Plusieurs mois se sont écoulés depuis notre passage à Salta en mars dernier. En pleine période des pluies, faisant face à des conditions désastreuses (inondations…) nous avions fait le choix de remonter rapidement vers la Bolivie et le salar d’Uyuni pour redescendre ensuite en période hivernale, plus froide et venteuse, mais également plus sèche. Après notre première expédition dans la Puna, nous avions également besoin de quitter quelques temps ces hautes altitudes. Il est grand temps de retrouver l’altiplano argentin !
- Le plan
- Logistique
- Saison
- Récit
- J1 – Parc national Calilegua (600m) => Ruines station de train (3800m)
- J2 – Ruines station de train (3800m) => Salar de Pocitos (3660m)
- J3 – Salar de Pocitos (3660m) => Mina la Casualidad (4200m)
- J4 – Mina la Casualidad (4200m) => Cono de Arita (3600m)
- J5 – Cono de Arita (3600m) => Antofagasta de la Sierra (3300m)
- J6 – Antofagasta de la Sierra (3300m) => Laguna Carachi Pampa (3050m)
- J7 – Laguna Carachi Pampa (3050m) => Laguna Blanca (3200m)
- J8 – Laguna Blanca => Planète Terre
- Option 4×4
- Bilan
Le plan
Outre les boucles nord et sud de Salta, particulièrement touristiques, nous envisageons un road-trip au cœur même de la Puna, dans une zone particulièrement aride et isolée. John travaille depuis des mois sur l’itinéraire afin de déterminer si c’est réalisable avec notre van ou s’il faut envisager la location d’un véhicule tout-terrain, malheureusement les sources d’informations sont rares et les témoignages tout autant.
La qualité des pistes dans cette région est très variable : asphalte pourri, tôle, caillasse, tas de sable… Elle change régulièrement en fonction des saisons et de l’exploitation des mines.
En suivant la météo, on se rend compte de l’arrivée d’une vague de froid générale. Les températures annoncées là-haut chuteront à -20°C d’ici 2 semaines, précipitant ainsi nos plans. Nous ne sommes clairement pas préparés à de telles conditions. On décide de reporter les boucles classiques de Salta à plus tard et on fonce vers les hauts plateaux avant qu’il ne soit définitivement trop tard.
Pour l’itinéraire, on prévoyait initialement d’y aller en douceur et de commencer par le sud pour une acclimatation progressive. Au lieu de ça, on passera en quelques heures de la jungle des Yungas (600m) aux abords de San Antonio de Los Cobres, à près de 3800m !
Allez, c’est parti !
Logistique
Évidemment, il s’agit de prendre suffisamment de nourriture pour la durée du road-trip, et même un peu plus au cas où. Après SA de Los Cobres, il ne faut guère espérer trouver mieux qu’un peu de pain et des denrées basiques à prix d’or. Une fois à Antofagasta, on trouvera de tout mais bien plus cher qu’ailleurs.
Côté eau, il est possible de recharger dans les villages (potable) : SA de Los Cobres, Tolar Grande, Antofalla, Antofagasta, El Penon
En dehors, difficile de trouver de l’eau. Il existe des sources (à filtrer) à La Casualidad ou de rares vegas (oasis) comme sur la route entre Antofalla et Antofagasta. Attention, l’eau dans la Puna est parfois chargée en métaux lourds (mines) ou en arsenic et autres joyeusetés (volcans). Il vaut mieux se renseigner au préalable. Éviter également l’eau des lagunes, souvent salée, bien qu’elle puisse parfois convenir pour cuisiner.
Côté essence entre Salta et Hualfin (voire El Eje), on trouvera une mini station à SA de Los Cobres (mais une station YPF est en cours de construction), dernière ville à proposer des prix décents. La station suivante se trouve à Antofagasta de la Sierra. Il y en a d’ailleurs 2, avec des prix largement supérieurs au reste du pays ! El Penon ne dispose pas de station, mais on peut en acheter auprès de certains hôtels, pas plus cher qu’à Antofagasta.
Il est normalement possible d’en acheter auprès de particuliers à Tolar Grande (se renseigner auprès des locaux) mais ne pas tout miser là-dessus. Ne pas trop compter non plus sur Antofalla, vu le peu d’habitants et l’isolation du village. En cas d’extrême nécessité, il vaut mieux tenter auprès des miniers (plutôt diesel).
Nous sommes partis de SA de Los Cobres avec un plein et 2 bidons de 20L. Bien que nous ayons acheté quelques litres à Tolar Grande, c’était suffisant pour tenir jusqu’à Antofagasta de la Sierra.
Saison
Grossièrement, la Puna est régie par 2 saisons : sèche entre mai et novembre (hiver) et humide entre décembre et avril (été). On parle parfois de printemps et automne qui marquent une certaine transition entre les 2 grandes saisons.
C’est l’un des déserts les plus arides au monde, on ne rencontre que peu de précipitations au cours de l’année mais en été, par sa géographie, toutes les eaux affluent vers les mêmes zones, noyant certaines routes comme au village de Las Papas ou inondant les vallées inférieures de Catamarca ou Salta. On se méfiera de l’état des routes pendant cette période, toujours se renseigner auprès des locaux.
Si la neige peut tomber à tout moment, peu importe la saison, elle sera plus fréquente en été et pourra bloquer certaines routes au-delà de 5000m comme pour l’accès à la Mina Julia.
Quant aux températures elles sont bien plus douces en été. C’est l’une des régions du monde avec la plus grande amplitude thermique. Au soleil en cours de journée, on peut avoir en ressenti 30°C sans vent, quand les températures peuvent chuter à -30°C pendant les nuits hivernales, soit une amplitude de 60°C !
Attention à prendre les précautions nécessaires tant pour dormir que pour le véhicule. Soyez sûr que la batterie soit capable de démarrer au matin !
Récit
On quitte la région de Corrientes et on trace en direction de Salta. Sur la route, nous marquons un arrêt pour la nuit au camping du parc national Calilegua, dans la jungle des Yungas (Jujuy). Nous sommes déjà passés au parc il y a quelques mois, avant de quitter l’Argentine pour la Bolivie. Nous en parlerons plus en détails dans un futur article sur les boucles de Salta.


