le soleil ne se couche et qu’ils disparaissent. On recommandera de plutôt venir en début de journée pour en profiter pleinement !
Le refuge est présent au début de la route qui mène au fort de Samaipata. On peut venir à pied mais ce sont 4km à parcourir en bord de route (une petite heure), pas ce qu’il y a de plus agréable. Sinon des motos-taxis peuvent vous conduire pour une bouchée de pain.


Prix : 35bs/p
Codo de Los Andes
Durée : 4-5h
Aujourd’hui, on se rend en taxi au départ de la randonnée Codo de los Andes. Le taxi qu’on partage avec les filles est dans un état… discutable. On se demande bien comment il roule encore ! Mais bon, il roule, et il le faut car la piste qui mène au départ est quand même sacrément pentue, notre titine aurait fait la grimace.
On règle la taxe d’entrée (15bs) et on s’élance sur le sentier. Les vues sont déjà splendides sur ces collines verdoyantes. La première partie est un peu pentue, on grimpe sur la crête et on profite des plus belles vues de la région.





Ces formes sont superbes, comme des montagne sculptées, elles font penser à John aux paysages de Vilcabamba en Équateur, qui jouissent d’ailleurs d’un climat similaire.

A partir de là, ce n’est quasiment plus que de la descente. On plonge dans le canyon que l’on suivra jusqu’à Cuevas, le village où se termine le sentier. Celui-ci est plutôt roulant et traverse à quelques reprises la rivière.

Le biotope change radicalement, on croise tout un tas de plantes, fleurs et papillons.






On arrive enfin à la première cascade qui surmonte un petit lagon. Pique-nique et petite baignade rafraîchissante pour certains, la plage serait paradisiaque sans les insectes qui se délectent de nos cuisses. On poursuit avec les 2 petites cascades suivantes, tout aussi agréable.


A l’arrivée, on semble traverser une propriété privée avec de grandes maisons, un jardin entretenu, même quelques jardiniers qui ne se soucient pas de notre présence. Le portail qui donne sur la route est fermé et il nous faut escalader le grillage sur la droite pour ressortir, c’est un peu casse-gueule. Heureusement on s’en sort et le taxi, du moins la carcasse avec écrit « taxi », nous attend à l’heure prévue.
Prix : 15bs/p + taxi (200bs à 4)
Santa Cruz
On ne s’éternise pas à Santa Cruz dont on n’a pas forcément entendu beaucoup de bien. Petit arrêt pour les courses, un autre pour l’essence et on fait tout de même un tour aux cabanes du Rio Piral. C’est un coin très touristique, notamment pour les boliviens.
On se croirait dans les îles, en bord de mer. La route est bordée de nombreuses cabanes plus ou moins populaires où l’on peut déguster grillades et autres mets locaux. On se fait de suite aborder par les rabatteurs mais on préfère continuer et au pire faire demi-tour, les premiers restaurants sont vides, ce n’est jamais bon signe !
Finalement on s’arrête plus loin dans un restaurant bondé. On commande 2 sopas de mani, nos dernières avant de quitter le pays, et un plat de grillades énorme qui nous fera également le dîner. Cela doit être bien animé les week-ends.



Bilan
On aura passé 3 agréables journées aux alentours de Samaipata. Les températures clémentes, l’ambiance agréable du village, les points d’intérêts dans les alentours, c’était exactement ce dont on avait besoin après la rudesse de l’altiplano. Si on ne recommandera pas forcément le détour uniquement pour cela, c’est un bon arrêt sur la route de Santa Cruz où la plupart des gens arrivent ou repartent de Bolivie (aéroport international).
