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Sud Colombie : Las Lajas, Popayan, Cali, Tatacoa

Ça y est, on en a définitivement terminé avec l’Équateur, un pays définitivement cher à notre cœur. Prochaine étape, et peut-être la dernière destination du voyage, la Colombie ! On entre par le sud du pays avec la perspective de découvrir une région souvent délaissée au détriment de la côte caribéenne ou de la région du café.

Frontière Rumichaca

Depuis peu (fin 2025), le poste frontalier Rumichaca, entre Tulcan et Ipiales, est désormais le seul passage ouvert entre les 2 pays. Il n’a pas toujours eu bonne presse, et à une époque, il pouvait y avoir de longues files d’attente, dont notamment des réfugiés vénézuéliens.

On se rend donc tôt à la frontière, avant 9h. Seule frontière ouverte, elle l’est désormais 24h sur 24, sans doute que ça permet de fluidifier le passage. On prend un taxi (4$) depuis Tulcan, mais des collectivos existent également depuis le terminal terrestre.

Pour la première fois en un an et demi, le passage de frontière se fait sans problème. Du moins, sans trop de problèmes. Le douanier paraît circonspect devant le nouveau passeport vierge de Camille, mais il n’insiste pas. En quelques minutes, c’est plié des 2 côtés.

On décline les taxis non officiels (7$) et on prend un collectivo pour le terminal d’Ipiales (3500COP/p, ou 1$). Cela nous aura pris environ 1h, trajets compris, et potentiellement sans avoir à sortir des terminaux.

Santuario de Las Lajas

Au terminal d’Ipiales, on prend un collectivo pour le village de Las Lajas, connu pour sa magnifique cathédrale. On a prévu d’y passer la nuit, et d’observer la cathédrale illuminée de nuit, bien que ce soit faisable en une journée.

Le village est très touristique, on s’en rend vite compte. Nous sommes en semaine, hors vacances, et pourtant tous les hôtels sont pleins. On en trouve quand même un pour 80 000COP (Kuelap).

On part se balader, d’abord dans le village. C’est vite fait, il n’y a qu’une rue et la route qui descend à la cathédrale. Quelques maisons colorées, mais sinon pas grand-chose. En revanche la cathédrale est superbe, plantée au milieu d’un canyon.

Son accès est gratuit, seul le musée est payant. Comme souvent en Amérique du Sud, l’intérieur est bien plus sobre.

On se balade autour, on descend à la rivière, on prend un peu de hauteur… pour obtenir d’autres angles de vues sur le monument et les alentours. Pas besoin de s’éterniser, on pourrait aisément faire l’aller-retour dans la journée et enchaîner sur Pasto/Popayan ou se rendre du côté équatorien.

On passera le reste de l’après-midi, très pluvieux, dans la chambre d’hôtel. La première chambre qu’on s’est vu attribuer ne recevait pas le wifi alors on a demandé à changer. On est au 1er étage (ou 2ème, en Colombie il n’y a pas de rez-de-chaussée) et on a l’impression que tout le pays vit dans la chambre. Il y a un vacarme pas possible et ça durera toute la journée (et la nuit…). La chambre n’a pas de fenêtre, dehors il pleut, John fait les cent pas sur les 2m2 qui composent la chambre…

A la nuit tombée, on retourne à la cathédrale pour profiter des illuminations. Diverses lumières colorées tapissent celle-ci, qui change de couleur régulièrement. Il y a encore beaucoup de monde. On ne sait pas si ça valait le coup de rester, d’autant avec l’après-midi chaotique dans l’hôtel, mais c’est très joli.

Popayan

De retour à Ipiales, on prend un bus pour Popayan (50 000COP/p). On hésitait à passer par Pasto pour explorer la laguna de La Cocha, mais ça nous prendrait vite 2 jours. A vrai dire, ce sera souvent le cas en Colombie. De charmants mais minuscules villages à explorer où on ne restera guère plus d’une nuit…

La route pour Popayan est interminable, on mettra bien 9h pour arriver. Il fait déjà nuit, on prend un taxi (6000 COP) jusqu’au centre où se trouve notre hébergement, le Lienzo Hostel. Pas bien envie de faire le tour de la ville pour trouver à manger, on reste au resto de l’hôtel (pizzas, lasagnes, pâtes…), c’est bon mais les portions sont relativement petites (~25000 COP + service).

