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San Agustin et Tierradentro

Le sud de la Colombie abrite 2 sites archéologiques majeurs du pays : San Agustin et Tierradentro. La région, isolée, aux routes sinueuses et de piètre condition, est longtemps restée dangereuse voire inaccessible en raison des conflits avec divers groupes paramilitaires. Aujourd’hui encore, elle demeure relativement peu visitée.

San Agustin

Après Cali, on redescend à Popayan pour prendre la direction de San Agustin, dans la région du Huila. C’est l’un des sites archéologiques majeurs du pays, avec la Ciudad Perdida et Tierradentro.

Pas de chance, on se rend compte qu’il y a un direct pour San Agustin (au dernier étage) peu après avoir pris les tickets. Et en plus de ça, notre bus fait le tour du monde pour se remplir, on mettra plus de 4h30 pour rejoindre Popayan avant d’enchaîner avec plus de 4 autres heures sur une route chaotique qui traverse le parc Purace, au milieu des frailejones.

On avait lu que les bus nous laissaient au terminal de San Agustin, en dehors de la ville, mais le nôtre nous dépose directement sur l’avenue principale. On rejoint notre hôtel non loin Musica y Arte, le moins cher que l’on ait trouvé. C’est un peu roots, mais le propriétaire est très chaleureux et l’endroit plutôt sympa avec mini-cuisine, terrasse… Par contre, on ne saisira jamais l’idée de combiner toilettes et douche dans le même espace réduit. Alors on s’adapte, c’est la commission avant la douche pour certains, et les tongs spéciales toilettes pour d’autres.

La vue depuis la terrasse est plutôt sympa ! On trouve un petit resto local (El Rincón de la criolla) à 15 000COP le menu dans la rue principale à 2 rues de l’hôtel, c’est vraiment pas mal, enfin un bon assaisonnement !

Le village est joli, animé, c’est agréable de s’y balader.

C’est notre premier vrai village de Colombie, on profite des belles couleurs criardes si caractéristiques du pays.

Site archéologique

John est déjà passé par ici il y a plusieurs années. Il se souvient à peine de « 2-3 drôles de statues » dispersées à plusieurs kilomètres d’écart mais surtout d’une belle région verdoyante. On fait donc le choix de se rendre au site officiel, qu’il n’avait pas visité, et qui regroupe la majeure partie des statues.

Un bus est censé passer régulièrement du centre-ville jusqu’au site mais on s’impatiente et on préfère finalement marcher les quelques kilomètres qui nous en séparent. Au-delà de ça, la route n’a aucun intérêt. L’entrée coûte… 75 000COP/p ! Ça semble avoir augmenté en janvier 2026 puisque tous les commentaires parlaient auparavant de 60 000. Mine de rien, plus de 17€/p pour quelques cailloux difformes curieuses statues, c’est un sacré prix. Des guides proposent leurs services sur place, mais on a déjà hypothéqué la maison pour l’entrée, on se contentera de notre imagination.

Heureusement, un musée est inclus dans l’entrée, avec pas mal d’explications sur les statues, leur signification et le peuple qui les aurait érigées. A vrai dire, beaucoup de mystères demeurent autour et on parlera souvent en hypothèses plutôt qu’en affirmations.

Une partie vraiment intéressante expose différentes reproductions de statues en décortiquant ses éléments : position des membres, formes, animaux… Ça permet d’aiguiller un peu sur la provenance et signification de certaines parties. On comprend que ces statues hybrides sont à la fois humaines et animales.

Le parcours dure un petit moment, au milieu d’une belle végétation. Il y en a 3 différents. On commence par une boucle dans le bosquet de statues. On en croise un bon nombre de différentes tailles, aspects, formes… Certaines disposent d’un petit panneau explicatif, par exemple avec le nom qu’on leur donne (souvent attribué par les enfants). On s’amuse nous aussi à leur trouver de petits noms.

On poursuit avec les 2 parcours suivants et les différentes mesitas. Ce sont des sites plus complets avec des tombeaux. On trouve aussi des statues, plus imposantes ou très atypiques (oiseau, visage…).

Plus tard, on découvre la fuente de Lavapatas (source), un lieu cérémoniel où les natifs avaient sculpté la roche, dessinant divers motifs et qui, recouverte d’eau, dirigeait l’eau vers de petites cascades et produisait un certain son. Un vrai tableau grandeur nature.

On termine par la dernière mesita en aller-retour avec en prime de belles vues sur les environs.