J1 – Parc national Calilegua (600m) => Ruines station de train (3800m)
Ce matin les rangers décident de se lever aux aurores pour de la soudure en plein milieu du camping. On se dit qu’ils auraient pu attendre quelques heures de plus. Heureusement nous avions prévu de nous lever tôt, de la route nous attend aujourd’hui.
Direction Salta par la nationale, on ne s’arrête que furtivement en bord de route pour acheter quelques mandarines de saison. Une fois à Salta, on fait le plein de provisions et d’essence pour la semaine à venir. Il est déjà 13h, on ne perd pas de temps et on prend la direction du paso Sico, désormais fermé aux véhicules particuliers. La route suit l’immense Quebrada del Toro où les cactus ont élu domicile. La route est asphaltée mais parsemée de passages dépourvus de bitume et particulièrement pourris.




On fait une pause dans le village de Tastil où les ruines d’une ancienne civilisation sont accessibles gratuitement. Dans les faits, ça manque un peu d’explications, ce ne sont que de jolis tas de pierre bien disposées et on peine à deviner de quoi il pouvait bien s’agir, on se croirait un peu aux missions jésuites. Mais bon c’est gratuit et les vues offertes sur les alentours sont splendides !





On poursuit jusqu’à l’abra Blanca, col à 4100m. Comme un panneau le précise, ici les apachetas ont remplacé les hommages à la Difunta Correa. Ce sont des tas de cailloux et bouteilles vides en bordure de route, censés porter chance aux voyageurs. De notre point de vue, ça fait un peu déchetterie mais qui sommes-nous pour juger ? Allez, on en profite même pour décharger nos bouteilles vides du van (ça va, on rigole).
La vue est plutôt pas mal mais il règne un vent pas possible et c’est vraiment au bord de la route. On redescend et on s’arrête près des ruines d’une ancienne station de train. C’est un peu à l’écart de la route et les ruines nous fournissent une bonne protection contre le vent. On profite rapidement du magnifique coucher de soleil sur les rails et on se jette dans le van avant de geler sur place.



J2 – Ruines station de train (3800m) => Salar de Pocitos (3660m)
Au matin la température a chuté drastiquement et le compteur affiche 4°C ! Autant dire qu’on réfléchit à 2 fois avant de se lever.
On vous passe l’épisode de bonheur qui s’ensuit, à faire un café avec les doigts gelés en espérant que le soleil se lève enfin. Direction l’abra del Acay, le plus haut col routier d’Argentine à 4972m (bien que le panneau indique encore 4895m). Le col est classé monument national et mène au village de Cachi, marquant ainsi la limite entre la Puna et les vallées calchaquies. Il était souvent emprunté par les touristes et motards aficionados de la 40 mais la route n’est plus maintenue (comme souvent dans la province de Salta) et est réputée impraticable après que des pans entiers de la chaussée aient disparu.




La première partie de la piste nous fait d’ailleurs nous questionner au vu de la tôle ondulée et des bancs de sable qui la recouvrent mais elle s’améliore ensuite et les lacets qui mènent au col sont aussi doux que du velours. Le panorama depuis le col vaut le coup d’œil mais le vent ne nous laissera pas en profiter comme il se doit.



