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Trek inversé du Santa Cruz et laguna 69

Santa Cruz laguna 69

Après quelques jours entre Huaraz et Caraz afin de se réacclimater, nous sommes fin prêt pour entreprendre le trek du Santa Cruz, certainement le plus connu du parc Huascaran. Nous décidons de profiter de la lagune 69 dans la continuité, dont l’accès se situe sur la route pour le départ du trek.

Trek du Santa Cruz

j
D+
Dénivelé positif
km
m
Altitude max
m
Altitude moyenne
col

Le plan

3-4 jours

Normalement, le trek part du hameau de Vaqueria et rejoint le village de Cashapampa en 3 ou 4 jours, selon si on inclut ou non le détour à la lagune Arhuaycocha. C’est le sens privilégié par les tours qui possèdent toute leur logistique à Vaqueria et parce qu’il est plus simple dans ce sens-là : montée courte (dénivelé raisonnable) puis longue descente à partir du col jusqu’à Cashapampa.

En revanche, enchaîner la laguna 69 puis le Santa Cruz dans ce sens est plus compliqué logistiquement. Les collectivos pour Vaqueria partent à 7h et 8h de Yungay. Plus tard dans la journée, rien n’est jamais sûr. Cela nous ferait partir très tôt de Caraz et arriver dans la matinée au départ de la laguna 69, que nous préférons faire tôt le jour suivant plutôt que dans l’après-midi (meilleure météo le matin). Passer une journée là-haut à attendre, bof bof. Le lendemain, il faudrait également revenir tôt de la lagune pour attraper le collectivo à Vaqueria et éviter de devoir à nouveau passer la nuit là-bas…

John soumet l’idée de faire le trek en sens inverse. Ainsi, nous pourrons terminer à Vaqueria pour 12h, heure à laquelle nous prendra le collectivo pour nous déposer au départ de la 69. Nous n’aurons que l’après-midi à attendre et le lendemain nous pourrons prendre ce même collectivo en début d’après-midi pour rentrer à Yungay. Sur le papier c’est la solution la plus simple mais pour Camille, c’est aussi un dénivelé plus conséquent, alors qu’elle appréhende l’altitude depuis l’Ausangate. En réalité, à part les premiers kilomètres après le village, la montée semble douce et progressive jusqu’au col, bien plus qu’en sens inverse. Camille se laisse convaincre, ce sera donc un Santa Cruz inversé, comme au Salkantay.

Plus qu’à faire les provisions ; si Caraz est bien moins grand et fourni que Huaraz, on trouvera tout ce qu’on veut entre le grand supermarché Trujillo et le marché local.

Difficulté

Difficulté

Le Santa Cruz constitue un trek particulièrement facile et accessible. Faible dénivelé, faible distance, chemin bien indiqué et très roulant, c’est un bon choix pour une première expérience en autonomie. Il n’y a pas d’hébergement ni de ravitaillement possible sur l’itinéraire, il faut prévoir en conséquent le matériel de bivouac et la nourriture pour plusieurs jours.

Nous sommes partis initialement sur 3 jours (et demi, si on compte la dernière matinée pour rejoindre Vaqueria). Camille préférait y aller tranquillement, après un trek de l’Ausangate éprouvant. Comme nous avions déjà la date de retour pour l’hôtel, et que nous ne pouvions pas revenir plus tôt, nous avons volontairement traîné pour ne pas boucler le trek en 2 jours. En réalité, pour de bons marcheurs qui préfèrent poursuivre que poser la tente à 14h, 3 jours paraissent bien larges. A recommander plutôt aux personnes dont c’est le premier trek en autonomie ou qui apprécient de se poser l’après-midi pour lire ou se reposer (ou en cas d’intempéries, courantes en saison des pluies).

Il est aussi possible d’étendre le trek, soit en enchaînant sur la boucle de l’Alpamayo, soit en poursuivant jusqu’à la vallée Ulta.

Transport

De Yungay à Vaqueria, des collectivos partent tous les jours à 7h et 8h pour 25s. Il peut y en avoir d’autres en cours de journée mais rien n’est jamais sûr au Pérou ! Pour rejoindre Yungay, il suffit de prendre un collectivo en direction de Huaraz (3s), qui sont très fréquents.

De Caraz à Cashapampa, des collectivos partent également toutes les heures pour 15s près du marché. Il faut simplement attendre que ça se remplisse, mieux vaut toujours partir tôt.