L’hôtel est plutôt sympa, pas mal d’étrangers (dont des français), une cuisine à disposition et le petit-déjeuner inclus (café, omelette, petits pains).

Le lendemain on se rend sur la place pour un free walking tour mais il n’y a personne. Il semble qu’il faille réserver à l’avance. Tant pis, on fait notre propre tour en reliant les différents points d’intérêt. Nous sommes samedi, beaucoup de bâtiments sont fermés.

On se balade dans le centre-ville, entièrement blanc, une rareté en Colombie. AU XIXème siècle, tous les murs auraient été recouverts de chaux à la suite d’une invasion de puces tropicales. La tradition est restée et les murs sont repeints chaque année pour la semaine sainte.

On fait le tour des églises, on passe par le puente del Humilladero/Bolivar et on monte sur la colline El Morro de Tulcán pour observer la ville avec un peu de hauteur.

La spécialité ici, ce sont les empanadas de pipián à la sauce cacahuète. On en prend une dizaine (petit format, 6000 COP les 6) qu’on accompagne d’un champús très frais (7000 COP), une boisson à base de maïs, lulo (fruit populaire – narangille), ananas… avec beaucoup de morceaux de fruits. On complétera ça avec une arepa dans la rue.

Guère plus à voir à Popayan mais la ville est tranquille et très jolie, c’est agréable pour flâner. Au sud, on trouve le parc national de Purace mais l’accès se fait uniquement avec guide et le volcan Purace, en activité, demeure fermé depuis plusieurs années.

Il y a également plusieurs thermes dans la région mais pour une fois, on ne fera pas le déplacement.

Cali

On prend le bus pour Cali (30 000 COP/p) tôt le matin. Il y en a de toute manière toute la journée et le trajet, chaotique (travaux sur la route), dure environ 3h. Une fois sur place, on prend un bus à 3500COP/p en payant un local pour utiliser sa carte. Sachant qu’aucun bus ne permet de rejoindre directement le quartier San Antonio depuis le terminal et qu’il faudra compléter avec de la marche ou un autre bus, ce n’est pas foncièrement plus intéressant qu’un taxi (12 000COP).

Alors qu’on se le dise tout de suite, la ville de Cali n’est guère plaisante. Elle jouit d’une triste réputation : c’est sale, chaud, pluvieux, dangereux, beaucoup de SDF partout… Bref, on ne vient pas pour la ville elle-même, car Cali c’est avant tout la salsa, dont elle est l’autoproclamée capitale.

Et ici la salsa se danse vite, très vite. On l’appelle la Caleña. Pourtant originaire de Cuba, la salsa s’est popularisée en Colombie avec l’arrivée des vinyles, et sous l’impulsion d’une forte communauté afro, elle a évolué pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui : une danse vive, spectaculaire, un brin ostentatoire.

Quartier San Antonio

On ne connaît pas grand-chose à la salsa, ni même à la danse en général. John avait bien essayé il y a quelques années mais rien à faire, niveau coordination ce n’est pas ça. On se donne donc les moyens de réussir et on cherche à suivre quelques cours. Ce ne sont pas les écoles qui manquent mais en réalité ce n’est pas forcément plus cher avec un prof particulier, et au moins cela permet de rémunérer correctement et directement la personne ; on part donc sur 5 séances d’1h pour 430 000COP (quand même !) avec Miguel Manyoma, trouvé sur FB, à seulement quelques minutes de notre logement dans le quartier San Antonio. Peut-être que cela aurait été plus judicieux de travailler les bases en amont pour se concentrer sur des mouvements plus avancés, mais Miguel nous a paru patient et pédagogue, nous avons beaucoup appris.

D’ailleurs, en parlant de notre logement, il s’agissait d’Epifania (14€ la nuit). Situé sur les hauteurs du quartier San Antonio, c’est une chambre avec salle de bains partagée. Il y a la cuisine, salon, terrasse, un peu comme un grand appartement de 2 étages. Le quartier est un peu bourgeois, avec de beaux cafés, restaurants… à 30 000-40 000COP le moindre plat, plutôt pour les touristes de 2 semaines. Finalement, à part un petit café dans la semaine, on se fera systématiquement à manger. 