On revient sur nos traces et direction San Antonio de Los Cobres, ville de poussière. A l’office de tourisme, la dame se révèle très disponible et nous renseigne sur les activités et routes que l’on peut prendre, sans essayer de nous refiler un tour. On profite aussi du wifi pour récupérer les dernières infos, nous n’en aurons plus pendant quelques jours. Dernier plein d’essence également, nous en retrouverons peut-être chez un particulier à Tolar Grande, mais aucune certitude.
On hésite à faire le détour par la 40 jusqu’au viaduc La Polvorilla, où passe le fameux tren de los nubes (train des nuages). Ça ne nous intéresse pas plus que cela mais John pensait grimper le cerro Tuzzgle et profiter ensuite des thermes à proximité. La route est en bon état depuis que les machines sont passées il y a quelques jours, elle avait très mauvaise réputation les derniers mois. La 40 dans la région de Salta est souvent dans un piètre état et sans aucun entretien, c’est régulièrement le cas sur cette portion ou du côté de l’abra del Acay.
La dame de l’office ne sait pas nous dire si les thermes sont ouverts, on préfère donc éviter de perdre du temps et renonce au détour. On quitte la route principale pour prendre celle qui nous mènera au salar de Pastos Grandes, en passant par l’abra del Gallo.



La piste est très empruntée par les mines et donc entretenue. Ça signifie que n’importe quel véhicule peut passer, mais la qualité oscille entre très bonne et pleine de tôle. Quelques jolis décors au passage mais la route reste assez monotone (on devient difficile).






Par contre, à l’arrivée au salar de Pastos Grandes, le paysage est superbe. Le salar est privé et exploité dans sa partie sud, mais il est admis qu’on puisse y accéder plus au nord.



Une piste traverse d’ailleurs le salar, nous la prendrons sur plusieurs kilomètres avant de faire demi-tour. On en profite pour marcher sur la croûte de sel, sèche, et prendre quelques photos. Honnêtement il n’a pas grand-chose à envier aux autres salars bien plus connus.




On camperait bien au bord mais le vent est insupportable et ferait presque tanguer le véhicule, impossible de rester dans le coin. Tant pis, on continue, passant de beaux reliefs ocres.


Soudain le vent s’intensifie et on essuie une terrible tempête de sable. Pendant plus d’une heure, on ne voit plus qu’à quelques mètres ! On roule au pas, essayant de nous replacer sur la voie entre 2 rafales de sable… On redoute notamment de croiser un camion minier en cours de route, qu’on ne remarquerait qu’au dernier moment.
Heureusement, lorsqu’on parvint aux abords du salar de Pocitos, la tempête se calme. On traverse alors cet immense salar en direction de Tolar Grande.

La nuit arrive, on trouve refuge dans une grande fosse creusée par les machines. Pas le plus glamour mais on est abrité du vent ; dans cette région hostile, la sécurité prévaut souvent sur le paysage ! On part faire quelques photos des environs avant que le soleil ne se couche.



Repas rapide avant la tombée de la nuit et on s’engouffre dans le van !
J3 – Salar de Pocitos (3660m) => Mina la Casualidad (4200m)
Ce matin, réveil encore difficile. Il a fait très froid, le pare brise est complètement gelé. On attend désespérément les premières lueurs du soleil pour se réchauffer.
On explore les environs pour profiter du lever de soleil sur le salar de Pocitos. Les couleurs de l’aube sont toujours plus douces, presque pastel. Puis départ en direction de Tolar Grande.



La piste est parfaite (vraiment !), et on parvient rapidement au Deserto del Diablo, magnifique désert aux formations ocres (Los Colorados…) de roches métamorphiques sculptées par les éléments. On prend la piste des Siete Curvas qui s’élève au-dessus du désert. Les vues sont folles, offrant d’exceptionnelles couleurs et formes dans l’immensité du désert.










Plus loin, nous nous arrêtons à une ancienne station ferroviaire, désormais en ruine. Il reste des wagons abandonnés près des rails, que l’on peut explorer. C’est plutôt photogénique.





Cette station, au même titre qu’une dizaine d’autres, permettait de relier Tolar Grande et San Antonio de Los Cobres, voire Salta, via le ferrocarril. Aujourd’hui, il ne reste que quelques ruines de ce qui semblait être à l’époque un petit village avec des habitations et un grand four en terre cuite au centre.

On poursuit la route jusqu’aux abords du salar d’Arizaro, immense (1600km2), le plus grand de la Puna argentine, et on s’arrête aux Ojos del Mar (« yeux de la mer »). Il s’agit de plusieurs petits trous d’eau colorés au milieu du salar. Ces eaux, en raison de la forte salinité de l’eau et des conditions extrêmes qui sévissent en ce haut-monde sont concentrées en micro-organismes dits « extrémophiles » qui sont utilisés notamment en biotechnologie !






Malheureusement, la lagune principale n’est plus accessible, elle aurait été noyée par l’explosion d’une canalisation… On suit néanmoins le petit sentier qui permet de découvrir quelques bassins aux couleurs diverses. C’est une petite balade sympathique, gratuite, avec des vues formidables sur les alentours.






Direction Tolar Grande désormais. Son histoire est liée à celle des mines, il était le dernier village (avant celui de La Casualidad) où passait le ferrocarril qui acheminait les minéraux. Désormais, ce n’est qu’une bourgade poussiéreuse où on se demande encore ce que les gens peuvent bien faire ici… On trouve quand même du pain (plutôt bon !) et on achète un fond d’essence auprès d’un particulier, c’est toujours ça de pris. On grimpe ensuite sur une colline, derrière les ruines de l’ancien village, pour obtenir une vue plus aérienne de ce lieu perdu.



