6 mois après notre première incursion en Argentine, en Terre de Feu, nous quittons cet immense pays des souvenirs pleins les yeux. Direction la ville de San Pedro de Atacama pour dire adieu cette fois au premier pays du voyage, le Chili, et refermer ainsi la première page de notre aventure.
On entre par le paso Jama, le plus septentrional entre les 2 pays. Il était fermé depuis quelques jours en raison des climatiques et vient tout juste de ré-ouvrir. Les douaniers nous préviennent que de la neige est présente sur la chaussée, il faudra être prudent, d’autant qu’un vent de folie fait rage depuis plusieurs jours.
Paso Jama
Passage compliqué
D’ailleurs ce passage douanier, comme souvent, s’avère plus compliqué que prévu. Le paso Jama est connu des voyageurs qui achètent leur véhicule au Chili puisque c’est l’un des postes de frontière réputé « infranchissable ». On vous passera le pourquoi du comment, disons que le nord chilien est toujours plus compliqué bureaucratiquement et qu’une loi chilienne, interprétée différemment dans cette partie-là du pays, proscrirait aux étrangers non-résidents de sortir un véhicule national du territoire. Bien des personnes ont dû faire demi-tour après s’être vu refuser la traversée. Comme pour le passage au Pérou depuis Arica, également impossible, d’autres postes-frontières refusent parfois le passage (pas de domicile chilien, pas de déclaration de retour du véhicule au pays, pas de véritable RUT…).
Nous avons déjà croisé un couple qui est parvenu à passer avec un véhicule chilien, mais c’est une exception bien rare. Pour nous, cela ne devrait cependant pas poser de souci dans le sens Argentine > Chili. Comme on dit, revenir n’est jamais un problème mais repartir peut en devenir un. Pourtant, après quelques guichets fructueux (les douanes des 2 pays sont situées au sein du même bâtiment), un douanier nous demande de revenir vers lui. Il nous montre une date sur notre tramite (papier de sortie du territoire) qui correspond à la date avant laquelle nous devions revenir au Chili. On savait bien évidemment que chaque pays nous imposait une date maximum de sortie de territoire, mais on n’avait pas connaissance d’une date de retour !
Nous avons une dizaine de jours de retard et écoperont d’une amende en conséquent. Bizarrement, sur un précédent tramite nous avions obtenu 180 jours, et sur celui-ci seulement 90. Lorsque nous demandons au douanier, il nous avoue que l’interprétation de la loi est très spécifique à chaque poste frontière et signalera l’incohérence au moment de déclarer l’amende, peut-être cela nous permettra-t-il d’y échapper… Lorsqu’il nous confirme que le temps maximal de sortie du territoire est de 6 mois, cela remet en question tous nos projets. Nous n’aurions que ce temps-là pour remonter jusqu’en Colombie alors que nous envisagions bien plus ! Bref, on réfléchira à tout ça plus tard…
Route
Le paso Jama est situé à 4200m d’altitude. Il n’est pas si haut, contrairement à d’autres cols (San Francisco, Aguas Negras), et appartient à la Puna sèche, ce qui fait qu’il reste ouvert toute l’année. Cependant les conditions hivernales peuvent entraîner sa fermeture temporaire. Côté chilien, la route s’élève encore et passe près du paso Hito Cajon avec la Bolivie. Cette portion était partiellement enneigée à notre passage, rendant la progression risquée. D’ailleurs le paso Jama venait tout juste de ré-ouvrir après plusieurs jours de fermeture.
Des 2 côtés, la route est entièrement asphaltée et en plutôt bon état. Il faut néanmoins se méfier des vents puissants et de la montée rapide en altitude à +4700m. Après le paso, on croise plusieurs salars (Quiquiro, Tara…) des lagunes de flamants roses et des volcans qui culminent au-delà des 5000m.







