Après 10 mois de voyage, une page se tourne. Fini les aller-retours entre le Chili, l’Argentine et la Bolivie. Nous découvrons le Pérou, notre destination pour les 3 prochains mois, désormais en sac à dos. C’est un nouveau voyage qui commence. Nous démarrons en douceur avec la découverte du lac Titicaca.
Puno
On arrive directement à Puno depuis La Paz, via 7h de bus et un long passage de frontière. Pour une fois, ça s’est bien passé, mieux que prévu d’ailleurs. Nous avons dépassé d’une bonne semaine la durée maximale de séjour, mais ils ne le remarquent pas. Quant à Camille, elle a perdu le papier sur lequel ils ont appliqué le tampon d’entrée, dont elle ne dispose pas sur son nouveau passeport d’urgence, mais ils ne réagissent pas non plus. Bon, c’est toujours ça de pris !
A la douane, ils nous demandent combien de temps on compte rester dans le pays, où allons-nous aller, et combien avons-nous sur notre compte bancaire. On dit 3 mois pour être sûr d’avoir le maximum sur le tampon.
A Puno, on rejoint notre hôtel Inka’s Rest. C’est une auberge de jeunesse à 2 pas du centre, un peu bruyante (comme tout le pays) avec le petit-déjeuner compris. Un très bon rapport qualité-prix. On se balade un peu dans le centre, mignon mais très touristique, avec beaucoup de restaurants hors de prix. On jette notre dévolu sur celui au coin de notre rue, un petit restaurant local avec almuerzo à 7s (et cena à 5s), composé d’une soupe de quinoa puis un plat principal avec chicharrones de pescado (poisson pané et frit), accompagné d’une boisson au maïs fermenté (api).


Iles Uros
On a longuement hésité à nous rendre sur les îles Uros. A vrai dire, on ne pensait pas y mettre les pieds jusqu’à peu. Si l’histoire de ces îles flottantes est passionnante, on avait eu des échos assez négatifs des visites, ce côté vitrine touristique, des enfants mendiants à l’arrivée…
S’y rendre en tour était clairement hors de question, mais on a vu passer quelques recommandations de particuliers pour réaliser la visite de manière privée et plus tranquille, voire d’y passer la nuit. Après tout, le tarif n’est pas exorbitant, sachant qu’il inclut dîner et petit-déjeuner, ainsi que la visite. Ce serait dommage de ne pas profiter d’une telle expérience !
On part avec Félix et Uros Amaru Marka Lodge, en réservant directement par Whatsapp (+51 951 454 514). Le tarif est de 120s par personne. Il comprend transport (taxi + bateau), visite guidée, hébergement et repas (hormis le déjeuner).


Un taxi nous récupère directement à l’hôtel (et nous redéposera une fois le tour terminé) pour nous emmener à l’embarcadère, un peu à la sortie de la ville. En effet l’archipel des Uros est situé au nord-est de la ville, à peine à quelques centaines de mètres de la rive (pas non plus au beau milieu du Titicaca).
Un bateau nous attend, conduit par le beau-père du propriétaire. C’est lui qui nous accompagnera pendant les prochaines 24h. Il parle un très bon anglais et même un peu français. Nous sommes un groupe de 4, avec un jeune couple tchèque.

On se rend directement au lodge, composé de jolies petites cabanes et d’une salle à manger. On avait entendu parler d’une taxe pour l’accès à la communauté mais on ne nous la réclamera pas, on suppose que c’est inclus dans le prix final.
Notre chambre est dotée de 2 lits, mais nous serons seuls. C’est joli, propre, et avec une salle de bains privée. Devant, une petite terrasse avec un lit d’extérieur face au lac. Un vrai petit cocon !



On repart pour faire le tour de la communauté : l’école, un petit musée qui expose notamment les différentes variétés d’oiseaux qui vivent sur le lac, un atelier artisanal où l’on peut acheter quelques tissus produits au sein de la communauté…



On marque un arrêt au niveau d’un champ de roseaux (totora) qui poussent dans le lac. Ce sont ceux utilisés pour la fabrication des îles. On nous explique la manière de les récolter et le processus pour la fabrication des îles. Poussant rapidement, ils peuvent atteindre plusieurs mètres. On se plie volontiers au jeu de la récolte puis on les goûte, c’est frais, assez fibreux, un peu comme de la canne.