C’est reparti, on traverse le salar sur une superbe piste puis… une route goudronnée. Et c’est bien là que les soucis commencent ! Le bitume est dans un piteux état (pour ne pas dire complètement éclaté) et on roule vraiment, vraiment lentement… On prend la piste de droite qui semble meilleure, puis on décide de revenir sur celle de gauche. Une troisième piste débute, on tente le coup, mais elle est catastrophique. Retour sur la piste principale, toujours aussi pourrie. Ne serait-ce pas meilleur à droite ? Bref, vous avez compris le but du jeu pour les 3 prochaines heures…


Entre 4 secousses, on profite des vues sur le salar qui s’étend à l’infini, et on prend un peu de hauteur lorsqu’on rejoint les bords du désert. Les paysages sont lunaires !




On souhaitait prendre la piste qui rejoint l’ancien paso Socompa (désormais fermé aux particuliers) mais John, qui est déjà passé par là, se souvient d’une piste particulièrement raide, et on craint que ce détour ne nous coûte trop de carburant. Là-bas, il est possible d’observer le salar de Llullaillaco, au pied du volcan éponyme (où on a jadis retrouvé des momies d’enfants au sommet, désormais exposées au musée de Salta), le tren descarillado, les restes d’une collision ferroviaire comme si elle venait de se produire, avec le train encore perché au milieu de la falaise, ou l’ancienne station Quebrada del Agua, au pied de laquelle subsiste une chapelle et une maison, abandonnée en l’état, du jour au lendemain. C’est une plongée dans le passé, où l’on observe les cadres de famille, des peaux de lamas encore pendues, et des vieux magazines de l’époque.


Tant pis, on renonce au détour et on poursuit jusqu’au village de La Casualidad, observant au passage le grand salar de Rio Grande.

Lorsqu’on arrive enfin au village, la nuit est proche et on place le van auprès d’une ancienne ruine de maison pour se protéger du vent (oui, il nous fait des misères).
Ce soir, on fera à manger dans l’église, le seul bâtiment encore intact. Les 2 chiens qui vivaient ici il y a encore quelques années (ne nous demandez pas comment…) ne sont plus, quelle vie ce fut pour eux. Nous parcourons le livre d’or laissé dans l’église et commenté pas les voyageurs ou les descendants des anciens mineurs qui reviennent parfois ici. C’est amusant, nous tombons sur un message de John, en janvier 2020. Il ne pensait pas en avoir laissé, c’est une agréable surprise. On retrouve aussi un message de nos amis Poudre d’Escampette, passé quelques mois plus tôt.

Trêve de rêveries, on commence vraiment à se les cailler. Repas rapide avant de profiter d’un coucher de soleil d’un autre monde.




J4 – Mina la Casualidad (4200m) => Cono de Arita (3600m)
Grosse journée en perspective. On veut monter à l’ancienne mine de souffre, la Mina Julia, visiter le village de La Casualidad, et retourner au salar d’Arizaro pour dormir auprès du célèbre Cono de Arita. On se lève aux aurores, il fait bien évidemment un froid terrible, et on est soulagé de pouvoir s’abriter encore une fois dans l’église, bénie soit-elle.
C’est parti, on prend la route (très bonne) qui remonte à l’intersection avec celle de la mine, ensuite on verra jusqu’où on parvient à rouler et on terminera à pied. Nous sommes à plus de 4500m d’altitude, ce ne sera certainement pas une gageure.
La piste qui remonte à la mine, là-haut à 5300m, est un peu sableuse par endroits, mais relativement bonne. On est même bien loin du gruyère bitumé de la veille. Tandis qu’on s’élève, la Mina Julia se dévoile peu à peu, blanchie par le souffre. Camille n’en revient pas, chaque virage, chaque angle offre de nouvelles vues extraordinaires, certainement l’un des plus beaux paysages de notre voyage.





Et pendant ce temps-là, Titine grimpe, contourne, franchit, et parvient au sommet, à 5223m d’altitude ! Chevrolet Defender vous avez dit ?
Nous observons ces vues d’un autre monde, côté argentin comme côté chilien. Nous sommes sur la haute frontière entre les 2 pays,


A pied, nous longeons les nombreuses galeries creusées dans le souffre, dont les roches jaunes et blanches scintillent au soleil.





Nous parcourons également les bâtiments délabrés où subsistent quelques objets du passé, des faïences…








Fin de la mission, il est temps de redescendre sur Terre. Sur le retour, nous observons le long sillon blanchâtre tracé par la ligne de cable-carril jusqu’au village. C’est impressionnant.

A vrai dire, le retour est tout aussi formidable, offrant de nouveaux angles de vues et dévoilant encore d’autres décors lunaires.