La dernière portion nous voit chuter de 2000m jusqu’aux abords du salar d’Atacama. A l’inverse, la température remonte en flèche ! La descente est particulièrement raide et c’est la première fois qu’on observe des pistes d’arrêt d’urgence disposées tous les quelques kilomètres et signalées par de grands panneaux rouge vif.
Salar de Atacama
Situé autour de 2500m d’altitude, le salar d’Atacama s’étend sur plus de 3000 km2. Il est souvent nommé comme le désert le plus aride au monde. Difficile de nier les infinies richesses qu’il abrite, entre lagunes colorées, formations lunaires et imposants volcans. San Pedro de Atacama s’est imposé comme l’arrêt incontournable du nord Chili, au point que certaines personnes ne font le voyage que pour cette région.
Disneyland
Dans la plupart des pays de la Cordillère, une règle régit le tourisme : « everything is a business ». A San Pedro, parangon de l’attrape-touriste, tout est également un business et de surcroît particulièrement onéreux. Sans enlever à la région son incomparable richesse naturelle, payer 15€ pour une lagune dont aura vu la réplique gratuite dans d’autres régions de la Puna, c’est un coût auquel nous, voyageurs à long terme, ne pouvons nous permettre.
Parmi les lieux réputés, on pense à la laguna Chaxa et ses colonies de flamands (13000 CLP), la vallée de la Lune (15000 CLP), les geysers del Tatio (15000 CLP)… voire même les thermes naturels de Puritama (35000 CLP !!!). Quand on considère le prix de chaque attraction, cela fait vite grimper la note, et encore plus si on inclut des excursions ou la location d’une voiture ! A Atacama, il faudra faire des choix !
John n’est pas un grand fan du village et de la vision du tourisme qu’il véhicule mais ça reste un arrêt incontournable du Chili. On liste les activités possibles et on décide de n’en retenir que quelques-unes qui diffèrent de ce que l’on a pu voir et faire jusqu’ici.
On se referait bien une petite ascension, cela commence à faire quelques temps que nous n’avons pas mouillé le maillot, mais la météo n’est guère au rendez-vous et les options ne nous enthousiasment pas plus que cela. Le cerro Toco, les volcans Lascar ou Sairecabur sont tous 3 accessibles via une piste qui monte assez haut. Ce sont des sommets de moindre altitude (dans les 5000m) qui se grimpent assez aisément avec une bonne acclimatation. Passant près du Toco après le paso Jama, on fait tout de même la demande d’autorisation auprès de l’observatoire auquel appartient la piste mais nous ne recevrons jamais de réponse. Tant pis !
Pour ceux qui envisageraient une première ascension sur l’altiplano avec une agence, on recommandera plutôt la Bolivie qui offre des tarifs nettement plus avantageux pour des sommets plus élevés ou plus techniques.
Restaurants
Si l’histoire de San Pedro a débuté bien avant l’arrivée en masse des touristes, il n’y a en revanche plus grand chose d’authentique. Le village ne vit désormais plus que par le tourisme, avec une offre pléthorique de logements comme de restaurants. On trouve de tout, à tous les prix, bien que plus onéreux que dans le reste du Chili (notamment du nord).
Le midi, on peut aisément trouver des almuerzos autour de 9000 CLP. On en profite pour s’en faire un avec ceviche en entrée, un beau pavé de saumon et même une petite glace en dessert.
Un soir on décide de se faire une pizza. A vrai dire, tous les restos affichent « pizza » sur leur devanture, mais rares sont celles qui en proposent de qualité. Pour le coup on est ravi de celle de El Charrúa. Les prix sont autour de 13000 CLP pour une pizza moyenne, 17000 CLP pour une grande.
Le dernier jour, après s’être fait refouler à la frontière, on fait un tour à la Franchuteria pour se donner du courage, un café français particulièrement populaire (et onéreux). Ils font du pain et de nombreuses viennoiseries ou tartes/pizzas. Plutôt bon à condition de mettre le prix.
Siete lagunas de Baltinache
On est des gens simples, on réfléchit simplement : quitte à payer pour des lagunes, autant payer pour 7 d’un coup ! On jette notre dévolu sur celles de Baltinache, plusieurs bassins d’eau bleu cristallin au milieu du salar. Le prix (12000 CLP) reste décent (après révision de nos standards), on peut se baigner dans l’une des lagunes, quant à la route elle est plutôt bonne et pas trop longue.
D’ailleurs sur la route il est possible de faire un détour au magic bus, un bus abandonné (et probablement plein de tags) au beau milieu du désert. Ça ne nous intéresse pas vraiment alors on ne fait pas le détour. On passe aussi par le mirador Likan Antay en bord de route, point de vue gratuit sur la Vallée de la Lune.