On découvre l’attraction du coin, La Linterna, dernière imprimerie artisanale du pays. On peut accéder librement à l’atelier et découvrir les nombreuses affiches (festival, musique, artiste, film…) qu’ils impriment. C’est accueillant, plein de couleurs, et cela fait de supers souvenirs !

On repartira avec plusieurs posters pour habiller notre futur salon. Hâte de vous montrer ça… mais peut-être pas pour tout de suite ! On se trimballera d’ailleurs le rouleau pendant plusieurs mois. Toujours compliqué les souvenirs en voyage long terme…

La Topa Tolondra

Pour en revenir à la salsa, on surfe sur notre première heure de cours où on arrive enfin à aligner 2 pas sans (trop) marcher sur le pied de l’autre, pour un cours groupé à la Topa Tolondra, institution à Cali. L’entrée coûte 15 000COP/p et inclut le cours de 19 à 21h puis la soirée qui s’ensuit. C’est ouvert toute la semaine (sauf dimanche), bien que les jours les plus populaires soient le lundi et le mercredi.

Selon le jour, ce sont différentes danses ou variations de la salsa qui sont proposées, c’est toujours annoncé sur leur page Insta. Il y a pas mal de monde, de tous les niveaux, seuls ou en groupe. C’est idéal pour apprendre sans pression et à petit prix.

Bien sûr, les premières minutes sont particulièrement compliquées, et on comprend vite qu’il faudra quelques séances supplémentaires pour certains pas, mais on arrive à peu près à suivre le rythme.

A la fin des 2h, plusieurs filles puis garçons sont invités à monter sur scène pour reproduire les pas de la soirée. 1, 2, 3 filles et… Camille a beau regarder derrière, mais non, c’est bien elle qui est pointée du doigt. Elle ne se démonte pas et rejoint la scène pour montrer l’étendue de ses talents. C’est plutôt pas mal pour une première !

Au tour des mecs… Mais John est déjà parti se planquer au fond. Puis vient la démonstration, d’abord des 2 professionnels. On se demande même si ce n’est pas une chorée, tant c’est vif, fluide, chacun imprimant les pas de l’autre. Impressionnant.

Puis, tour à tour, les femmes sont invitées à venir danser quelques secondes avec le danseur, et les hommes avec la danseuse. Cette fois, Camille ne se risquera pas, pas assez de bière dans le sang. Qui sait, peut-être une prochaine fois ?

Au final, on s’y rendra à 3 reprises. Certains jours comme le mercredi, vendredi, samedi… la salle se remplit considérablement en seconde partie de soirée. Si les couples ou groupes restent entre eux, certains, seuls, invitent tour à tour les demoiselles pour danser le temps d’une musique. Ainsi pas besoin de venir accompagné pour apprendre et profiter.

A vrai dire, c’est un peu plus facile pour une femme (dixit John). La salsa reste une danse très… macho. Ici, c’est l’homme qui décide, l’homme qui choisit, l’homme qui guide. Il n’est pas question de prendre des initiatives, c’est lui qui doit avoir le dernier mot.

Pour une dame, avec quelques pas de base, il suffit donc de se laisser porter (littéralement). En revanche, pour un homme il faut guider, annoncer, changer… Disons que ça fait beaucoup de choses auxquelles penser en même temps !

Cerro Tres Cruces

Le cerro Tres Cruces est une grande colline au nord du quartier San Antonio, qui doit son nom aux 3 croix plantées au sommet. John se lève tôt un matin pour s’y rendre. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de montagne qu’on ne peut pas s’amuser un peu.

Justement, un chemin de randonnée part au sud de la colline, près du quartier San Antonio. Ça monte raide, sur un chemin très pierreux, assez vertical sur certaines portions. Il n’est même pas 7h, mais il y a déjà pas mal de monde qui fait son jogging ou promène son chien. Ça semble relativement safe, en tout cas à cet horaire en semaine ; d’ailleurs là-haut, plusieurs policiers font leur ronde (ou plutôt mangent un bout).

C’est l’occasion de profiter de Cali sous un autre profil, plus agréable, avec les imposantes montagnes des Farellones. C’est une bonne alternative, plus axée nature, à la statue du Christ rédempteur, qui a moins bonne réputation.