Historiquement, les habitants d’Uros se sont réfugiés sur le lac pour se protéger et vivre de la pêche. Ils vivaient dans un premier temps dans des maisons-bateaux, également faites de roseaux, qui duraient 2-3 ans, qu’ils ont ensuite attaché entre-elles avant de mettre en place ces îles, qui peuvent subsister 2 générations. Les îles sont attachées au sol pour ne pas dériver (c’est un coup à se retrouver chez les amis boliviens) avant que les roseaux ne s’ancrent d’eux-mêmes. Il faut en revanche renforcer l’île avec de nouveaux roseaux tous les mois, voire toutes les semaines en saison sèche.
Ce serait près de 2500 personnes qui vivraient sur les îles. Il y a 4 écoles élémentaires, 2 garderies, un centre de santé, des églises… A l’époque, ils vivaient du troc avec Puno, en échangeant poisson contre différentes denrées : légumes, céréales… Maintenant ils vivent uniquement du tourisme : lodges, visites, restaurants, souvenirs…
Le Titicaca marquant la frontière entre les peuples Aymara et Quechua, les habitants des îles parlent les 2 langues, outre l’espagnol.


Et on fait un tour avec la fameuse « Mercedez-Benz », un grand bateau coloré, soit-disant typique.

On marque un arrêt au restaurant de la communauté pour le déjeuner. Les plats sont autour de 25-30s, ce n’est pas ce qu’il y a de plus bon marché, mais ça la fout un peu mal de manger son sandwich. Pour le coup, les plats sont assez bons et garni, John prend de la truite (du lac ?) à la plancha quand Camille tente le queso frito (fromage frit), un peu sec.


Pour l’après-midi c’est quartier libre. C’est l’altiplano, nous sommes aux alentours de 3700m, il fait donc chaud quand il y a du soleil et plutôt frisquet à la moindre brise. On se couvre et on profite de la quiétude des lieux depuis notre petite terrasse. Une petite tisane de muna, une plante mentholée aux propriétés anti-soroche, dans l’après-midi, et surtout un magnifique coucher de soleil viendront clore cette journée. John fera aussi une trempette express dans les eaux glaciales du lac. Une nouvelle case de cochée sur la liste infinie des idées stupides !



A la nuit tombée, les températures chutent drastiquement et on se calfeutre à l’intérieur. Dîner avec truite panée, tisane, et on nous fournit des bouteilles remplies d’eau chaude à glisser dans le lit, Camille est ravie !


Au matin, réveil paisible au bord de l’eau, on est en vacances. Le petit-déjeuner est bien garni avec pancakes, fruits, chocolat, pain… et on nous ramène en fin de matinée. Nous avons prévu de visiter Amantani par nos propres moyens mais il est également possible de s’y rendre avec les services du lodge (aucune idée du prix) sur 1 journée.


Prix : 120s/p
Additionnel : déjeuner (restaurant communautaire, 25-30s), musée (5s sinon 10s), bateau « Mercedez-Benz » (10s sinon 20s)
Le premier prix est celui que nous avons payé, le second est celui qui était demandé. Ce sont des dépenses qui n’étaient pas spécifiées au départ mais c’est chose (malheureusement) assez courante au Pérou. Devant notre mine déconfite et notre accoutrement de backpacker (et, semble-t-il, de notre nationalité – quelle réputation !), le monsieur a baissé 2 fois le prix de lui-même.
Contact : +51 951 454 514
Isla Amantani
On aimerait aussi faire une île sur le lac, n’ayant pas pu nous rendre à l‘Isla del Sol côté bolivien. Taquile nous semble plus touristique et même si John a déjà fait Amantani, il en garde un très bon souvenir. Cette fois, comme pour Uros, on se dit qu’une nuit chez l’habitant peut être une belle expérience pour s’imprégner de l’atmosphère du lieu et ne pas courir toute la journée.
Logistique
Il est sans doute possible de se rendre à Amantani directement depuis Puno mais c’est sans doute assez cher. Sinon on peut se rendre sur la péninsule du Capachicha pour prendre un bateau depuis Chifron (plage/port).
On ne veut pas s’embêter avec les sacs alors on se rend à Juliaca (collectivo à 5s/p) pour poser nos bagages à l’hôtel Sumaq’Husi où l’on dormira le lendemain, au retour de l’île. Tuk-tuk (5s) jusqu’au terminal, pas à côté, et nouveau collectivo jusqu’à Capachica (5s). Ensuite il faut marcher une bonne vingtaine de minutes ou prendre un taxi/collectivo pour descendre à la playa Chifron. Un collectivo nous descend avec d’autres locaux pour 5s/p et enfin on prend la bateau pour l’île (10s/p).
Cela fait beaucoup de petites correspondances mais on attend que très peu entre chacune et c’est bien moins cher qu’un bateau directement depuis Puno. On peut aussi se rendre directement à Capachica depuis Puno sans passer par Juliaca.
A Amantani, il existe une offre pléthorique de logements chez l’habitant, généralement tous avec de très bonnes recommandations (et les mêmes prestations). Nous avons choisi Ignacio, de la communauté Colquachi, de l’autre côté de l’île. On ne va pas se mentir, c’était le moins cher ! En 2025, cela ne faisait que quelques mois qu’il se consacrait à cette activité, et certaines choses étaient encore en construction (salle de bains), d’où le prix plus abordable : 70s/p incluant déjeuner, dîner et petit-déjeuner du lendemain.
Chez l’habitant
Par chance pour nous, toute la communauté est de sortie pour les emplettes du samedi au village de Capachica, et le bateau nous amène directement de l’autre côté de l’île. En route pour Amantani, nous profitons de superbes vues sur la péninsule et l’île. On aperçoit aussi Taquile non loin.




