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Cochabamba et escapade au pico Tunari

Après une belle pause à Sucre où on aura bien mangé et (quand même) une petite escapade dans les environs, il est temps de remonter vers Cochabamba où l’on retrouvera nos amis en sac à dos et où l’on a prévu de nous rendre au parc national de Torotoro.

Route depuis Sucre

On décide de se rendre d’abord au parc national Torotoro à quelques heures au sud de Cochabamba. On commence à prendre une piste douteuse au nord de Sucre. Après la boucle de Maragua, Camille n’est pas bien enclin à rouler de nouveau 100 bornes sur des tas de cailloux. John essaie de se renseigner mais trouve assez peu d’infos sur cette route qui rallie Sucre et le parc. Certains commentaires évoquent une route difficile voire impraticable. On abandonne l’idée et on prend l’autoroute en direction de Cochabamba.

Pour le coup, l’autoroute est en bien meilleur état. Celui-ci suit un long canyon parsemé de petits villages. On peinera à trouver un bon spot pour la nuit et on se posera finalement en face d’un hôtel, au bord du rio, après leur avoir demandé l’autorisation.

Retour sur la route, impossible de trouver de l’essence. Soit les stations sont vides, soit elles refusent de servir un véhicule étranger, il nous faut pourtant un plein pour faire l’aller-retour. Dans les stations, ce sont désormais les bidons qui font la queue en attendant la livraison du carburant. Aucune chance pour nous !

Lorsque l’on trouve enfin une station qui accepte mais qui ne sera livrée que le lendemain matin, on décide de se poser non loin pour arriver aux premières heures le jour suivant. Les spots au sud de Cochabamba ne sont pas légion. Le premier n’existe pas, le deuxième est désormais bloqué par un portail. On trouve heureusement un grand stade en bordure de lac, à l’écart de la route. Soudain surgissent un milliard de moustiques ! On se couvre comme on peut, on s’asperge de répulsif, mais la soirée va être longue. On allume même un diffuseur dans la voiture pour essayer de les faire sortir…

Au matin direction la station, il y a déjà de la queue ! John va demander avant pour être sûr de ne pas attendre pour rien, le bidon ne peut pas être rempli, c’est interdit dans les agglomérations avec la pénurie actuelle, mais ok pour le réservoir. Après « seulement » 2 heures, nous voilà avec un plein, et au prix local ! On entend 90bs (soit 9€ environ), on ne se fait pas prier et on déguerpit rapidement !

On traverse ensuite Cochabamba à la recherche d’une banque qui accepte que l’on fasse un retrait. Le taux officiel proposé par les banques et Visa est très bas, bien plus que le taux réel. Une application Paypal (Xoom), permet d’échanger virtuellement des euros contre des bolivianos à un taux bien plus réaliste et intéressant pour nous. Il faut néanmoins trouver une agence qui accepte de réaliser la transaction avec des étrangers, ce qui se révélera bien compliqué en dehors des principales agglomérations.

On finit par trouver la bonne, on remplit les informations sur un bulletin et… La signature ne leur convient pas, ils estiment que ce n’est pas la même que sur le passeport. Camille la reproduit plusieurs fois, sans succès, et c’est un guichetier qui vient lui montrer comment la réaliser. Un grand moment de solitude…

Parc national Torotoro

Voir l’article dédié !

Cochabamba

On arrive à Cochabamba dans la matinée. Comme à Sucre, on a pris un Airbnb pour se la couler douce quelques jours. On est surpris quand on arrive devant une résidence ultra-moderne, sécurité à l’entrée, coin piscine et salle de sport à l’intérieur ! Pourtant c’est bien ici, on découvre un petit studio avec kitchenette, ce sera parfait !

Que dire de Cochabamba ? Pas tant de choses, après Sucre le centre-ville fait forcément pâle figure. Pas de belles petites rues, pas de beaux restaurants gastronomiques et la visite de la place est assez vite expédiée.

Grève des éboueurs…

Non ce qu’on retiendra, c’est le marché GIGANTESQUE au sud de la plaza centrale. Pour ceux qui aiment errer dans les interminables allées des marchés grouillants, c’est un immanquable ! S’il n’est sans doute pas de l’ampleur du marché d’El Alto (un autre monde…) c’est certainement le plus grand que l’on ait vu en Amérique du Sud. A vrai dire, c’est tout une suite de différents marchés où l’on trouvera restaurants, cosmétique, chamans, mobilier… Un vrai mall andin. On en profite pour déguster tous les mets peu recommandables : jus de fruits à 1bs (0,1€ !), jus de canne, fritures…

Au détour d’une galerie, John se cogne la tête contre un article pendu. Il comprend vite ce à quoi il vient de se heurter… Des fœtus de lamas !

On viendra déjeuner plusieurs fois pour découvrir les classiques pique macho et une planchita. John testera également le mondongo, un autre plat local assez relevé et coloré.

Avec nos amis en sacs à dos on fait évidemment un tour au Cristo de la Concordia pour le coucher du soleil. Une immense statue du Christ qui surplombe la ville, la plus grande d’Amérique du Sud semble-t-il. La montée via les escaliers est éreintante mais la vue depuis là-haut permet d’apprécier les montagnes et l’immensité de la ville.

On poursuit nos petits grignotages de rue avec les délicieuses saltenias déjà expérimentées à Sucre et des tucumanas (chaussons fourrés et frits).

Palacio Portales

Ce sera notre seule véritable visite dans la ville, on se rend au Palacio Portales, une belle résidence construite par un noble bolivien (qui finalement n’y vivra jamais) avec de nombreux matériaux (marbre, bois…) et inspirations d’Europe (voire d’Asie à l’extérieur). La visite coûte 25bs et dure une trentaine de minutes.