Nous faisons le chemin inverse, encore plus aisé en descente, et n’avons guère de difficulté pour revenir au village fantôme. Avant de prendre la route, on profite évidemment d’un peu d’urbex (exploration urbaine). On traverse les différents bâtiments, dans un état très variable. Souvent, la tôle des toits a été récupérée, mais il reste tout un tas d’objets (ou déchets…) qui traînent. Curieusement (qui a dit glauque ?), des pâtes ou morceaux de vigognes traînent un peu partout. Ramenés par les chiens ?
On s’amuse à imaginer la ville à son apogée. Dire que plus de 3500 personnes vivaient ici. Il devait y avoir des magasins, écoles, maisons, hôpital… On essaie de deviner à quoi pouvait servir tel ou tel bâtiment avant la fermeture de la mine en 1979, qui vit les habitants fuir aux 4 coins du pays.


Nous errons au milieu des anciennes installations qui recevaient les wagons de souffre. Différentes machines, bâtiments ou dépôts dont nous ignorons l’usage.






Dans cet univers inhospitalier, les 2 chiens errants vivaient encore il y a quelques années. Ou plutôt, survivaient. John est peiné de découvrir qu’ils nous ont quitté. La pandémie a sans doute marqué leur fin. Plus de visiteurs, plus de miniers, c’était sans doute eux qui leur offraient de temps à autres de quoi se sustenter. Dans une ruine gît le cadavre momifié de l’un d’eux.
Allez, le temps passe, et quelques kilomètres sur une piste énigmatique nous attendent. En partant, nous croisons le cimetière où gisent plus de 200 âmes. Ce village était toute leur vie, il le restera à jamais.
On suit de nouveau le salar Rio Grande, éclatant sous les puissants rayons du soleil, avant de bifurquer sur une piste qui nous permet de rejoindre directement le Cono de Arita sans avoir à revenir à Tolar Grande. Il y a bien quelques commentaires de véhicules tout-terrain mais comme toujours, on ne sait guère à quoi s’attendre. C’est bien le dernier endroit où l’on imaginerait rester bloqué. Il n’y a déjà pas beaucoup de passage sur les routes principales, il ne faut pas en espérer sur ce genre de chemin détourné.
Altitude, pente, cailloux… Nous avons bien des antagonistes, mais notre principal ennemi reste le sable. Heureusement, la piste en est dépourvue. Elle n’en est pas moins rude ; on grimpe sur une petite crête avant de longuement redescendre vers le salar. Les premiers kilomètres sont un vrai roller-coaster avec un dévers impressionnant sur des cailloux acérés. Camille essaie tant bien que mal de les éviter, mais la piste n’est pas bien large et dans une telle pente, l’important est de ne pas s’arrêter, on ne pourrait pas repartir.
Les paysages sont, pour changer, superbes. La piste quant à elle oscille entre chemin tracé et vagues empreintes de pneu, mais reste toujours praticable avec un simple véhicule. On dirait une piste dessinée par les 4×4 souhaitant couper au travers. A un certain point, on rattrape une véritable piste. La carte n’indique rien, mais on suppose que c’est une piste minière (entretenue) qui relie les salars de Arizaro et Rio Grande. Si tant est qu’on trouve comment la rejoindre depuis La Casualidad (en bifurquant au niveau du cimetière ?), elle pourrait être une alternative plus sûre… Mais tout cela reste purement hypothétique !




Tandis qu’on redescend en direction du salar de Arizaro, un fascinant cône dressé au milieu de nulle part se dévoile. C’est le célèbre Cono de Arita !


On descend en direction du salar et nous allons nous poser sur un spot conseillé pour les iOverlander. Comme tous les après-midis, le vent est farouche et il n’y a aucun abri. Ça s’annonce encore fun pour cuisiner ce soir…
John veut marcher jusqu’au cône et profiter du coucher de soleil non loin. Nous sommes à quelques kilomètres, on décide de marcher tranquillement au travers du salar. Néanmoins le sol devient de plus en plus rugueux, avec une croûte de sel complètement éclatée qui freine la progression. Après 30 bonnes minutes, on se dit qu’on ne parviendra jamais au cône à temps et qu’on devra rentrer de nuit. On décide de revenir sur nos pas et de reprendre la route pour aller au mirador du cône, sur une piste qui traverse le salar.




On a lu de mauvais commentaires sur le passage de hordes de camions sur la route, ce qui nous avait d’abord dissuadé de dormir sur le parking du mirador. Cependant on ne veut pas manquer le coucher/lever de soleil et on préfère limiter les allers-retours pour économiser le carburant. Après tout ce n’est que pour une nuit, et les vues depuis le mirador, au milieu du salar, doivent être superbes. On aurait trouvé un bon abri contre le vent, nous aurions sans doute réfléchi différemment, mais quitte à être exposé autant que ce soit avec la vue.

On parvient au parking au moment où le soleil commence à se coucher et offrir de superbes lueurs. Tout le salar se pare d’or et le cône sombre peu à peu dans l’obscurité.