Arrivé au port, il faut encore une bonne grimpette pour remonter jusqu’à la communauté, perchée sur les hauteurs.


On parvient enfin au logement, très joli, bien que toujours en cours d’aménagement, avec vue sur le lac.


On commence par déjeuner puis on réalisera quelques activités. Ignacio nous montrera les produits utilisés sur l’île (céréales, tubercules, maïs, patates déshydratées…) puis on moud le quinoa qui servira de base aux pancakes du petit-déjeuner.
S’ensuit un atelier de tissage où l’on fabrique des bracelets en laine que nous garderons en souvenir. Il nous faut quelques minutes pour prendre le coup de main puis ça se fait tout seul. Même John s’essaie à l’exercice.


Le soir, on monte à la Pachamama, le point culminant de l’île, pour le coucher de soleil. Et bien sûr, en habits traditionnels ! D’ailleurs ils sont jolis, très colorés. 1 couche, 2 couches, 3 couches de jupe ! Faut dire qu’il fait vite froid quand le soleil se fait timide, on voit souvent les locaux bien habillés.
Nous ne sommes pas forcément habitués à toute cette partie un peu démonstrative (et pas toujours à l’aise), n’ayant quasiment jamais réalisé de tour guidé depuis le début du voyage. Pour le coup, le lieu s’y prête bien. C’est calme, apaisant, et on se laisse volontiers guider. Allez, il faut monter là-haut désormais.


Le lac est à 3700m d’altitude alors forcément cette petite promenade reste exigeante. On est bien acclimaté pour notre part, et on prend notre temps, les vues sont très belles, entre le bleu du lac et le vert des champs en terrasse. Quand on arrive là-haut, il y a pas mal de monde, toute l’île semble de sortie !

On profite du magnifique panorama offert par ce point de vue, au sommet de l’île, et des colorations offerts par le coucher de soleil. Sitôt disparu, la température chute drastiquement et Camille est plutôt contente d’avoir 3 couches de jupe. On ne traîne pas et on redescend profiter du dîner !


Le jour suivant, on se lève tranquillement pour un petit-déjeuner bien complet, avec des pancakes réalisées à base de quinoa, celui que nous avons moulu la veille.


On fait nos adieux et on remonte en haut de l’île, d’abord à la Pachatata, le second sommet, puis de nouveau à la Pachamama.


Cette fois, en cours de journée, il n’y a personne là-haut. On peut librement s’imprégner de la quiétude des lieux et profiter d’autres couleurs que celles du coucher. On redescendra par un autre sentier sur le flanc jusqu’au village principal d’Amantani, de l’autre côté de l’île, où l’on prendra le bateau retour.




Prix de l’hébergement : 70s/p
Transport : à partir de 30s (bateau AR, bus à Capachica de Puno/Juliaca…)
Contact : +51 937383332
Juliaca
Juliaca est la plus grande ville du Titicaca péruvien. Au nord de Puno, c’est pourtant une destination évitée par la majorité des touristes, à tort ou à raison. En soit la ville est moche, sale, bruyante. Pour nous c’est l’authenticité même. Il n’y a qu’à voir l’immense marché le long des rails du train.
La route pour Arequipa (comme pour Cusco) passe par Juliaca, raison pour laquelle on a préféré laisser nos affaires là-bas avant de nous rendre à Amantani. La ville n’étant pas touristique, elle ne dispose pas vraiment d’auberges de jeunesse, mais on trouvera un logement très correct à l’hôtel Sumaq’Husi. Situé plein centre, la dame est adorable et gardera nos bagages sans problème les 2 jours précédents.
Bilan
Au Titicaca, l’une des rares occasions du voyage, nous aurons profité davantage de la partie culturelle avec les locaux. Le lieu s’y prête bien et les offres chez l’habitant sont nombreuses. Ce furent quelques jours paisibles dans un cadre formidable et apaisant, celui du légendaire lac Titicaca. On recommande chaudement l’île d’Amantani, magnifique, loin du chaos ambiant des villes péruviennes, et une expérience comme la nôtre aux îles Uros.