Le site, malgré son prix élevé, est parfait pour découvrir les statues, offrant un panel varié et abondant. La balade est très sympa, au cœur d’une nature luxuriante, et le musée permet d’ajouter quelques explications salutaires pour la suite. En outre, le ticket donne accès (sur le principe, pendant 2 jours) à 2 autres sites situés de l’autre côté de la vallée : Alto de las Piedras et Alto de los Idolos.

Malheureusement le pont qui permettait d’y accéder à pied n’est plus en état depuis plusieurs années. Il faut prendre un bus pour Isnos et marcher jusqu’aux sites. On renoncera à l’idée de consacrer une journée complète à cet aller-retour.

Prix : 75 000 COP/P

Boucle des statues

Après la visite, on commence à suivre une boucle pour rejoindre le village, qui passe par plusieurs autres sites. Le sentier part directement en face de l’entrée du site archéologique. On marche le long d’une piste tranquille qui monte et descend régulièrement, parfois un peu raide. On parvient au premier site qui comprend les statues de la Pelota et El Purutal. On découvre que le prix est passé à 14 000COP/p ! Ce sont malheureusement les seules statues de la région en couleur… Mais on renonce, on a déjà vu pas mal de statues, tant pis on regardera celles-ci en photo sur Internet. Sitôt économisé, sitôt dépensé, Camille s’offre un jus de fruits en face. La dame a la langue bien pendue et nous fournit nombre d’idées d’excursions dans la région, ainsi qu’une description complète des différents sites archéologiques. D’ailleurs le jus est exquis, si la soif vous prend !

On poursuit donc en direction de La Shaquira. Nulle chanteuse colombienne au programme, mais une simple sculpture dans la roche, gratuite. Malheureusement le chemin pour y parvenir est boueux comme pas possible et une averse s’abat sur nous, on décide de poursuivre sans faire le détour. On passe alors le site d’El Tablon, également gratuit, avec 5 statues sans grand intérêt si on a déjà fait le site archéologique.

La boucle complémente bien la visite du site archéologique, en suivant de petites routes sans trafic explorant les alentours de San Agustin. Avec une succession de montées-descentes, c’est plus physique qu’on ne le pense !

Sources du rio Magdalena

Initialement, on avait prévu de nous rendre à Puerto Quinchana et de trekker jusqu’à la laguna Magdalena, source du rio éponyme, artère principale du pays.

C’est l’un des seuls paramos d’altitude (encore) accessible sans guide en Colombie. Il y a de petits hameaux où l’on peut trouver un hébergement rustique, ou le trek est également proposé à cheval par les agences locales.

C’est un aller-retour de 2-3 jours, à moins de poursuivre de l’autre côté et de repasser par Popayan, engendrant une certaine complexité logistique.

Malheureusement, nous tombons une semaine de fortes pluies, d’ailleurs toute la côté Caraïbes (et Medellin notamment) est inondée, de nombreux ponts s’écrouleront… Bref, après avoir passé plusieurs mois à randonner sous la pluie, on préfère renoncer à ces conditions désastreuses. C’est la première d’une longue liste de désillusions montagneuses.

Tierradentro

Tierradentro est un autre site archéologique majeur, bien moins célèbre que San Agustin. Déjà, il faut s’y rendre, ce qui implique un sacré détour sur une route un peu pourrie.

On prend un premier véhicule partagé pour Pitalito (13 000COP/p) puis on enchaîne avec un autre pour La Plata (50 000COP/p) et enfin un dernier pour San Andres de Pisimbala. Ça nous prendra la journée !

Sur place, on prend le premier hébergement qu’on croise, près du site archéologique, à Mi Casita. Pour 70 000, on a une chambre avec salle de bains privée et on peut utiliser la cuisine pour 5000COP supplémentaires. Sinon il y a des bons avis pour El Bamboo (seul logement sur Booking) mais il ne dispose pas de cuisine. Idem pour La Portada (80 000COP chambre privée avec sdb partagée – eau froide et petit-déj), pas de cuisine et les repas sont autour de 25 000COP.

Il pleut comme vache qui pisse le soir de notre arrivée et l’électricité se coupe à plusieurs reprises, on cuisinera aux chandelles. Évidemment, comme si ça ne suffisait pas, le site est fermé le premier mardi du mois et nous arrivons le soir du… premier lundi. Bravo, timing parfait. On restera un jour de plus à attendre l’ouverture. Dire qu’à quelques jours près, le dernier vendredi du mois, l’entrée était gratuite. Des fois, ça se joue à peu de choses ! 

Visite

On peut réaliser une boucle entre le village de San Andres et le musée ethnographique, qui passe par les différents sites.

