Accueil » Argentine » Iguazu, des 2 côtés du miroir

Iguazu, des 2 côtés du miroir

Pour être honnête, Iguazu ne faisait pas du tout partie de nos plans initiaux, un détour bien trop large pour voir « quelques chutes d’eau ». Mais voilà, à force d’en entendre beaucoup de bien et sachant qu’on retournera en Argentine après la Bolivie, ayant hâté le nord pour des raisons météo, germe l’idée d’une boucle passant par le Paraguay puis revenant à Salta depuis Iguazu. Quitte à faire tout ce chemin, autant profiter des richesses du nord Argentine au passage (ce qui se révélera être l’une des meilleures décisions du voyage).

Quant aux chutes, on prévoit de les observer des 2 côtés, Brésil et Argentine, qui offrent des expériences différentes. Si beaucoup nous vantent le côté argentin, on aurait tort de ne pas nous faire notre propre avis.

Foz de Iguazu, Brésil

On se rend au camping Iguassu Eco Hostel (10€ la nuit en van), à 2 pas de l’accueil du parc. Le camping est plutôt sympa, au beau milieu des bois avec les équipements nécessaires. La piscine est glaciale, Camille n’y mettra que les pieds mais John en profite pour se rafraîchir. Néanmoins le calme des lieux est quelque peu mis à mal par le tohu-bohu des hélicoptères qui survolent les chutes, c’est fou ce qu’il y en a !

On réserve en ligne notre créneau pour accéder aux chutes. Le parc ouvre à 9h côté brésilien donc on prend le premier créneau à 8h30. Arrivés sur place, on constate que le parking est payant, 60 reales la journée, soit 10€ ! Si on avait su, on aurait laissé le van au camping et on serait venu à pied, c’est le même prix qu’une nuit pour 2 !

Après 3 tours du parking, on se résigne à se garer, on fera plus attention la prochaine fois. On se dirige vers le centre d’accueil, il y a déjà du monde à cette heure-là, et on embarque dans un bus. Il y a 4 arrêts sur la route, les 2 premiers permettent d’accéder à des sentiers dans la jungle ou des attractions supplémentaires comme un tour en bateau, le 3ème s’arrête au Grand Hôtel (beau bâtiment, rose, de style colonial) et permet de débuter le sentier des cascades et enfin le terminus s’arrête directement au bord de la Garganta del Diablo, les chutes majeures d’Iguazu.

Pour nous ce sera le 3ème stop. On débute le parcours qui suit les chutes d’eau en face, côté argentin. C’est très joli, dans ce décor tropical, les cascades s’étendent à perte de vue.

On aperçoit quelques singes dans un arbre lointain et on découvre nos premiers coatis. Ce sont des mammifères, de la famille des ratons-laveurs, quoique plus élancés avec un fin museau. Clairement, ceux-là ne sont plus sauvages depuis longtemps, ils ne nous remarquent à peine, à 50 sur nos appareils photo.

Tout le parcours est très joli, on ne se lasse pas d’admirer les chutes. Il n’y a pas tant de monde que cela, à priori bien des gens ne se contentent que des miradors à chaque arrêt de bus.

On parvient à la Garganta del Diablo, où des gens enfilent leur poncho pour rester au sec. La plateforme avance au bord des chutes et permet d’entrevoir le cœur de celles-ci, d’en dessous. C’est impressionnant, et particulièrement rafraîchissant, le vent nous humectant au passage. La passerelle est bondée d’instagrammeurs en poncho plastique, on ne s’attarde pas.

Nous nous asseyons sur un banc face aux chutes, sirotant le maté, histoire de se ré-habituer à la culture argentine avant d’y retourner.

Sur le retour, nous marquons un stop pour rejoindre le sentier des bananeiras, bananiers dont on ne verra pas vraiment la couleur, mais c’est un chemin tranquille dans les bois. Ici pas de bruit, pas d’effervescence, nous ne croiserons presque personne. Au bout, on rejoint le fleuve en amont des chutes. Nous nous asseyons quelques minutes, profitant du calme des lieux, et de la myriade de papillons qui virevoussent autour de nous.