Autres

A Cali, John profite aussi du retour des Decathlon (après le Chili) pour racheter des chaussures, après 6 mois avec des trous béants dans les semelles. Il y a des magasins dans la plupart des grandes agglomérations (Bogota, Medellin…).

Le vendredi, c’est la fête dans la célèbre Calle del Sabor. Dans le centre, à quelques minutes à pied seulement du quartier SA, il s’agit d’une rue où se réunissaient historiquement les locaux pour danser la salsa.

Dans les faits, ça ressemble plus à un festoche où tout le monde boit des coups entre potes, entassés les uns sur les autres. Cela dit, ça reste sympa à voir, notamment les nombreux musiciens improvisés qui jouent leur partition au milieu avec des casseroles ou autres instruments de fortune. C’est très sécurisé avec des barrières et vigiles aux entrées, mais attention au téléphone dans la poche ! Autour, beaucoup de stands qui vendent de la nourriture ou des bières al paso.

On fera aussi une petite balade au parc Gato del Rio, proche du quartier SA. Rien de bien exceptionnel, sinon de drôles de statues de chats décorées par différents artistes.

Désert de la Tatacoa

On quitte Tierradentro pour rejoindre le désert de la Tatacoa et plus précisément le village de Villavieja, au bord. On prend un premier véhicule pour La Plata, en s’arrêtant au terminal, on enchaîne avec un collectivo pour Neiva et un autre pour Villavieja.

On a réservé à l’hôtel Makesa Tatacoa. Pour 45 000COP par nuit, nous avons une chambre avec salle de bain privée et eau froide, ce qui n’est clairement pas gênant vu la température ambiante. On prendra également le petit-déjeuner, énorme (riz, arepa, pain, omelette, café + chocolat chaud), pour 10 000COP/p.

Le soir, on mangera par 2 fois au restaurant Tatacoa Fusion. Rien d’exotique, juste un bon burger à environ 20 000COP

Pour visiter le désert, guère de choix. Il n’y a pas de bus publique qui passe sur la route alors il faut louer un véhicule ou les services d’un tuk-tuk. On contacte Chepe (+57 3136948705), recommandé sur FB, qui nous accompagnera ½ journée pour 130 000COP à 2. Bien que les températures soient plus douces en première partie de journée, on choisit de débuter à 14h pour enchaîner ensuite sur l’observatoire après le coucher du soleil.

On débute par le désert gris, qui est le plus éloigné. L’entrée est à 2000COP/p, on découvre un joli désert sculpté par les éléments.

A vrai dire, la vraie trouvaille ce sont des petits cactus au sol aux fruits rosâtres. Ça ressemble un peu au fruit du dragon en termes de goût et texture. On guette le moindre cactus et on fait une véritable razzia.

Sur la fin, on croise une piscine (10 000COP/p) au milieu du sentier. Ce sont de grands bassins bétonnés, encerclés par un grillage, ça fait un peu prison mexicaine. On ne s’arrête pas.

On reprend le véhicule et direction le désert rouge. On fait une longue boucle dans le désert, c’est vraiment magnifique.

On termine au mirador avec une superbe vue sur le désert rouge et plus tard, le coucher de soleil.

On patiente alors jusqu’à la nuit en attendant de voir si le ciel se découvre mais après San Pedro de Atacama et El Leoncito, c’est un nouvel échec ! Le tour astronomique coûte 10 000COP/p (il y a 3 observatoires différents) et s’effectue peu importe si le ciel est dégagé. Ça a forcément moins d’intérêt par ciel nuageux…

Pour repartir le lendemain, on marche jusqu’au rio afin de traverser en ferry (5000COP/p). On marche ensuite, d’abord sur un joli sentier humide puis on traverse Aipe jusqu’à l’autoroute pour attendre un bus.

Bilan

Le sud de la Colombie fut une belle entrée en matière, avec des paysages et activités variées : culture, histoire, visite… C’est une zone qui n’est pas si souvent visitée, les voyageurs lui préférant la côte Caraïbes ou la région du café. En revanche, les trajets entre chaque ville sont très (très) longs, et souvent sur des routes pourries. Compliqué sur un voyage à plus court terme.

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