On se fait rapidement un sandwich qu’on mange cloîtré à l’intérieur et on se couche avant qu’il ne fasse trop froid.
J5 – Cono de Arita (3600m) => Antofagasta de la Sierra (3300m)
Finalement, il n’y a eu qu’un seul convoi de camions qui est passé aux alentours de 21h30 puis plus rien de la nuit. Nous avons bien fait de rester là.
Ce matin John se lève tôt pour observer le lever de soleil. C’est moins impressionnant que le coucher, avec le soleil face à nous, mais les couleurs douces, pastel de l’aube offrent des tons superbes. Camille quant à elle observe le spectacle au chaud sous la couette, depuis le coffre !


Que c’est agréable ces matinées sans vent… On prend le petit-déjeuner face au cône, saluant les quelques camions qui passent par là. On marche ensuite en direction du cône pour s’en rapprocher. S’il est interdit de grimper dessus, le cône étant sacré pour les locaux et la matière s’effritant au contact, on peut se rendre jusqu’au pied. Le sentier n’en est pas vraiment un et disparaît au milieu de la couche de sel craquelée, mais on atteint rapidement le bas du cône. Il est certes moins impressionnant de près, on dirait un grand tas de roche friable, mais c’est intéressant de voir comment il est constitué.


Comme toute formation aussi singulière, les hypothèses sont nombreuses. Certains pensaient à une pyramide bâtie par d’anciennes civilisations, voire même des voyageurs venus d’ailleurs… Aux dernières nouvelles, il s’agirait d’un petit volcan qui ne serait que partiellement sorti de terre puis que le temps et les éléments ont érodé jusqu’à obtenir un cône parfait de 147m de hauteur.
Allez, on jette un dernier coup d’œil à ce cône majestueux, véritable merveille d’un autre monde, et on reprend la route en direction de Antofalla. Aujourd’hui, nous quittons la province de Salta pour celle de Catamarca, où il y a quelques mois nous avions côtoyé les plus hauts volcans du monde.
La piste est pourrie, c’est l’une des pires portions depuis Salta (il y a de la concurrence). Plusieurs kilomètres de tôle ondulée, on roule au pas pour ne rien casser… Heureusement ça s’améliore un peu après et on trace au milieu des vastes steppes arides, territoire des vigognes.

On aperçoit l’impressionnant volcan Antofalla, dont le dôme de basalte noir culmine à 6409m. Quelles vues doit-on avoir depuis là-haut…


La descente vers le village d’Antofalla est un peu plus animée. Pas mal de caillasse et quelques bancs de sable qu’on passe aisément. Face à nous, le salar d’Antofalla, long de plus de 150km, s’étend à perte de vue.


On entrevoit aussi un petit canyon, seule oasis verdoyante au milieu de ce désert de sable et de roche, qui mène au riquiqui hameau perdu d’Antofalla.

Le salar peut aussi se rejoindre par une piste au nord, un peu moins praticable pour un véhicule lambda. Il abrite la magnifique laguna Verde dont l’accès est malheureusement interdit depuis que des touristes ont bêtement roulé en 4×4 jusque dans les eaux, détruisant un biotope unique forgé sur des milliers d’années.

En-dessous d’Antofalla, on trouve également les Ojos de Campo, 3 petits lagons colorés, pas forcément aussi impressionnants que d’autres sites, mais qui valent toujours le détour. Néanmoins le carburant est une ressource limitée en ces contrées lointaines, nous préférons ne pas risquer le détour.
Après une petite pause à Antofalla, le temps de prendre une douche bien méritée (et chaude !) chez un particulier pour 2000ARS/p, on traverse le salar en direction d’Antofagasta de la Sierra. La remontée offre son lot de vues superbes sur ce vaste désert de sel.




Plus loin, on croise une vega, une vallée humide, verte, vitale pour les animaux qui évoluent dans ce milieu hostile.



Après un col, on entame la longue descente jusqu’à notre destination du jour, au travers d’un beau canyon doré qui serpente longuement entre les montagnes.




On arrive à Antofagasta de la Sierra en fin d’après-midi, belle oasis paisible au milieu du désert. On passe rapidement se renseigner sur l’état des pistes alentours auprès de l’office de tourisme puis on se pose au bord de la ville pour passer la nuit, sur un espace qui semble plus ou moins prévu pour les vans.


Ici aussi le vent souffle puissamment, on essuie de sacrées rafales de sable, mais nous sommes bien redescendus en altitude et les températures seront plus clémentes cette nuit. Du moins, c’est ce qu’on se dit…
J6 – Antofagasta de la Sierra (3300m) => Laguna Carachi Pampa (3050m)
Ouf, la température n’est pas tant descendue cette nuit, et on est presque resté en positif ! On passe à la mini station-service où l’on trouve les prix les plus onéreux depuis une scierie perdue en Terre de Feu chilienne, et on sort du village pour rejoindre le volcan éponyme, Antofagasta. On se gare sur le parking, en prenant garde à éviter le sable profond en bordure. C’est parti pour grimper sur ce « petit » volcan noir de lave. La montée se fait rapidement, malgré une bonne pente sableuse. Là-haut on fait le tour du cratère et on profite de vues exceptionnelles sur toute la zone : le volcan Alumbrera, l’immense champ de lave qui les sépare, et le volcan Galan au loin.