Bien sûr, la balade est anecdotique par rapport aux chutes, mais elle permet de découvrir la faune et la flore du parc, et de prolonger un peu la journée. D’ailleurs, on y croisera furtivement quelques animaux : singes, oiseaux, agouti… venus eux aussi profiter de la quiétude des lieux.

Prix : 117R$/p (~19€)
Parking : 60R$
(~10€)

Puerto Iguazu, Argentine

Après un passage de douane express (pour une fois), on se balade brièvement dans Puerto Iguazu, le temps de se rendre au mirador des 3 frontières, qui donne sur le Brésil et le Paraguay, au-dessus du rio Parana.

Les spots de bivouac ne sont pas nombreux dans le coin et ceux autour de la ville sont réputés particulièrement bruyants. Au croisement entre la route 12 et celle (101) pour se rendre au parc, on demande à la police routière si l’on peut passer la nuit à côté de leur bâtiment. Ce n’est pas le plus glamour mais c’est safe et gratuit. On est accueilli chaleureusement par les agents qui nous proposent d’utiliser leurs toilettes et de profiter de leur connexion wifi. Un agent nous invitera même à dormir chez lui, ce que nous déclinerons poliment.

Comme la veille, on arrive au parc national pour l’ouverture, à 8h côté argentin. Idem qu’au Brésil, le parking est encore payant, cette fois ce sont 6000p qui viennent s’ajouter à la note. Au guichet, comme au Perito Moreno il y a quelques mois, on tente notre joker étudiant. Le prix des billets passe de 90 000 à 14 000p pour 2, c’est un premier soulagement.

On décide de se rendre directement à l’attraction phare, la Garganta del Diablo déjà entrevue hier du côté brésilien. On suppose qu’il y aura peu de monde à cette heure-là. Il faut prendre un petit train pour se rendre à la station finale. Pour le premier train un ticket est distribué afin d’organiser les wagons, il y a du monde et on est plutôt à l’étroit. Les trains partent toutes les 30min environ.

A l’arrivée on commence à suivre les passerelles qui mènent aux chutes. Elles traversent le fleuve et plusieurs îlots, permettant d’observer pas mal d’oiseaux en chemin. On guette l’horizon à la recherche de toucans mais en vain pour l’instant. Soudain on aperçoit une grosse tête poilue à la surface, c’est un tapir énorme ! Il semble se laisse volontairement entraîner par le courant, c’est un sacré nageur.

Dans le fleuve d’anciennes passerelles métalliques gisent à l’abandon. On regrette qu’elles n’aient pas été entièrement démantelées, elles sont désormais le repère des vautours, à l’affût d’une proie facile.

Au loin se dévoile la Gargantua, gigantesque cirque d’eau. On l’avait déjà vue la veille mais il faut reconnaître que la vue de ce côté-ci de la frontière, au bord des chutes, est exceptionnelle. On essuie quelques rafales d’eau propulsée par le vent et on assiste au ballet incessant des oiseaux au-dessus des chutes. Quel spectacle !

Le mirador commence à bien se remplir, tous les groupes affluent en même temps, on repart pour la station. Alors qu’on rebrousse chemin, un toucan passe au-dessus de nos têtes ! Puis un deuxième, et un troisième qui se pose à la cime d’un arbre. Il est bien trop loin pour se risquer à une quelconque photo alors on profite de ces quelques instants avant qu’il ne reprenne son envol. Ça y est, premier toucan du voyage dans son environnement naturel, on peut cocher une nouvelle case.

A la station, on découvre les coatis qui inspectent les wagons à la recherche de nourriture oubliée. Ils sont à leur aise, changent de wagons, passent sous nos sièges et redescendent à la cloche de départ.