L’accès au jardin est quand à lui gratuit, on découvre de nombreux arbres originaires (ou non) d’Amérique du Sud. On prend le temps de se poser sur un banc et de profiter d’un maté et de la fraîcheur des lieux.

Parc Tunari

Un parc national méconnu, celui de Tunari, s’étend à l’ouest de la ville. Un sentier de rando (assez peu détaillé) part de la périphérie de la ville. Encore une fois, après Maragua, pourquoi marcher quand on peut y aller directement en voiture ?

On traverse la moitié de la ville pour prendre la route qui longe le nord du parc. Nous extirper de Cochabamba prendra bien 2h… Google Maps est complètement perdu, entre les rues qui n’existent plus depuis quelques années et celles peu recommandables qui traversent de sacrées torrents… mais on finit par s’en sortir et rejoindre la route pavée « façon andine » avec des cailloux difformes juxtaposés les uns aux autres. Ça secoue !

Parvenus au parc, on prend une piste en bon état pour atteindre le point de départ du sentier au pico Tunari, sommet le plus élevé du parc avec ses 5023m.

Certains commentaires évoquent un droit d’accès voire un tarif pour se garer au niveau de la barrière qui bloque le chemin alors on se gare quelques centaines de mètres plus tôt et on part à pied.

On longue une première grande lagune, celle de Marquina puis on suit la route jusqu’à la seconde lagune Machu où la route s’arrête. La suite du sentier n’est  pas toujours évidente, si on la suit vaguement via notre carte OSM, il nous faut bien analyser les environs pour trouver les passages les plus évidents.

On retrouve une trace un peu plus concrète sur la fin de la randonnée, particulièrement rocailleuse. Camille peine à trouver son souffle, c’est vrai que cela fait quelques semaines qu’on ne s’était plus hissé à pareille altitude. Le temps n’est pas non plus au rendez-vous, le ciel est chargé en nuages et par moments on perd complètement la vue.

Lorsqu’on parvient au col Tunari une brève éclaircie nous permet d’entrevoir l’imposante combe qui descend jusqu’aux abords de Cochabamba. D’ailleurs c’est par là que semble remonter le long sentier qui permet de rejoindre le parc depuis la ville.

Allez, encore quelques mètres et on atteint le sommet à 5023m. Cette fois, les nuages ne daignent pas nous laisser l’occasion de profiter de la vue et le vent glacial nous contraint à redescendre rapidement.

Pour le retour on décide de prendre une trace plus directe pour redescendre au premier lac. Le terrain est en effet bien meilleur et on peut couper au travers. D’ailleurs on croise un groupe guidé qui grimpent par là.

En redescendant, on repère des thermes dans le village de Liriuni. On s’y rend, c’est une sorte de piscine thermale extérieur avec toboggan et pas mal de monde dedans ! On hésite mais on n’a pas amené les maillots et il est déjà tard, tant pis ce sera pour une autre fois.

Petit contretemps

Après quelques jours, on quitte Cochabamba en direction du parc Sajama, bien à l’ouest, pour y retrouver les copains en sac à dos. Nous partons en cours d’après-midi, le temps de trouver une station pleine ET qui accepte de nous vendre de l’essence. La sortie de la ville est longue, Cochabamba est très étendu. La nuit approchant à grands pas, on décide de se poser sur un point iOverLander de nos amis Poudredescampette. On en oublie parfois qu’ils roulent en LR Defender. La petite descente caillouteuse ne nous alerte pas, nous sommes pressés de nous poser avant que l’orage n’éclate. Au matin, après une interminable nuit de pluie, impossible de remonter ! La piste s’est transformée en gadoue argileuse, on patine dans le vide…

Nous décidons de descendre le chemin en sens inverse, d’après la carte il y a à peine quelques kilomètres jusqu’à la route principale. Le chemin est de pire en pire, John sort régulièrement retirer des pierres et dicter la trajectoire. On serre très fort les fesses pour que le chemin, aussi pourri soit-il, reste praticable jusqu’au bout, car on ne pourra jamais faire demi-tour. A 200m de la fin, celui-ci se transforme soudainement en une grande ravine avec des trous de plus de 30cm, impossible de poursuivre…

Après quelques minutes à tenter bêtement de combler les trous avec des rochers, on se rend à l’évidence, il faut faire demi-tour. A la moitié du chemin, le van est incapable de remonter la pente. Entre la caillasse et la terre toujours humide, nous n’avançons plus, et même nous reculons peu à peu vers un fossé sur le bas-côté. On place désespérément quelques cailloux pour bloquer les roues et nous partons chercher de l’aide auprès du village voisin. Un tractopelle répond à notre appel et parvient à nous hisser jusqu’en haut, nous sommes sauvés ! 500bs (environ 40€ à l’époque) pour le remorquage et, accessoirement, pour l’aplanissement de toute la piste (ne nous remerciez pas), ce n’est pas cher payé ! Allez, on va tranquillement se poser dans le stade du village précédent et on fera (un peu) plus attention la prochaine fois !

Bilan

Si la ville de Cochabamba ne nous laissera pas un souvenir impérissable, en dehors de ses gigantesques marchés où l’on pourrait se perdre toute la journée, le parc national Tunari nous aura offert une belle escapade dans les montagnes avec notre premier 5000m du voyage et nous sommes tombés sous le charme du petit village loufoque de Torotoro et de ses environs forts en adrénaline.

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