Pour revenir, le dernier collectivo depuis Vaqueria partirait à 12h 11h. Ce n’est sans doute pas une science exacte mais sachant que le nôtre est parti exactement à 11h, on ne se risquerait pas à arriver plus tard. Quant à Cashapampa, nous avons lu 15h sur d’autres blogs, mais ce sont de simples propos rapportés.

Campements

Il existe plusieurs zones de campement officielles : Llamacorral, Taullipampa, Paria, auxquels on rajoutera Jatunquisuar au départ de la lagune Arhuaycocha. Dans les faits, ces campements ne présentent aucun service, sinon des toilettes délabrées, et sont utilisés par les tours. On pense qu’ils ont été érigés à la création du parc puis complètement laissés à l’abandon. Le parc ne semble plus maintenir aucune infrastructure sur cette partie.

On conseillera plutôt de trouver des bivouacs sauvages pour une expérience plus immersive. A l’exception du paso et des extrémités du trek (5 premiers kms depuis Cashapampa, piste jusqu’à Vaqueria), l’intégralité du parcours se prête très bien au bivouac et offre parfois quelques protections par le biais d’arbres ou rochers. Idem, il y a systématiquement une source d’eau en dehors du paso. Un bon nombre de points existent sur OSM.

Budget

Le budget combine le trek du Santa Cruz et la laguna 69, les 2 ayant été réalisés à la suite. Pour 2 personnes, avec notre propre matériel :

  • Transport = 50 (Vaqueria – Llanganuco) + 50 (Llanganuco – Yungay) + 6 (Yungay – Caraz) + 30 (Caraz – Cashapampa) = 136s
  • Alimentaire = 140s
  • Entrée du parc = 60s x 2 (pass 3-4 jours, même si dans les faits, nous avons pris le ticket de 1 mois à 150s/p)
  • Gaz = 35s

Total : 285s => 36€

Prix avec une agence du Santa Cruz : environ 650s/p (sans l’entrée du parc : 60s)
Location de matériel : 60s/j pour 2 personnes auprès de Juan-Carlos

Récit

J1 : Cashapampa (2940m) => Laguna Jatuncocha (3900m)

15km, 1065D+
6h

L’avantage d’un départ depuis Cashapampa, c’est qu’il n’y a pas à se presser pour prendre le collectivo tôt le matin. On se lève tranquillement, on en profite pour faire des pains perdus, puis une fois retrouvés, on se rend près du marché central pour attraper le collectivo. C’est jour de marché en ce samedi, ce qui garantit d’avoir des collectivos réguliers au cours de la journée.

Une fois rempli, c’est parti pour environ 1h30 de route. Au village, un panneau indique le chemin à suivre, difficile de se perdre. Une cabane est présente au départ du sentier, normalement un ranger vérifie ou fait payer le billet d’entrée. Évidemment, pour une fois qu’on a un ticket, personne ne nous le demande !

Dans ce sens, les premiers kilomètres sont plutôt raides, on pénètre dans le long canyon pour atteindre la vallée en amont. Après cela, la pente s’adoucit et la journée se révélera plutôt tranquille, avec un faux plat ascendant. Quelques vaches traînent sur le chemin et on connaît leur mauvaise réputation dans le coin. Elles n’ont pas toujours l’air de vouloir nous laisser passer et nous fixent longuement. John évite de justesse un coup de corne en passant à côté, elles sont plutôt farouches.

Après un casse-croûte en bord de rivière, on passe le premier (ou dernier) campement : Llamacorral. On ne s’y arrêtera pas, préférant poursuivre et bivouaquer tranquillement dans notre coin. Ils ne peuvent même pas fournir un abri en cas de pluie, entre les toitures écroulées et le nombre de déchets…

On atteint la lagune Jatuncocha en cours d’après-midi et on se pose au bord de l’eau pour la nuit. Après un début de journée particulièrement chaud et ensoleillé, le temps s’est couvert et il fait plutôt frais à 16h. On s’abrite du vent comme on peut derrière la tente et on prépare le repas alors qu’il n’est que 16h30. A vrai dire, on ne mangera jamais plus tard que cette heure-là.

J2 : Laguna Jatuncocha (3900m) => Campement Taullipampa (4350m)

17km, 800D+
6h

Il a plu pour cette première nuit, et si les affaires sont toujours un peu humides au matin, cette vieille tente fait encore l’affaire. Petit-déjeuner tranquille au bord de la lagune, on se demande quelle météo va-t-on avoir, alors que d’épais nuages recouvrent déjà le ciel.