D’ailleurs la route est bonne, les 50 premiers km sont asphaltés et en bon état, seule la dernière partie (12km) est un peu plus discutable, entre tôle ondulée et ripio (cailloux), en tout une bonne heure depuis le village.
A l’arrivée, on se déleste des 12000 CLP/p pour l’entrée, que l’on paie par carte sur une borne électronique comme on commanderait un Big Mac dans n’importe quel Mcdo. San Pedro n’est définitivement pas le fin fond du Chili.
Il existe 2 parkings, au niveau de la première et dernière lagune, reliées par un sentier piéton sur le salar. On se gare au premier puis l’on marche le long des différentes lagunes jusqu’à atteindre celle principale. Les lagunes sont toutes de taille et forme différentes, mais offrent globalement les mêmes couleurs, selon différents angles. Le sentier est parfois un peu éloigné et on ne les distingue pas toutes aussi bien.





Dans la dernière lagune, la plus grande, il est possible de se baigner. Nous observons les groupes guidés qui arrivent avec leur beau peignoir et font trempette quelques minutes. La limite est de 20 minutes, un garde surveille que l’on ne dépasse pas. L’eau semble glaciale, certains n’y tremperont que les pieds.


Ça nous tenterait presque. Allez, pour le principe, on va tenter l’expérience. On retourne à la voiture enfiler nos maillots et on se lance dans l’eau. Elle est froide, mais on a connu pire. Peut-être 10°, difficile à dire. En tout cas, on ne risque pas de les dépasser les 20 minutes.
En raison de la forte concentration en sel, le corps flotte à la surface. C’est amusant, assez déroutant, on ne parvient même pas à nager, le corps restant entièrement en surface. A la sortie, on est couvert de sel, les poils blanchis. Heureusement, une douche (froide) est incluse à l’accueil. 30s, pas une de plus. Une personne surveille, prête à couper l’eau, montre en main !


Pas de regret quant au choix des lagunes de Baltinache. Après tant de temps à arpenter la Puna et ses salars, on ne peut pas dire que ce sont des choses que l’on n’avait jamais vu auparavant, mais les lagunes sont très jolies, le tout dans un bel environnement. Le fait de pouvoir s’y baigner ajoute un côté ludique à l’expérience.
Prix : 12000 CLP/p
Vallée de la lune
Autre activité phare de la région, à 2 pas de San Pedro, on trouve la célèbre Vallée de la Lune. Le coût de l’entrée est de 10800 CLP/p et inclut l’accès au mirador Ckari, pour y observer notamment le coucher de soleil.
On s’y rend aux alentours de 15h, dans l’optique d’enchaîner avec le coucher de soleil depuis le mirador. Mais en se garant au départ du premier sentier, on constate qu’un pneu est quasiment à plat. Après tant de kilomètres sur des routes éclatées dans la Puna, voilà qu’on crève sur la première route goudronnée, quelle ironie !
Vu l’heure, on préfère retourner à l’accueil demander à reporter le billet pour le lendemain, plutôt que de passer le peu de temps avant la fermeture à changer le pneu. Pas de souci au vu des circonstances, on pourra revenir le lendemain matin. On peut donc changer tranquillement la roue. Surprise, celle de secours est (encore) à plat ! Qui sait depuis quand, heureusement que nous n’avons pas crevé dans la Puna argentine… Allez, un chauffeur de bus nous ramène en ville pour qu’on puisse faire réparer tout ça, et on reviendra en taxi au parking.
Le lendemain matin, nouvelle tentative. On arrive dès l’ouverture, pour 8h00, il n’y a encore personne, nous serons seuls sur la majorité des sentiers.