Arrêt à la station intermédiaire (« Cataratas ») d’où partent les 2 sentiers supérieur et inférieur pour suivre les différentes chutes qu’on observait la veille. Les sentiers sont assez longs, ils forment des boucles de plusieurs kilomètres. On s’arrête en cours de route siroter le maté face au spectacle, où l’on croise de nouveau des coatis particulièrement entreprenants, l’un d’eux saute même sur la jambe d’un passant. Cela explique les énormes « cages » pour manger autour des différents restaurants.

Les 2 circuits supérieur et inférieur offrent des angles différents pour apprécier les chutes. Ils font globalement la même distance et le parc indique environ 2h pour parcourir chacun d’eux.

Cette fois, retour à la station centrale pour le sentier Manuco à travers la jungle. Il fait quand même 3km de long et c’est un aller-retour. On aimerait bien retourner à la Garganta ensuite alors pas de temps à perdre. Le sentier ne présente pas un grand intérêt sinon d’observer faune et flore locales. Il y a sans doute plus d’animaux (hors coatis) sur cette partie du fait de la faible fréquentation, on croisera quelques singes, des agoutis et de magnifiques papillons. A l’arrivée une fine cascade sans prétention.

Vite, on retourne à la station pour prendre un train… Et ce sera le dernier de la journée à 15h30 ! On a réussi notre pari, on rejoint de nouveau la Garganta del Diablo et on profite du spectacle incroyable qui s’offre à nous. Il n’y a quasiment plus personne sur la passerelle, les groupes sont déjà partis, il ne reste que quelques personnes en autonomie.

Prix : 45000p (~40€ à cette période) ou 7000p étudiant
Parking : 6000p
(~5€ à cette période)

Comparatif

Bien des voyageurs choisissent de ne faire que le parc dans le pays où ils voyagent, ou privilégient la partie argentine, réputée plus jolie. A notre sens, ce serait dommage de se restreindre à un seul côté, tant les 2 parcs offrent des vues et expériences bien distinctes.

Bien sûr, cela représente des dépenses supplémentaires (transport, logement, entrée), mais quitte à avoir fait le long trajet (parfois en avion), autant rentabiliser le lieu. La visite peut tout à fait se réaliser en 2 jours successifs.

« Côté Brésil on les voit, côté Argentine on les vit ».

Le côté argentin est le plus plébiscité. Oui, c’est sans doute le plus impressionnant, puisqu’il permet de se retrouver directement dans les chutes. Juste au-dessus pour la Garganta del Diablo, presque dedans, tandis qu’on peut les suivre sur les 2 sentiers supérieur et inférieur. Cependant le côté brésilien permet de les observer d’en face, offrant des vues bien différentes, sur l’ensemble des chutes. Au niveau de la Garganta, on se retrouve en bas, comme plongé littéralement au cœur des chutes.

Si notre préférence va également au côté argentin, on ne regrette pas d’avoir visité les 2 parcs. D’ailleurs, dans le sens Brésil puis Argentine, on va crescendo en terme d’intensité et de proximité, c’est l’ordre qu’on conseillera.

ArgentineBrésil
Plus grand, compter la journée pour la visite
Plus d’animaux
Plus impressionnant
Plus petit, une demi-journée suffit
Moins cher (sauf étudiant)

Bilan

Trop loin, trop cher, nous n’avions jamais envisagé le détour par Iguazu au début du voyage. Pourtant, nous n’avons aucun regret, bien au contraire. Les chutes sont impressionnantes, formidables, certainement parmi les plus belles du monde. Quant au côté Disneyland, les parcs sont suffisamment grands pour pouvoir éviter la cohue et profiter pleinement, à l’exception des spots emblématiques de la Garganta del Diablo auxquels il vaut mieux se rendre dès l’ouverture ou attendre la fin de la journée que les groupes soient partis.

On conseillera grandement de rester au moins 2 jours pour accéder aux 2 côtés argentins et brésiliens qui offrent des expériences différentes mais tout aussi plaisantes.

Avatar de John