On continue dans la vallée jusqu’au campement Jatunquisuar où on a prévu de faire le détour à la lagune Arhuaycocha. On cache les sacs dans les bois et on quitte le sentier principal. Cela ne fait qu’un jour que nous sommes partis, mais c’est toujours aussi agréable de se soulager du poids du sac. Après une petite montée, on accède à une vallée qui nous mènera à un cirque où les glaciers encerclent la lagune. Malheureusement, on ne voit pas l’Alpamayo, bien couvert, et une fine pluie constante nous parvient. On se couvre et on poursuit en direction de la lagune. Lorsqu’on y parvient, on profite d’un rocher pour s’abriter et profiter de la vue. Elle valait certainement son détour, beauté bleutée, au décor toujours splendide.

On fait quand même un tour sur la digue rocheuse qui la borde pour obtenir d’autres vues mais la pluie se poursuit et on se décide à faire demi-tour.

Sur le chemin du retour, quelques éclaircies nous font espérer le sommet de l’Alpamayo mais il n’en sera rien. On récupère les sacs et on reprend le chemin en direction du campement suivant. A vrai dire, la carte en indique 2, qui sont d’ailleurs déjà occupés par plusieurs tentes d’agence. Nous trouvons un spot à l’écart entre les 2 camps, en bord de rivière, ce sera parfait.

Il n’est pas bien tard et nous ne sommes guère doués pour occuper le temps. On se demande plusieurs fois si on va vraiment attendre 16h30 pour lancer le dîner… Mais le vent est frais et n’invite guère à profiter du plein air. Heureusement, le ciel se dégage soudainement et nous offre les géants des environs : Alpamayo, Artesonraju

On profite de ces beaux paysages et on dîne avant que la pluie ne fasse son grand retour.

J3 : Campement Taullipampa (4350m) => Bivouac idyllique en redescendant du paso (3900m)

10km, 600D+
5h

Au réveil, il pleut. Hors de question de se hâter, contrairement aux groupes qui conservent leurs habitudes et partent tôt malgré la pluie. Finalement elle cesse après 8h30, on décide de se lever et de déjeuner. Dehors c’est toujours très nuageux alors que l’unique col du trek nous attend. Nous ne sommes pas pressés, nous préférons prendre le temps en espérant que le ciel se dégage.

On part donc tranquillement, alors que la pluie fait son retour. On s’arrête plusieurs fois pour nous mettre à l’abri d’un rocher et on reprend tranquillement le chemin. On aura rarement pris autant notre temps pour monter un col ! Et cela porte ses fruits, alors qu’on entame la dernière partie, le ciel s’éclaircit un peu et on profite même d’une courte apparition du soleil qui illumine brièvement la laguna Taullicocha au pied de beaux glaciers.

On se pose en haut du col Punta Union (4750m) pour déjeuner, soulagé de pouvoir profiter des vues, même si le ciel n’est pas non plus parfaitement dégagé. On se dit que les autres groupes ont dû passer le col au pire moment.

On poursuit avec la descente de l’autre côté du col, les roches sont glissantes et on avance prudemment.

L’idée c’est de redescendre un peu en direction de la vallée. Nous devons prendre le collectivo retour le lendemain midi et on veut quand même garder quelques kilomètres pour le matin. On croise quelques petites lagunes, plusieurs spots charmants et on jette notre dévolu sur une belle pelouse au bord de la rivière, un peu avant le campement officiel.

On profite même d’un peu de soleil allongé dans l’herbe et de se rincer dans la rivière. Alors qu’on commence à préparer le dîner, le spot idyllique vire au cauchemar quand surgissent des millions milliards de moucherons. Et comme si ça n’était pas suffisamment désagréables, ils piquent ceux-là ! Il nous faudra quelques minutes pour nous en rendre compte, les poignets tuméfiés pour John, la figure pour Camille.

On mangera debout en marchant et on se réfugiera furtivement dans la tente. 30 minutes plus tard, la moustiquaire est infestée et ils semblent avoir trouvé comment rentrer à l’intérieur de la tente ! On procédera à plusieurs opérations d’éradication au cours de la soirée, mais il y en aura toujours autant au matin. Quelques mois plus tard, la tente garde encore quelques fossiles de ces saloperies incrustées dans la toile.