On reprend la route en direction d’El Penon mais on bifurque peu avant pour contourner le volcan Carachi Pampa par l’est et ainsi rejoindre la lagune du même nom. Des panneaux prohibant les véhicules non 4×4 sont présents sur la route mais ils concernent uniquement la portion qui rejoint le campo de Piedra Pomez, qui pour le coup est recouverte d’une épaisse couche de sable.
Nous ne nous y risquerons pas et nous prenons une autre piste pour rejoindre le nord du volcan. Pas mal de tôle mais la piste ne nécessite pas de véhicule tout-terrain. On contourne le superbe volcan Carachi au beau milieu de champs de lave.



On découvre alors la lagune Carachi, peuplée de flamants roses, avec un décor grandiose en arrière-plan.


Les eaux colorées de la lagune, tantôt bleutées, tantôt rougeâtres, dues à la haute salinité de celle-ci, offrent un contraste saisissant avec les montagnes ocres et le ciel radieux.




John part se dégourdir les jambes en direction du volcan Carachi Pampa. Il n’y a pas de trail, il faut progresser à l’instinct. La première partie est plutôt simple, le sol est bon. Ça se gâte un peu lors de l’ascension finale pour atteindre le cratère. En réalité le véritable chemin semble à l’est. John monte de face mais la pente sableuse est raide et difficilement domptable, sans bâton il devra employer les mains à plusieurs reprises. Là-haut, encore une vue exceptionnelle malgré un vent incessant contre lequel il faut lutter pour ne pas vaciller et dévaler la pente.


La lagune Carachi d’un côté, l’immense campo de Piedra Pomez d’un autre, et bien sûr le Galan et les autres innombrables volcans. Formidable.



En faisant le tour du cratère, il trouve un cairn (à l’est) qui semble signaler une voie pour descendre, et qui se révélera effectivement bien plus simple.
Cette nuit, nous dormirons sur le parking de la lagune. En pratique, il n’est pas vraiment permis de dormir dans les alentours d’Antofagasta ou d’El Penon, mais ici aucun panneau ne le contre-indique et il n’y a de toute manière personne à plusieurs kilomètres à la ronde… On profite ainsi du ballet élégant des flamants.



J7 – Laguna Carachi Pampa (3050m) => Laguna Blanca (3200m)
Pour changer, il a fait très, très froid cette nuit. Le réveil et la sortie du van sont toujours compliqués, on est couvert de quasiment toutes nos couches, attendant désespérément le lever du soleil (magnifique).



On profite une dernière fois de la lagune et des quelques flamands qui prennent la pose, puis on fait demi-tour pour nous rendre au village d’El Penon. La piste continue en direction du campo de Piedra Pomez mais il semblerait que ce soit plus que recommandé pour les 4×4, on préfère ne pas se risquer.
A El Penon, autre village de poussière, on se renseigne pour les tours au Galan et à Piedra Pomez. Il faut compter au moins 100 000ARS/p à la journée !
Tant pis, on va tenter par nous-même pour le Galan. On sait qu’on ne pourra pas descendre dans la caldeira mais on espère pouvoir aller le plus près possible en véhicule et peut-être marcher les derniers kilomètres. La piste est plutôt bonne dans un premier temps puis devient assez sableuse. On passe avec la gravité (descente) mais on craint que ce ne soit plus compliqué au retour. On arrive à la laguna Grande, réputée pour ses milliers de flamants roses. Malheureusement pour nous, l’hiver est trop avancé, la lagune est gelée et il ne reste que quelques individus, une bien maigre compensation.




On marche quand même le long de la lagune, suivis de 2 curieux renards, et on reprend la route en direction du Galan.


La piste disparaît rapidement et on suit désormais des traces sur un sol mi-sableux mi-rocailleux, mais jamais trop meuble. Les kilomètres passent, et à notre grande surprise on se rapproche de plus en plus de la caldeira. Certains passages sont assez pentus, et il faut considérer l’altitude (4750m !) mais la titine tient bon.


Finalement, on s’arrête tout juste avant la dernière montée pour atteindre le haut du cratère. Il ne reste que quelques mètres, nous préférons les faire à pied. On parvient alors au mirador sur la laguna Pabellon et, peut-être, la plus grande caldeira au monde, celle du volcan Galan, de plus de 35km de diamètre !
Pour descendre dans le cratère, un sacré 4×4 et une certaine expérience sont plus que recommandés au vu de la pente et du terrain.


Malheureusement, nous ne voyons pas la laguna Diamante, cachée par les reliefs. John décide de grimper plus haut, espérant obtenir la précieuse vue. Mais il n’y a pas de chemin et le terrain est ingrat, sableux et jonché d’ardoises.



Après de longs efforts à grimper sur une interminable crête, il parvient enfin au sommet, obtenant une vue à 360° et en prime, la fameuse laguna Diamante !