On commence donc par le musée, dès l’ouverture, qui fournit quelques informations sur les ruines et expose des objets retrouvés lors des fouilles.

Le prix pour l’accès aux sites est de 75 000COP/p, comme à San Agustin, contre 60 000COP il y en encore peu… Avec le trajet et l’hébergement, cela fait une coquette somme pour des voyageurs sur le long terme.

Découvert sur le tard, vers 1935, et classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1995, le site archéologique de Tierradentro constitue la plus grande nécropole du continent. Encore plus que San Agustin, de nombreux mystères persistent autour de ces chambres funéraires et du peuple qui les a érigées. La région étant longtemps restée difficile d’accès et dangereuse, le site n’a pas pu bénéficier d’étude archéologique continue et complète.

Au total, ce seraient plus de 160 hypogées (tombes souterraines) réparties sur plusieurs hectares, qu’on estime dater du VI au Xème siècle. Comme pour les civilisations égyptiennes et les légendaires pyramides, le but aurait été de constituer une demeure éternelle pour le défunt, sans doute d’une certaine classe sociale.

Les escaliers qui permettent de descendre dans les hypogées peuvent faire plusieurs mètres, sont particulièrement étroits et de formes diverses. Finalement les entrées sont presque aussi intéressantes que l’intérieur des tombes !

On choisit de prendre la direction de l’Alto del Aguacate, au prix d’une bonne grimpette sur une crête avec des vues superbes sur les environs. Là-bas, il n’y a pas de garde (impératif d’amener une lampe). En chemin on tente de dérober quelques agrumes, mais ils sont immangeables.

On trouve une dizaine de petites hypogées. Ce sont nos premières alors on est tout heureux de pouvoir les explorer une par une ! En réalité, on ne voit pas grand chose, sinon quelques vagues tâches colorées, un ou deux symboles…

Mine de rien, ça prend un petit temps de les faire une par une tout en cherchant des peintures. On aime bien le côté exploration, de ne jamais savoir à quoi s’attendre, mais un guide faciliterait grandement la recherche !

On commence à redescendre en direction du village de San Andrés de Pisimbala.

Peu avant, on découvre le site Alto San Andrés. Comme pour les sites suivants, celui-ci est gardé. Le gardien se contente de nous indiquer les tombes à visiter, et ne nous prête pas de torche (ni les suivants), heureusement qu’on a prévu nos frontales.

Wow. On découvre cette fois des peintures magnifiques, colorées, et très bien conservées ! Dire qu’on s’extasiait d’un petit soleil gribouillé il y a quelques minutes.

On fait une petite pause dans le village. Ce n’est pas bien grand, on visite la belle église qui avait brûlé il y a quelques années, et on cherche désespérément quelques victuailles fraîches pour se constituer un sandwich de fortune.

On reprend la marche en passant par un curieux site de… statues, à El Tablon. On se croirait de retour à San Agustin !

Après une portion sur piste, on entame la redescente jusqu’au musée. On croise un premier site, l’Alto del Duende, où le gardien se transforme en guide local. C’est vraiment super de sa part (en même temps, il s’occupe !), c’est un puits de connaissances et il se fait un plaisir de nous expliquer les peintures et l’histoire de ces sépultures. D’ailleurs certaines hypogées présentent une forme de toit, comme pour symboliser la maison du défunt.

On poursuit au dernier site, l’Alto de Segovia, semble-t-il le plus grand. On panique un peu en voyant le nombre de toits qui protègent les hypogées, on commence à fatiguer ! « Heureusement », la plupart (dont les peintures sont moins conservées) demeurent fermées et le guide nous accompagne aux quelques sépultures que l’on peut explorer. Cette fois, des visages apparaissent sculptés dans la roche.

Plus qu’à terminer la descente au musée et à rentrer à l’auberge, non loin.

Bilan

Temps, argent… Découvrir ces 2 sites se mérite, et on comprend mieux qu’ils soient délaissés par nombre de touristes. Pour un voyageur au long terme, cela représente également un bon budget entre l’accès aux sites, les transports, l’hébergement…

En revanche les sites sont superbes, bien différents de toutes les ruines (et on en a vu !) que l’on avait croisées jusqu’à présent. On a notre petite préférence pour San Andres et Tierradentro, plus authentique, plus rustique… mais San Agustin offre bien plus d’à-côtés : randonnée, fincas, restaurants… Au final ce sont 2 sites qui se complètent parfaitement !

On regrettera même de n’avoir pu explorer davantage ces régions, qui regorgent encore de trésors à découvrir.

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