On a conseillé à d’autres personnes de camper plus haut, ou plus loin de la rivière, mais elles semblent avoir vécu le même enfer. Il semblerait que toute cette vallée soit infestée. A moins de passer le col le premier jour, le mieux reste sans doute de prendre du répulsif et de bien se couvrir !

J4 : Bivouac infernal en redescendant du paso (3900m) => Vaqueria (3700m)

12km, 300D+
3h30

Ce matin, il ne nous reste que quelques kilomètres pour atteindre Vaqueria où nous somme censés prendre le bus aux alentours de 12h. On déjeune dans la tente, au cas où les sandflies seraient encore dans le coin, en tout cas elles gravitent toujours entre les 2 toiles.

Le chemin est agréable, on suit le rio dans la vallée, la pluie/neige de la nuit a parsemé les crêtes d’une belle pellicule blanchâtre. On retrouve des arbres quinuas dont la couleur ocre contraste avec le reste du paysage. Toujours pas de contrôle à la sortie du parc, ce n’est pas aujourd’hui qu’on rentabilisera notre ticket mensuel. Un berger croisé nous dit que le bus passerait plutôt à 11h, pas de temps à perdre.

La dernière partie suit la route jusqu’à Vaqueria. C’est un peu boueux dans un premier temps, ça descend au rio et remonte en lacets jusqu’au hameau de Vaqueria. On se hâte et on arrive pile à 11h. Un collectivo s’apprête justement à partir, beau timing ! Par contre le chauffeur ne veut rien entendre, le tarif est de 25s/p qu’on descende à mi-parcours ou qu’on aille jusqu’au terminus.

Bilan

Si le trek ne nous pas paru aussi varié, impressionnant voire grandiloquent que l’Ausangate, il offre tout de même un bel itinéraire fait de lagunes et glaciers dans des vallées fleuries et verdoyantes. Bien sûr, la météo du col sera déterminante au moment du bilan, tant il offre les plus belles vues du trek. On ne manquera pas non plus le détour à la lagune Arhuaycocha.

Après un an en Amérique du Sud, nous avons apprécié pouvoir enfin bivouaquer où l’on voulait sur l’itinéraire, loin des autres tours et parfois dans des spots de rêve. On pense que c’est un trek idéal pour découvrir le bivouac et l’itinérance en autonomie. La courte durée et le dénivelé très raisonnable ont font un excellent choix pour un premier trek, à condition d’être bien acclimaté et en espérant bénéficier d’un temps clément.

Trajet

Le trajet depuis Vaqueria est tout autant cahoteux qu’exceptionnel dès lors qu’on s’élève en direction du col. Avec les récentes intempéries (toutes les nuits…) les environs sont recouverts d’une belle pellicule blanche.

Après le col de Llanganuco, à environ 4700m, nous découvrons une formidable vallée surmontée de l’impressionnant Huascaran. Des glaciers, sommets à tout-va et, au loin, les belles lagunes de Llanganuco, bleu turquoise.

Lagunas de Llanganuco

Ce sont des lagunes particulièrement prisées des liméniens (habitants de Lima) qui viennent souvent en nombre les fins de semaine. Après tout, on peut se garer à seulement quelques mètres et comme ils l’admettent eux-même, la marche n’est pas vraiment dans leurs habitudes…

Nous redescendons (à vive allure) sur la route toujours aussi pourrie qui rejoint la vallée et décidons de ne pas nous arrêter au campement mais plutôt au bout des lagunes. Il est encore relativement tôt et nous préférons profiter de ces lagunes souvent délaissées par les voyageurs. Après une courte promenade, nous nous asseyons au bord de la lagune pour prendre le casse-croûte. On en profite au passage pour faire sécher la tente, complètement trempée après les averses de la nuit.

Il est possible de camper, des toilettes (payantes), tables et abris sont à disposition. Au moins ici on ne craindra pas d’être attaqué par des vaches, mais cela rajouterait 5km demain pour rejoindre le trail de la 69. On marche donc le long de la route pour revenir au campement initial, profitant des nombreuses nuances de bleu que ces 2 lagunes, vraiment splendides, ont à offrir.

Quand on parvient au campement, le garde nous accueille chaleureusement, proposant même de recharger nos électroniques et de mettre la tente à l’abri au bord du bâtiment. Des toilettes (et une douche chaude, d’après le ranger…) et de l’eau sont également à disposition. On monte la tente, enfin sèche, et on profite des dernières lueurs chaudes du soleil. Demain, il gardera un œil sur la tente au cas où quelques bovins ne décident d’en faire leur collation.