Et, tout autour, cette caldeira à perte de vue…

L’ascension improvisée a pris plus de temps que prévu, et Camille s’inquiétait de ne pas le voir revenir. Qui plus est, la nuit arrive, et nous ne voulons définitivement pas passer une nouvelle nuit à pareille altitude. On trace jusqu’à El Penon, passant avec brio les quelques tas de sable sur la route. On trouve un peu d’essence, toujours hors de prix, auprès d’un hôtel (la prochaine station se trouve à 155km à Hualfin) et on entame la longue redescente jusqu’au monde d’en bas. Au passage, on profite d’un merveilleux coucher de soleil sur toute la Puna, comme un adieu.



La nuit tombe mais on poursuit sur la route malgré l’obscurité. Pas mal de virages, heureusement en bon état, on bifurque à nouveau sur une piste pour rejoindre 10km plus loin le bord de la laguna Blanca où l’on passera la nuit, encore seuls au monde.
John part marcher sur ce qui semble s’apparenter à un immense salar. Le sol est dur, peut-être en raison de la température nocturne. Il est comme luminescent avec la lumière de la lune et paraît s’étendre à l’infini.
J8 – Laguna Blanca => Planète Terre
Cette nuit s’il a encore fait frais, c’était déjà bien plus raisonnable que la veille à Carachi Pampa. Bien sûr, une petite couche de gel sur le van mais qui disparaît rapidement aux premiers rayons du soleil.


A la sortie du van, on découvre enfin à quoi ressemble la laguna Blanca. En effet, c’est un immense salar blanchâtre entouré par les reliefs montagneux. C’est vraiment très beau.
On prend le café dans ce décor lunaire, le dernier avant de retrouver des paysages terrestres, puis on s’aventure sur celui-ci, en direction d’une lagune à quelques kilomètres.



Avec ce sol clair il s’agit de bien se protéger les yeux et la peau, la réflexion est intense. En outre le sol est bien plus meuble que dans la nuit. Il s’apparente plutôt à du sable mouillé, il vaut mieux regarder où l’on met les pieds. On atteint la lagune, pour une fois qui n’est pas gelée, par son altitude moins élevée. C’est l’occasion d’y observer de grandes colonies de flamants après l’échec de la laguna Grande la veille.



Allez, retour à la voiture, on traverse la cuesta de Randolfo, bordée de magnifiques dunes de sable et on rattrape enfin la vallée à El Eje où l’on prend la direction de Cafayate pour de nouvelles aventures.
Option 4×4
Contrairement à ce qu’on entend parfois pour les boucles de Salta, celle qu’on a réalisée ne nécessite pas de double traction, pneus spéciaux ou bas de caisse élevé. Cela dit, certaines portions sont quand même rugueuses et nécessitent un minimum de maîtrise. Un bon véhicule est forcément un plus.
La saison en outre joue un rôle essentiel dans la praticabilité des routes. D’ailleurs en saison humide, il faudra redoubler de vigilance pour n’importe quel véhicule.
En revanche, d’autres routes ne sont réellement accessibles qu’en 4×4 :
- Campo de Piedra Pomez
- Caldeira volcan Galan
- Piste longeant le salar d’Antofalla
- Piste d’Antofagasta jusqu’au volcan Galan
- Mina Julia au volcan Lullailaco ?
Outre ces quelques points, il existe un itinéraire (de fou) qui joint El Penon et Fiambala à travers la Puna, passant par le campo de Piedra Pomez, les eaux thermales Los Hornos ou Los Banos et le village perdu de Las Papas (nommé ainsi car historiquement on ne pouvait y faire pousser que des patates !). On peut également réaliser des détours vers la lagune/salar Purulla ou le cratère du volcan Robledo.
L’itinéraire est engagé et demande une autonomie et une certaine expérience, c’est une zone extrêmement reculée où il ne faudra pas espérer de l’aide.
En outre, il n’est réalisable qu’à une certaine période de l’année, entre mai et décembre (se renseigner sur les conditions). Au cours de la saison des pluies (décembre-janvier) le canyon qui suit Las Papas est noyé par les pluies, coupant ainsi ce village du monde pour plusieurs mois. La piste est reconstruite chaque année autour de mai.
Bilan
Il y a quelque chose d’assez paradoxal avec la Puna, aussi rude que formidable. Le vent, le froid, la poussière, l’altitude… On est pressé de redescendre. Pourtant, sitôt redescendu, elle nous manque déjà. Mais c’est aussi une aventure qui se mérite et demande une logistique sans faille, une préparation minutieuse de l’itinéraire et une certaine dose de chance.
La Puna se passe de mots, seuls qui s’y sont un jour aventurés peuvent comprendre notre ressenti. Alors pourquoi, après notre précédente expédition sur la route des 6000, puis ce road-trip, pourquoi après tant de temps et de tourments, nous manque-t-elle encore ? Ses colosses volcaniques, ses salars infinis, sa panoplie de couleurs pastel, ses lagunes bariolées ? Le goût du risque et de l’aventure ? La quête de solitude ? Non, c’est autre chose…. qu’on reviendra chercher.