Le début de la route est déjà splendide, entre roches et dunes de sable.


On fait les sentiers dans l’ordre de la route avec d’abord ceux de la Duna Mayor (le canyon étant fermé). Il y a 2 possibilité avec un sentier 1 (1h30) et un sentier 2 plus court (1h). Certaines vues sur la vallée sont magnifiques ! On profite des couleurs douces et pastelles du matin sur les formations rocheuses et les belles dunes de sable. On atteint la Duna Mayor, grande dune abritée par les reliefs, qui offre de belles couleurs et formes.



Légèrement plus loin sur la route débute le sentier pour le mirador Achaches, une petite boucle qui offre également son lot de merveilles géologiques.



Au loin, on distingue la piste qui traverse la réserve, une grande ligne droite dans un décor rocheux, désertique, entre sable doré et blancheur du salar. Ça nous rappelle un peu le Désert du Diable près de Tolar Grande en Argentine, bien que les tons étaient plus ocres.



Depuis la route on observe El Anfiteatro, une formation rocheuse érodée qui rappelle un amphithéâtre. Tout autour les paysages sont toujours aussi impressionnants et sont parfois revêtus d’une infime pellicule blanchâtre de sel. D’ailleurs à l’arrêt suivant, on explore les anciennes mines de sel via une petite boucle où historiquement on extrayait (traditionnellement, et en petite quantité) du sel pour la consommation. On croise quelques vieilles ruines et surtout, une cavité creusée où l’on observe de grands cristaux de sel à même les parois.




Dernier stop avant de faire demi-tour, les Tres Marias, une formation rocheuse qui s’apparente à 3 saintes femmes. Pas grand-chose à voir en soit, pourtant le parking est bondé ! A croire que les bus touristiques se contentent uniquement de la route et des arrêts aux miradors, quel dommage.

Allez, on ressort du parc et on se rend au mirador Ckari inclus dans le ticket. On aurait aimé en profiter pour le coucher du soleil mais les évènements en ont décidé autrement… Les vues sur toute la vallée sont superbes, cela complète bien la visite.


Aux portes de San Pedro, la Vallée de la Lune fait un peu office de vitrine et l’on craignait d’être déçu, entre tourisme de masse et paysages communs. En réalité, on a trouvé cela magnifique. Certes, on a déjà entrevu des paysages similaires, mais il y a une vraie diversité (dunes, formations rocheuses, cavités de sel…) réunie au sein d’un même lieu.
Commencer tôt nous a permis d’éviter les foules et de profiter sereinement de la quiétude de ce paysage lunaire. On peut auquel cas choisir de ne faire le mirador qu’en fin de journée, pour le coucher de soleil.
Bien des voyageurs choisissent l’option vélo pour parcourir la vallée. Il n’y a que peu de dénivelé et de distance depuis San Pedro, mais il vaut mieux partir tôt le matin, le soleil est terrible en cours de journée ! D’ailleurs, l’entrée est interdite après 11h pour les vélos.
La dernière entrée possible est à 17h en été, 16h en hiver.
Prix : 10800 CLP/p (adulte)
Calama
Après notre mésaventure de la veille, et avant de traverser le Sud Lipez en Bolivie, on décide de faire un passage logistique à Calama, la grande ville de la région.
Calama a très, très mauvaise réputation. Insécurité, vols, attaques à main armée… Une vraie ville de voyous quand on lit les commentaires, malheureusement assez typique du nord-Chili. Autant dire qu’on ne compte pas s’attarder et que l’un de nous restera systématiquement dans la voiture (on constatera d’ailleurs que les locaux font pareil, un qui garde la voiture pendant que l’autre fait les courses…).
On fait déjà réparer la roue de secours, il semblerait que tout le sable et les cailloux reçus aient fini par avoir raison de l’étanchéité du pneu. Un bon nettoyage et ça devrait faire l’affaire. On enchaîne avec la vidange de l’huile, l’achat de 2 nouveaux pneus, et le plein de bouteilles de gaz. On est prêt !
Geysers del Tatio
Finies les emplettes, on s’échappe vite de Calama à l’est, en direction des Geysers del Tatio. Pour être honnête, c’est un peu cher (et très touristique), d’autant que Camille craint d’être déçue après en avoir vu en Islande, mais on a aussi eu de bons échos, on préfère se faire notre propre avis.
La route est goudronnée sur la majeure partie depuis Calama, on aperçoit de beaux volcans (San Pablo, San Pedro…) au loin. On fait d’ailleurs un petit arrêt dans un charmant village, celui de Chiu-Chiu, où on visite gratuitement une belle église blanche d’adobe, avec semble-t-il une toiture en bois de cactus.