Laguna 69

Lagune en aller-retour : ~4h

Difficulté

Boucle : ~5h

Difficulté

Réveil à 6h30, nous petit-déjeunons à l’abri dans la tente avant de rejoindre le départ du trail en suivant la rivière. A cette heure, il n’y a encore personne, les premiers taxis n’arriveront qu’à partir de 8h30 et les tours vers 9h. Le sentier est aisé à suivre, on longe la rivière dans la vallée dans un premier temps puis on prend un peu de hauteur pour rejoindre une autre vallée blottie dans les montagnes.

Des vaches sont présentes tout le long de l’itinéraire et après les derniers jours, on doit régulièrement attendre ou les faire fuir du sentier. Les prochains randonneurs ne se doutent pas de tout le sale travail qu’on abat pour eux.

Après plusieurs jours de trek, Camille commence à accuser le coup et marque des pauses régulièrement. A l’entrée de la seconde vallée, on découvre une petite lagune sans grand intérêt et on commence à apprécier les environs tandis que le ciel s’éclaircit. Une dernière montée qui coupera les jambes à bien des randonneurs, et nous parvenons enfin à la lagune 69 (4600m). Il n’y a personne, nous pouvons investir les lieux en toute quiétude. Après quelques photos, nous lançons un café pour nous réchauffer. Par moments, quelques éclaircies nous permettent d’entrevoir les sommets qui surmontent la lagune.

Nous avons prévu de récupérer le collectivo aux alentours de 13h30, soit dans 3h. John décide de réaliser une boucle en rejoignant le refuge Pisco, indiqué par un panneau peu avant la lagune, pendant que Camille redescend ranger la tente. Le sentier est plutôt bien marqué dans un premier temps et s’élève au travers des pierriers qui bordent la lagune, offrant de belles vues sur celle-ci alors que les immenses sommets se dévoilent. En bas, les premiers randonneurs, sans doute arrivés en taxi privé, commencent à arriver.

Après un col non marqué aux alentours de 1850m, le sentier redescend en direction du refuge que l’on aperçoit au loin.

Devant, une petite lagune turquoise et derrière, les imposants sommets du Huandoy et le Pisco, sommet facile souvent choisi par les alpinistes amateurs.

Il reste à franchir d’immenses pierriers jusqu’au refuge, on perd aisément la trace et il faut redoubler d’attention sur des roches glissantes qui se dérobent parfois. S’ensuit une longue redescente jusqu’au point de départ de la laguna 69.

Autour de 13h, on prend le collectivo pour rentrer à Yungay. Encore une fois, le chauffeur refuse de réduire le coût du transport malgré qu’on ne fasse que la moitié du parcours, et on paiera 25s/p à la sortie, ça fait tout de même 50s en tout de Vaqueria à Yungay ! Et la route, déjà pas en grande forme jusque-là, est chaotique. Des trous, des bosses de partout, il nous faut plus de 1h30 pour seulement quelques kilomètres.

Le «sachiez-vous» ?

Yungay, la ville d’accès à la vallée de Llanganuco, est une « ville cimetière », comme le mentionne le panneau à l’entrée. Déjà durement marquée par de violents séismes ces derniers siècles, un terrible tremblement de terre eut lieu en 1970, provoquant le décrochage d’un pan complet du nevado Huascaran. Il en résulta des laves torrentielles qui réduisirent la ville à néant, entraînant plus de 20 000 âmes…

Bilan

La laguna 69 mérite en partie sa popularité, d’autant plus pour les décors qui l’entourent, si tant est qu’on a la chance d’avoir un ciel dégagé. Après ce n’est sans doute pas non plus la plus belle lagune qu’on ait vu dans la Cordillère et notre préférence va plutôt à celles délaissées où on peut profiter paisiblement sans des hordes d’instagrameurs.

Camper au départ du sentier et partir tôt le matin avant l’arrivée des bus nous a permis de profiter des lieux en toute quiétude pendant plus d’une heure. On a ensuite aisément pu trouver un collectivo pour redescendre sur Yungay. Au pire, on pourra toujours demander aux bus touristiques qui seront ravis de combler un siège vacant.

Si vous avez le temps, et l’énergie, la boucle au refuge Pisco offre également des vues formidables et complète parfaitement cette randonnée. En commençant tôt, John ne croisera que 2 alpinistes sur l’ensemble de la journée !

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