Nous reprenons la route alors que la nuit se profile. On décide de nous rendre directement à l’entrée des geysers. Nous dormirons particulièrement haut (4300m) mais au moins on sera directement sur place pour l’ouverture à 6h du matin.


Alors qu’on s’élève de plus en plus, les vues sont superbes pour le coucher de soleil. Après une portion de piste dans un état tout à fait correct, on arrive enfin à l’entrée du site, et l’on se gare sur le côté pour passer la nuit. Un renard un peu flippant nous tourne autour pendant que l’on prépare à manger, on finira dans la voiture.
Entre le froid et l’altitude, le sommeil va être compliqué. En plus, réveil prévu à 5h30 ! En effet, les geysers sont plus actifs au lever du soleil, raison pour laquelle tout le monde se rend là-bas avant l’aube. D’ailleurs quand le réveil sonne, il y a déjà une grande file de voitures ! Lorsque les portes du site s’ouvrent enfin, on en profite pour nous faufiler entre 2 voitures, après tout on était là les premiers !
Une fois rentrés sur le site, on se gare et on va payer notre ticket d’entrée, précieux sésame pour accéder à la fameuse zone géothermique. Tout cela est bien ficelé. On reprend ensuite la voiture pour se rendre sur l’un des parkings, en l’occurrence le tout premier, proche des geysers majeurs.
On est à 4300m, il fait nuit noire… Alors ça caille, vraiment ! On essaie de se mouvoir constamment en espérant que le soleil fasse vite son apparition. On fait le tour des geysers principaux par la même occasion, qui comportent tous un nom : Llama, Concha, El Assessino…



De l’eau souterraine entre en contact avec de la lave, produisant un choc thermique et l’émanation de vapeurs et gaz à plus de 85°C. Les Geysers del Tatio constituent le 3ème plus grand camp géothermique au monde avec 8% des geysers de la planète, et évidemment le plus haut en altitude.
Bien sûr, pour quelqu’un qui se sera déjà rendu à Yellowstone ou encore en Islande, la déception peut être de mise. Cela dit, le spectacle est tout de même plaisant, les geysers restent impressionnants, entre bouillonnements et colonnes de vapeur. Quelques mètres plus loin, les anciens thermes d’El Tatio sont toujours là mais ne sont malheureusement plus ouverts. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait profiter de sa visite pour se relaxer dans les eaux chaudes. Là tout de suite, on en aurait bien besoin !


Après une bonne heure à déambuler parmi les plus grands geysers, on reprend la voiture pour nous rendre au parking suivant. Cette fois, les geysers (une quarantaine) sont moins impressionnants, d’autant que l’on a passé l’horaire de grande activité, mais ils offrent une riche palette de formes, couleurs et activités.









Avec la lumière du jour, on profite de ce décor formidable. D’ailleurs les tours sont déjà repartis, il ne reste que quelques particuliers, nous permettant de profiter librement des lieux.

Prix : 15000 CLP/p
Thermes
En quittant le site d’El Tatio, on bifurque sur un chemin non loin. Après une descente un peu hasardeuse, on arrive aux thermes naturels del Geyser Blanco. Il y a 2 véhicules, particulier et agence, mais ils sont sur le départ. On descend à une petite rivière au fond d’un canyon. Ses eaux sont chaudes, conséquence du champ géothermique d’El Tatio.



Il n’y a guère de profondeur, on cherche un spot correct pour faire trempette et on s’allonge complètement dans l’eau pour que tout le corps soit bien immergé. Il y a des courants très chauds comme très froids, on tâtonne un peu pour trouver la bonne position ! D’ailleurs le sol est brûlant par moments.


On ne s’éternisera pas des heures mais le lieu est très plaisant et la baignade reste amusante dans une rivière entièrement naturelle. On en profite pour se laver avec de l’eau chaude, il était temps. Nous sommes toujours à plus de 4000m, la petite brise qui règne est glaciale et la sortie de l’eau compliquée.
Prix : Gratuit
Route
La route entre San Pedro et El Tatio n’a pas forcément grande réputation, il y a même certains loueurs qui l’interdiraient. Bon, on en a vu d’autres. Un peu de tôle, quelques cailloux, pas si pire cette piste. En chemin on croise le rio Putana, la Vega autour du village de Machicha, oasis verdoyante abritant une petite lagune normalement pleine de flamants roses. Cette fois, il n’y en aura que 2 !
On marque un stop au canyon du rio Puritama, en aval des thermes éponymes. On se serait bien rendu à ceux-ci, mais le prix exorbitant (35000 CLP !) nous en a vite dissuadé. La rivière qui s’écoule dans le canyon provenant des mêmes sources, elle est plus ou moins tiède selon la distance des thermes. C’est le week-end, on croisera pas mal de locaux en train de se baigner, cachés au milieu des roseaux. La balade est très sympa, on peut remonter le canyon jusqu’aux thermes. On se contentera d’un aller-retour pour notre part, de quelques kilomètres, dans ce canyon ocre où contrastent hauts roseaux et les cactus.


On reprend la route jusqu’au canyon de Guatin et ses innombrables cactus. Encore un arrêt gratuit est une petite balade sympathique le long de la rivière.



Observation des étoiles
Après l’échec au parc national El Leoncito, la faute à un ciel nuageux, on aimerait beaucoup profiter de la réserve de ciel étoilé d’Atacama, l’une des régions ..
Les offres sont légion, il n’y a qu’à se balader dans le centre de San Pedro pour se voir offrir des dizaines de tours. Nous avons entendu parler de SpaceObs, un français expatrié qui posséderait l’un des plus grands télescopes de l’hémisphère sud (point sur lequel il insiste bien tout le temps). La visite coûte 40€ par personne, c’est une somme mine de rien. Elle dure 2h-2h30 et peut se réaliser en français, ce qui est à préciser au moment de la réservation (mieux vaut s’y prendre à l’avance !).

Malheureusement pour nous, ce sera une nouvelle désillusion. Nous recevons un mail d’annulation quelques minutes avant la visite, la météo n’étant pas propice à l’observation des étoiles… Nous avons prévu de partir le lendemain, nous ne pouvons pas reporter sur les prochains jours. Tant pis, ce sera encore pour une prochaine fois !
Site internet : https://www.spaceobs.com/fr
Prix : 40000 CLP/p
Bilan
Si le passage à San Pedro ne fut pas toujours envisagé, nous ne regrettons pas le stop. Malgré son côté attrape-touristes et les tarifs pratiqués sur les différents sites, la beauté de la région est indéniable, entre formations rocheuses, lagunes colorées, et salars. En outre elle nous a permis une petite pause salutaire entre la Puna argentine et notre prochaine destination, le Sud-Lipez bolivien. Tant pis pour le budget !

